non
adverbe, /nɔ̃/
Voir aussi : variante nan
Témoignages historiques
Frise des témoins : Littré 1873 (13 sens)
Littré (1873)
Particule négative opposée à oui, particule affirmative. L'avez-vous fait ? - Non. Répondez par oui ou par non. Familièrement. Je ne dis pas non, je ne refuse pas. Dans quelques cas, la phrase interrogative est telle, qu'il y peut être répondu par non ou par oui, sans que le sens soit changé.
Si vous répondez que non — Pascal (1623-1662)
Les langues sont des chiffres où non les lettres sont changées en lettres, mais les mots en mots ; de sorte qu'une langue inconnue est indéchiffrable — Pascal (1623-1662)
Non s'emploie pour nier une proposition entière qui est sous-entendue.
Je mourrai par vos feux, éteignez-les ou non — Malherbe (1555-1628)
Je parle de Néarque et non de votre époux — Pierre Corneille (1606-1684)
Il peut remplacer un substantif, un adjectif. Malice, ou non, le mal est fait. Sage ou non.
Enfin les uns sont contents, les autres non, c'est le monde ; il n'y a rien de nouveau à cela — Mme de Sévigné (1626-1696)
On te propose pair ou non ; tu choisis pair et tu n'en vois pas le motif — Voltaire (1694-1778)
Il se met dans le cours du discours pour nier quelque chose, très souvent avec une reprise par mais. Il a fait cela non par méchanceté, mais pour jouer.
Certes, monsieur Tartuffe, à bien prendre la chose, N'est pas un homme, non, qui se mouche du pié — Molière (1622-1673)
Je regrette dans le sénat, dit le héros, non ce qu'il a été, mais ce qu'il pouvait être — Marmontel (1723-1799)
Il se joint souvent avec pas, mais non avec point (du moins ce n'est pas l'usage ; car il n'y aurait pas de faute). Prendrai-je cela ? non pas, s'il vous plaît. Après le que qui suit un comparatif, les anciens ajoutaient souvent non pas ; tournure qui tombe en désuétude. Quand, dans une tournure semblable, la phrase finale a un verbe, la construction demanderait deux que qui seraient intolérables, par exemple : il vaut mieux que vous y alliez, que que j'y aille. Aujourd'hui on tourne autrement la phrase pour les éviter ; autrefois entre les deux que on intercalait non pas ; tournure fort recommandable et à reprendre.
Le mérite n'y a point de part, non pas même le mérite de la race — Guez de Balzac (1597-1654)
Et mon cœur, qui sans cesse en sa faveur se flatte, Cherche qui le soutienne et non pas qui l'abatte — Pierre Corneille (1606-1684)
Il s'emploie devant sans, loin, etc. pour en changer le sens restrictif.
Les puissantes faveurs dont Parnasse m'honore, Non loin de mon berceau commencèrent leur cours — Malherbe (1555-1628)
Beau parc et beaux jardins qui dans votre clôture Avez toujours des fleurs et des ombrages verts, Non sans quelque démon qui défend aux hivers D'en effacer jamais l'agréable pointure — Malherbe (1555-1628)
Il se met au commencement d'une phrase négative pour en annoncer le caractère. Non, je n'en ferai rien. Il peut se redoubler. Non, non, je n'y consentirai jamais. Non, cent fois non.
Non, je ne puis, dit-il, égorger Marius — Jacques Delille (1738-1813)
Non, non, je le connais, mon désespoir le flatte — Jean Racine (1639-1699)
Il se joint aux adverbes certes, certainement, vraiment, qui rendent la négation plus formelle. Non certes, non vraiment, je ne le ferai pas.
Il se joint à des adjectifs, à des substantifs, à des verbes. Non solvable. Non-activité. Fin de non-recevoir. (Pour le tiret, voy. la Rem. 2.)
Non-seulement, loc. adv. qui est ordinairement suivie de la conjonction adversative mais (on met un tiret à non-seulement, mais non à mais encore).
L'Église traite non-seulement de criminels, mais d'hérétiques tous ceux qui emploient de l'argent pour obtenir les ministères ecclésiastiques — Pascal (1623-1662)
Toujours prêts à donner à leur troupeau non-seulement leurs veilles et leurs travaux, mais leur propre vie — Bossuet (1627-1704)
Non plus que, loc. adv. Ne.... pas plus que. Non plus signifie quelquefois pareillement, mais seulement dans une phrase négative. Vous ne le voulez pas, ni moi non plus.
Quel malheur, si l'amour de sa femme Ne peut non plus sur lui que le mien sur ton âme ! — Pierre Corneille (1606-1684)
Ah ! si non plus que vous je n'ai point le cœur bas — Pierre Corneille (1606-1684)
Non que, avec le subjonctif, ce n'est pas que. Non qu'il ne soit fâcheux de le mécontenter.
Considérez le prix que vous avez coûté, Non pas qu'elle vous croie avoir trop acheté — Pierre Corneille (1606-1684)
Non que votre colère ou la mort m'intimide — Pierre Corneille (1606-1684)
S. m. Un non. Des non. Pour un oui ou pour un non, pour peu de chose. Il se fâche pour un oui ou pour un non.
Que le non prononcé soit un mur d'airain, contre lequel l'enfant n'aura pas épuisé cinq ou six fois ses forces, qu'il ne tentera plus de le renverser — Jean-Jacques Rousseau (1712-1778)
Ma fierté naturelle est assez satisfaite de quelques non bien fermes que j'ai prononcés dans ma vie — Ducis (1733-1816)
Étymologie : Bourguig. nain daime [non dame] ; picard, nein, naie, na ; provenç. non, no ; espagn. no ; portug. não ; ital. no, non ; du lat. non, anciennement noenu, noenum, que les étymologistes tirent de ni, non, et oenum, ancienne forme de unus, un.
Historique : Xe s. Ne ule cose non la pouret [avait pu] omque pleier [ployer] XIe s. Nun ferez certes, dist li quens [le comte] Oliviers Par lui orrez [entendrez] si aurez pais ou non Mais ce [il] ne sait li quels vaint [triomphe] ne quels nun XIIe s. Ne dist ne o ne non Non mie à ceste fois Au camp estez que non soiez vaincus Je ne sui ne liés [joyeux] ne dolens, Ne ne sai se vif [vivant] ou non Ou voil ou non, servir la [la servir] me convient XIIIe s. Chanter m'estuet [il me faut chanter], que m'en est pris corage, Non pas pour ce que d'amours me soit rien Raison : Congnois le tu point ? - l'Amant : Oïl…
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).
Grammaire et formes (1)
- non — forme de base — /nɔ̃/
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