nom
nom, masculin, /nɔ̃/
Définitions
Mot qui sert à désigner une personne, un être animé ou une entité individualisée, et à la distinguer des autres.
Définition Francorium (CC BY-SA 4.0) — validation automatisée · méthode.
Mot par lequel on désigne un être, un lieu ou une chose.
Définition Francorium (CC BY-SA 4.0) — validation automatisée · méthode.
Sens particulier désignant la réputation ou la renommée acquise par une personne, notamment dans un domaine spécifique.
Définition Francorium (CC BY-SA 4.0) — validation automatisée · méthode.
Mot appartenant à la catégorie grammaticale qui désigne les êtres, les choses ou les notions.
Définition Francorium (CC BY-SA 4.0) — validation automatisée · méthode.
Témoignages historiques
Frise des témoins : Littré 1873 (21 sens) — Académie 1935 (37 sens)
Littré (1873)
s. m.
Mot qui désigne une personne. Un nom de famille. Un nom de baptême. Avoir nom, porter le nom. Simple nom, nom que l'on n'accompagne pas de monsieur ou de quelque autre désignation. Changer de nom, se dit d'une femme qui se marie et qui perd son nom pour prendre celui de son mari. Mettre les noms sur les visages, savoir nommer les gens en les voyant. Sous le nom de quelqu'un, en prenant son nom. Prêter son nom, se dit de celui qui permet qu'une personne prenne son nom pour faire quelque chose. Familièrement. Décliner son nom, dire qui l'on est, afin de se faire connaître. Je réussirai, ou j'y perdrai mon nom, c'est-à-dire je suis décidé à tout sacrifier pour réussir dans cette affaire.
Quel abus de quitter le vrai nom de ses pères Pour en vouloir prendre un bâti sur des chimères ! — Molière (1622-1673)
Des noms de femmes que les Latins terminent en o, il n'y a guère que Dido qui prenne l'n pour faire Didon ; on dit Calypso, Ino, Io et Sapho, et non pas Calypson, Inon, Ion et Saphon
Fig. Personnage, homme. Son nom figure souvent dans l'histoire. On a mêlé son nom à d'assez tristes aventures. Les grands noms, les personnes illustres par la noblesse et le rang. Fig.
Et j'ose me flatter qu'entre les noms fameux Qu'une pareille haine a signalés contre eux [les Romains], Nul ne leur a plus fait acheter la victoire — Jean Racine (1639-1699)
J'aperçus en ce temps-là que les grands noms, quoique peu remplis et même vides, sont toujours dangereux — Cardinal de Retz (1613-1679)
Familièrement, petit nom se dit pour prénom, nom de baptême. Mon petit nom est Paul, est Alice. Petit nom est aussi un nom d'amitié par lequel on désigne une personne avec qui on vit familièrement. Le petit nom est souvent un nom d'enfance. Nom de guerre, voy. GUERRE, n° 9. Nom de religion, voy. RELIGION.
Elle lui dit publiquement mille choses tendres, et lui donne de petits noms — Fontenelle (1657-1757)
Le nom de cette aimable personne était Gaucher ; son nom d'enfance et de caresse était Lolote — Marmontel (1723-1799)
Les Romains avaient trois noms, le prénom (praenomen), qui désignait l'individu, le nom (nomen), qui distinguait la gens (voy. GENS 2), et le troisième nom (cognomen), qui marquait la branche, la famille, par exemple : Caïus Julius Caesar ; et quelquefois quatre, le quatrième (agnomen) étant un surnom, par exemple : Publius Cornelius Scipio Africanus. Dans le monde moderne, l'origine des noms de famille remonte à l'établissement de la féodalité et aux croisades. Longtemps dans le moyen âge, on désigna les individus par le nom de baptême auquel on ajoutait le nom du père, de cette façon : Johannes Petri, Jean fils de Pierre, ce qui se disait en français, par l'effet de la règle des deux cas : Jean Pierre ; beaucoup de noms ainsi faits sont devenus des noms de famille. En France on a deux noms, le ou les prénoms et le nom. Terme d'antiquité. Nom diacritique, celui par lequel une personne était généralement désignée, entre les noms qu'elle portait.
Ce ne fut que vers la fin de la seconde race que, les fiefs, qui n'étaient auparavant qu'à vie, étant devenus héréditaires, on prit le nom du fief que l'on possédait, et ce nom devint aussi héréditaire dans les familles — Saint-Foix (1698-1776)
Le nom de Dieu, le mot par lequel on le désigne.
J'ai fait à David un serment irrévocable par mon saint nom, et je ne lui mentirai point — Lemaistre de Sacy (1613-1684)
J'y écrirai, dit-il [le Sauveur], le nom de mon Dieu, la nouvelle Jérusalem, et mon nouveau nom — Bossuet (1627-1704)
Il se dit aussi du nom propre que l'on impose aux animaux soit pour leur parler soit pour les désigner. Les chiens entendent leur nom.
Mot qui désigne un être, un objet, une chose. Le nom d'une ville, d'un pays, d'une rivière, d'une montagne, d'une plante. Nommer les choses par leur nom, donner sans ménagement aux choses et aux personnes les noms qu'elles méritent. Nommer les choses par leur nom, signifie aussi employer dans la conversation des termes que la bienséance en a bannis. N'avoir pas de nom, se dit d'une chose qui ne peut être qualifiée assez sévèrement. Sa conduite n'a pas de nom.
J'y consens, leur dis-je ; car je ne dispute jamais du nom, pourvu qu'on m'avertisse du sens qu'on lui donne — Pascal (1623-1662)
On ne reconnaît en géométrie que les seules définitions que les logiciens appellent définitions de nom, c'est-à-dire que les seules impositions de nom aux choses qu'on a clairement désignées en termes parfaitement connus — Pascal (1623-1662)
Le nom chrétien, le nom romain, le nom français, etc. tout ce qui porte le nom de chrétien, de Romain, de Français, etc. c'est-à-dire tous les chrétiens, le christianisme ; tous les Romains, l'empire romain ; tous les Français, la monarchie française, etc.
Que ne doit point le royaume à un prince qui a honoré la maison de France, tout le nom français, son siècle.... — Bossuet (1627-1704)
C'est là [en Italie] qu'en arrivant, plus qu'en tout le chemin, Vous trouverez partout l'horreur du nom romain — Jean Racine (1639-1699)
En style de pratique, qualité, titre en vertu duquel on agit, on prétend à quelque chose. Il procède au nom et comme tuteur. Ès noms qu'il procède. Répondre d'une chose en son propre et privé nom, en être personnellement responsable. Céder ses droits, noms, raisons et actions, transporter les droits et titres en vertu desquels on prétend quelque chose. On dit aussi : être attaqué, poursuivi en son propre et privé nom, être attaqué, poursuivi directement et personnellement. On dit : Mme B...., en son nom [de demoiselle] Mlle X....
Terme de commerce. Nom social, le nom que des associés doivent signer pour représenter la raison de leur commerce. Être en nom dans une affaire, dans une maison de commerce. Il fait partie de telle maison, de telle société commerciale, mais il n'est pas en nom, c'est-à-dire la maison de commerce ne porte pas son nom.
Réputation. Il a laissé un nom détesté. Cet auteur a déjà quelque nom. La gloire de son nom, se dit de la gloire, de la réputation qu'une personne s'est acquise. Cet homme est sans nom, c'est un homme sans nom, c'est-à-dire on ne le connaît point dans le monde, il est sans crédit, sans autorité, sans réputation. Par extension.
Ma reine acquiert à ses mérites Un nom qui n'a point de limites — Malherbe (1555-1628)
Et ne prétends avoir.... Qu'un simple bénéfice et quelque peu de nom — Mathurin Régnier (1573-1613)
Noblesse, qualité. C'est un nom qui s'éteint, se dit d'une famille dont le nom ne peut plus se continuer, faute d'héritiers mâles.
Polyeucte a du nom et sort du sang des rois — Pierre Corneille (1606-1684)
Vous avez tant de nom que tous les rois voisins Vous veulent comme Orode unir à leurs destins — Pierre Corneille (1606-1684)
Personnes du même nom, famille.
Je vous embrasse en pleurant [à cause de la mort d'un Grignan], comme si j'avais l'honneur d'être de votre nom — Mme de Sévigné (1626-1696)
Je suis persuadée que vous êtes aimée dans votre famille [de Grignan].... par votre conduite et vos actions vous avez acquis un droit sur tout ce nom — Mme de Sévigné (1626-1696)
Dénomination, qualité.
Si l'on doit le nom d'homme à qui n'a rien d'humain, à ce tigre altéré de tout le sang romain — Pierre Corneille (1606-1684)
Pompée : Elle paraît ma femme et n'en a que le nom. - Aristie : Et ce nom seul est tout pour celles de ma sorte — Pierre Corneille (1606-1684)
Qualification morale, appliquée soit aux personnes, soit aux choses. Ce prince a mérité le nom de grand.
La reine, sa belle-mère, malgré ce nom odieux, trouva en elle non-seulement un respect, mais encore une tendresse... — Bossuet (1627-1704)
La première [de ses bonnes œuvres] fut d'acquitter ce qu'elle devait avec une scrupuleuse régularité, sans se permettre ces compositions si adroitement colorées qui souvent ne sont qu'une injustice couverte d'un nom spécieux — Bossuet (1627-1704)
Terme de grammaire. Mot qui sert à désigner ou à qualifier une personne ou une chose, les personnes ou les choses. Nom substantif. Nom adjectif. Nom masculin. Nom féminin. Nom neutre. Nom propre, nom qui sert à désigner les personnes. Nom commun, nom qui convient à tous les êtres, à tous les objets de la même espèce. Nom de nombre, nom qui sert à désigner les nombres. Trois, quatre, dix sont des noms de nombre.
Et transportant cent fois et le nom et le verbe, Dans mes vers recousus mettre en pièces Malherbe — Boileau (1636-1711)
Un nom, pour le définir philosophiquement, est un mot qui sert à exprimer ou le sujet ou l'attribut d'une proposition, et souvent aussi des circonstances qui tiennent à l'un ou à l'autre — Abbé d'Olivet (1682-1768)
Le nom, ce qui n'est pas effectif, par opposition à ce qui est réel. N'être qu'un nom, n'avoir point de réalité.
Elle se défend du nom, mais non pas de la chose — Molière (1622-1673)
Non, après ce que nous venons de voir [la mort rapide de Madame], la santé n'est qu'un nom, la gloire n'est qu'une apparence.... — Bossuet (1627-1704)
Terme d'algèbre ancienne. S'est dit pour désigner une quantité qui a devant elle le signe + ou le signe -. On dit aujourd'hui terme ou monôme. Quantité de deux noms, un binôme.
Nom de Jésus, petite peinture ou chiffre où ce nom est en abrégé. Nom de Jésus, sorte de papier fin.
Au nom de, loc. prép. De la part de. On dit de même : en mon nom, en son nom, etc. Fig. Il signifie aussi : en considération de. Au nom de Dieu, en invoquant le nom de Dieu. Au nom de Dieu n'est quelquefois qu'une simple supplication. Au nom des dieux, se met dans la bouche des païens.
Oui, mais je viens encore Vous saluer au nom du seigneur Polydore — Molière (1622-1673)
Au nom de l'empereur j'allais vous informer D'un ordre qui d'abord a pu vous alarmer — Jean Racine (1639-1699)
Étymologie : Wallon, no ; provenç. nom ; anc. esp. nome ; esp. mod. nombre ; ital. nome ; du lat. nomen ; sanscr. nāman ; les étymologistes rapportent ce mot à jna, connaître, à cause du g initial qui se trouve dans co-gnomen.
Historique : Xe s. S. El [il] li enorte.... Qued elle fuiet lo nom christien XIe s. Par nun [à condition] d'ocire i enverrai le mien [fils] Li niés [le neveu de] Marsile, il a num Astaroth Et de m'espée ancoi [aujourd'hui] sauras le nom Li nums Joyeuse à l'espée fut donet XIIe s. Deus, dist li quens [comte], par ton santisme nom.... Et se je truis [trouve] ma dame o [avec] le douz non, Pleine d'orgueil et dame sans guerdon Las ! pourquoi l'ai de mes euz [yeux] regardée, La douce rien qui fausse amie a non ? [Le souvenir] me fait renouvelemens De toute joie sans non Et la guerre dura tante mainte saison ; L…
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).
Académie française, 8e édition (1935)
n. m.
Mot, terme dont on se sert pour désigner un être animé ou une chose, un ensemble d’êtres ou de choses. Nom de personne. Nom de baptême. Louis premier du nom. Nom de famille. Nom patronymique. Nom de terre. Il a un beau nom. Il porte un grand nom. Il porte le même nom que moi. Comment a-t-il pu donner son nom à une telle femme? Un nom illustre. Un nom connu. Un nom inconnu. Un nom obscur. Signaler, illustrer, déshonorer son nom. éterniser, immortaliser son nom. Changer de nom. Déguiser son nom. Il a pris un faux nom. On fait courir sous son nom une odieuse brochure. Appeler quelqu’un par son nom. Emprunter le nom de quelqu’un. Prêter son nom. Il a fait cette acquisition sous un nom emprunté. Il ne s’appelle pas ainsi, c’est un nom d’emprunt. Supposition de nom. Nom de lieu. Je ne sais pas le nom de cette plante. Quel est le nom qu’on a donné à cette rue?
Fam., Petit nom, Prénom, nom de baptême.
Nom de guerre, Nom que chaque soldat prenait autrefois en entrant au service. On le dit encore d’un Nom supposé que l’on prend dans certains états, dans certaines situations où l’on ne veut pas être connu sous son nom de famille. Beaucoup de comédiens ont des noms de guerre. Il a pris un nom de guerre pour vivre à l’étranger. On dit dans le même sens Nom de théâtre, Nom de plume.
Nom de religion, Nom que des religieux, des religieuses prennent ou reçoivent en entrant au couvent. Elle a pris pour nom de religion Marie de l’Incarnation, élisabeth du Saint-Sacrement.
Avoir nom, Se nommer, s’appeler. J’ai nom éliacin.
Décliner son nom, Dire qui l’on est. Il a été invité à décliner ses nom et profession.
Prêter son nom à quelqu’un, L’autoriser à s’en servir.
Mettre un nom sur un visage, Se rappeler le nom d’une personne en la voyant.
Connaître de nom quelqu’un, En avoir entendu parler. Je ne suis pas en relations avec lui : je ne le connais que de nom.
Fig., Nommer les choses par leur nom, Donner, sans aucun ménagement, aux choses et aux personnes les noms qu’elles méritent. Il nomme les choses par leur nom, il appelle les voleurs voleurs. Il signifie aussi Employer dans la conversation des termes que la bienséance en a bannis. Il se donne la liberté de nommer toutes les choses par leur nom.
Fig., C’est une chose, sans nom, cela n’a pas de nom, se dit d’un Procédé inqualifiable.
Fig., Je réussirai ou j’y perdrai mon nom, Je suis décidé à ne rien ménager, à tout sacrifier pour réussir dans cette affaire.
NOM se prend quelquefois pour la Personne. Son nom figure souvent dans l’histoire. Son nom sera béni. Il est fâcheux qu’on ait mêlé son nom à cette scandaleuse affaire.
En termes de Théologie, Le nom de Dieu désigne la Grandeur de Dieu, son être même en ce qu’il a d’indéfinissable. Que votre nom soit sanctifié!
NOM signifie aussi Qualité, titre. Donner le nom d’époux. Le doux nom de mère. Le respect du nom de père.
Il s’emploie particulièrement en ce sens, en termes de Procédure. Procéder au nom et comme tuteur, Procéder en qualité de tuteur. Céder ses droits, noms, raisons et actions, Transférer les droits et titres en vertu desquels on prétend quelque chose. Répondre d’une chose en son propre et privé nom, En être personnellement responsable. On dit aussi être attaqué, poursuivi en son propre et privé nom, être attaqué, poursuivi directement et personnellement.
être en nom dans une affaire, être associé dans une affaire.
Société en nom collectif, Société commerciale formée par plusieurs associés sous la même raison sociale.
NOM se dit encore d’une Qualification, d’une épithète. Ce prince a mérité le nom de grand. Il est indigne du nom d’ami.
Il signifie aussi Réputation. Il s’est acquis, il a acquis un grand nom. Il s’est fait un grand nom dans les lettres. Ce conquérant a rempli toute la terre de son nom. Il a porté son nom jusqu’aux extrémités du monde. Il ne laissera aucun nom. Il a laissé un nom odieux, exécré. Cet auteur a déjà un certain nom.
Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.
Grammaire et formes (2)
- noms — pluriel — /nɔ̃/
- nom — singulier — /nɔ̃/
Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée nom#42759.