noirceur

noirceur

nom, féminin, /nwaʁsœʁ/

Témoignages historiques

Frise des témoins : Littré 1873 (6 sens) — Académie 1935 (3 sens)

Littré (1873)

s. f.

  1. Qualité qui fait qu'un corps est noir. La noirceur d'une étoffe.

    Quoi ! s'ensuit-il qu'on soit un démon, parce qu'on n'est pas un ange, ou que l'embrasement dure encore, parce que l'on voit quelque fumée ou quelque noirceur ? — Bossuet (1627-1704)

    Cette couleur des Hottentots, dont la noirceur ne peut avoir été affaiblie que par la température du climat — Buffon (1707-1788)

  2. Obscurité. La noirceur des bois sombres. Fig.

    Laisse-moi ; de la nuit je chéris la noirceur ; Je voudrais en pouvoir redoubler les ténèbres — Bernard-Joseph Saurin (1706-1781)

    Je disais bien au fils d'un malheureux [le comte de Vaux, fils de Fouquet] que, si avec son mérite et sa valeur, qui perce même la noirceur de sa misère.... — Mme de Sévigné (1626-1696)

  3. Tache noire. Il a des noirceurs au visage.

  4. Fig. Tristesse morne. Pensées sombres.

    Rien n'est si insupportable à l'homme que d'être dans un plein repos ... incontinent il sortira du fond de son âme l'ennui, la noirceur, la tristesse, le chagrin, le dépit, le désespoir — Pascal (1623-1662)

    En vérité la noirceur de mes pensées m'a rendue quelquefois insupportable — Mme de Sévigné (1626-1696)

  5. Fig. Caractère méchant et perfide d'une action, d'une personne.

    Un retour de tendresse de cœur Qui de son action efface la noirceur — Molière (1622-1673)

    Qu'il y a de noirceur et d'apparence d'aigreur à conserver longtemps ces sortes de haines ! elles doivent passer avec les affaires qui les causaient — Mme de Sévigné (1626-1696)

  6. Action ou parole qui a pour but de nuire.

    Il y a bien des noirceurs dans ce que dit la Voisin — Mme de Sévigné (1626-1696)

    Fausses confidences, noirceurs, billets sacrifiés, flatterie, médisance — Michel Baron (1653-1729)

Étymologie : Dérivation irrégulière de noir (voy. NOIRCIR). À côté de noirceur, il y avait neror, tiré directement du latin nigrorem, et noireté.

Historique : XIIe s. Après vient l'oscurté si granz, E les tenebres, la nerçors XIVe s. La nerceur [de la dure-mère] apert [apparaît] as eus [yeux] XVIe s. Au lieu de peler les noix, l'on les perce en trois ou quatre endroits, afin de leur feire vuider la liqueur maligne, leur causant la noirceur

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Académie française, 8e édition (1935)

n. f.

  1. Qualité de ce qui est noir. La noirceur de l’ébène, de l’encre. La noirceur des cheveux, des sourcils.

  2. Il signifie aussi Tache noire. Il a des noirceurs au visage, une noirceur à la jambe.

  3. Il signifie, au figuré, Atrocité d’une action, d’un caractère. La noirceur de son ingratitude, de son infidélité, de sa trahison. La noirceur de cet attentat. La noirceur de son âme.

Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.

Grammaire et formes (2)
  • noirceurs — pluriel — /nwaʁsœʁ/
  • noirceur — singulier — /nwaʁsœʁ/

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée noirceur#42740.

Entrée morphologique (v0.1). Données JSON : lemme.