noce
nom, féminin, /nɔsə/
Témoignages historiques
Frise des témoins : Littré 1873 (5 sens) — Académie 1935 (9 sens)
Littré (1873)
s. f.
Au plur. Les noces, le mariage. Il épousa une telle en premières noces. Le jour de ses noces. Il se dit quelquefois au singulier, en ce sens. Secondes noces, troisièmes noces, mariage qui a été précédé d'un ou de deux autres. Noces d'argent, fête pour la célébration de la vingt-cinquième année de mariage. Le 26 mai, les noces d'argent du roi et de la reine de Danemark ont été célébrées avec éclat à Copenbague, Moniteur universel, 4 juin 1867, p. 673, 4° col. Populairement et fig. Il ne fut jamais, il n'a jamais été à telles noces, à pareilles noces, il n'a jamais reçu un pareil traitement (en mauvaise part), il n'a jamais couru un tel danger. Faites cela, je vous servirai le jour de vos noces, se dit à celui à qui on demande civilement quelque petit service.
Aux noces d'un tyran tout le peuple en liesse Noyait son souci dans les pots — La Fontaine (1621-1695)
Et même ses bienfaits dans toutes ses provinces Invitèrent le peuple aux noces de leurs princes — Jean Racine (1639-1699)
Réjouissances qui accompagnent le mariage (en ce sens il se dit tant au singulier qu'au pluriel). Une noce de village. Je suis de noces. Salle à faire noces. Garçon de la noce, ou garçon de noce, voy. GARÇON, n° 2. Qui est-ce qui fera la noce, c'est-à-dire qui fera la dépense du festin (en cet emploi noce ne se dit qu'au singulier) ? Familièrement et fig. Faire noce, se réjouir. Populairement et fig. Faire la noce, faire des parties de table, de campagne, etc. Populairement. Faire noce de chien, se livrer à la débauche. Être aux noces, se régaler, bien manger. Fig. et populairement. N'être pas à la noce, être dans une position critique. Il y va comme aux noces, comme à des noces, comme à la noce, se dit d'un homme de guerre qui va gaiement et hardiment au combat. Autrefois, plat de noces, dîner en argent ou en nature qu'on donnait au curé qui bénissait le lit des nouveaux mariés. Populairement. Tant qu'à des noces, abondamment, c'est-à-dire autant qu'à un repas de noces. Ils mangèrent tant qu'à des noces.
Mon maître marie Sa fille unique, et vous jugez Qu'étant de noce, il faut malgré moi que j'engraisse — La Fontaine (1621-1695)
Je voulais Corbinelli, il est demeuré à Paris pour être à la noce d'un des fils de M. Mandat — Mme de Sévigné (1626-1696)
L'assemblée qui s'est trouvée au mariage. Toute la noce est à la promenade. Les deux noces se rencontrèrent.
Le lendemain l'époux cent fois Raconte à la noce égayée.... — Béranger (1780-1857)
Terme mystique. Les noces de l'Agneau, la béatitude éternelle ; expression de l'Apocalypse.
Terme d'antiquité. Noces aldobrandines, ainsi dites parce qu'elles étaient à Rome dans le palais Abdobrandini sur le Quirinal ; ces célèbres fresques, datant vraisemblablement d'Auguste, ont été trouvées dans les Thermes de Titus, et sont maintenant placées au Vatican.
Étymologie : Provenç. nossas ; espagn. et portug. nupcias ; ital. nozze ; du lat. nuptiae, de nuptum, supin de nubere, se marier (voy. NUBILE).
Historique : XIIe s. Guiteclins fist ses noces moult riches et moult grans ....Et parent et ami Noces en firent tex [telles] com poés oïr, Dedens la cort au fort roy Loeÿs XIIIe s. Et furent les noces hautes et plenieres el grant palais de Bouche du Lion Me gart l'heure que chien fassent de vous leur noce [ne vous dévorent ; il s'agit d'un cheval] XIVe s. Et est aucune foys magnificence es choses propres à soy et qui ne adviennent à une personne que une foiz en sa vie, si come noces ou aucune tele chose Et sy ay veu ailleurs escript Un proverbe qui sur ce dit Que les grans noces font li sot, Et li saige ho…
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).
Académie française, 8e édition (1935)
n. f.
Célébration d’un mariage. En ce sens, il ne se dit qu’un pluriel. Il épousa une telle en premières noces. Convoler en secondes noces. Elle était veuve d’un tel en premières noces, et elle a épousé un tel en secondes noces. Le jour de ses noces.
Noces d’argent, Cérémonie par laquelle on célèbre une union matrimoniale de vingt-cinq ans.
Noces d’or, Cérémonie par laquelle on célèbre une union matrimoniale de cinquante ans.
Noces de diamant, cérémonie par laquelle on célèbre une union matrimoniale de soixante ans.
NOCE désigne aussi le Festin, la danse et les autres réjouissances qui accompagnent le mariage. Dans cette acception, il s’employait autrefois au pluriel. Les noces de Cana. Il s’emploie aujourd’hui surtout au singulier et est généralement familier. Une noce de village. Quand il se maria, il ne fit point, il ne voulut point faire de noce. être de noce. Aller à la noce. Au retour de la noce. Repas de noce. Habit de noce. Cadeau de noce. C’est un des garçons de la noce.
Il désigne encore Toute l’assemblée, toute la compagnie qui s’est trouvée à la noce. Après le repas, toute la noce est allée au bois de Vincennes.
Fig. et pop., Il n’a jamais été, il ne s’est jamais trouvé, jamais vu à pareille noce, Il n’a jamais reçu un pareil traitement, il n’a jamais reçu tant d’argent, de telles marques d’honneur, etc. On dit plutôt aujourd’hui : à pareille fête.
Fig. et pop., N’être pas à la noce, être dans une situation pénible, inquiétante.
Fig. et pop., Faire la noce, Prendre du plaisir, boire et manger avec excès, ou, plus souvent, Se dissiper, mener une vie déréglée. La haute noce. Une basse noce.
Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.
Grammaire et formes (2)
- noces — pluriel — /nɔsə/
- noce — singulier — /nɔsə/
Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée noce#42707.