noblesse
nom, féminin, /nɔblɛsə/
Définitions
Catégorie sociale bénéficiant de titres et de privilèges héréditaires ou concédés.
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Qualité morale faite de dignité et de grandeur d'âme.
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Caractère élevé, distingué de l'allure ou du comportement.
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Témoignages historiques
Frise des témoins : Littré 1873 (7 sens) — Académie 1935 (10 sens)
Littré (1873)
s. f.
Rang et qualité de ceux qui sont élevés au-dessus des roturiers, soit par leur naissance, soit par des lettres du prince. Noblesse d'extraction, celle dont l'origine est inconnue. Noblesse d'épée, celle qui était regardée comme originairement acquise l'épée à la main, mais à une époque déjà reculée. Noblesse militaire, celle qui appartenait de droit aux roturiers parvenus à certains grades. Noblesse de robe ou d'office, celle que conférait la possession de certains offices de judicature. Noblesse de finances, titre de noblesse que l'on acquérait en achetant des titres. Noblesse de la cloche, celle qui venait de mairie ou d'échevinage. Noblesse présentée, les nobles qui vont à la cour. Fausse noblesse, se disait de l'acquisition des fiefs ou terres nobles par les non-nobles, la possession d'un marquisat ou d'un comté ne faisant ni un marquis ni un comte. Soutenir noblesse, faire une dépense convenable à la noblesse de sa naissance. Fig.
Rome n'attache pas le grade à la noblesse — Pierre Corneille (1606-1684)
La noblesse, de soi, est bonne ; c'est une chose considérable assurément — Molière (1622-1673)
Terme d'ancienne jurisprudence. Fief qui dépendait immédiatement du souverain, et dont la possession anoblissait.
Au plur. Joyaux de la couronne. Au plur. Se disait, dans les tournois et les cours plénières, des livrées, des insignes, des décorations qu'on donnait comme marques d'honneur.
Le roi promet aussi [lors de son sacre] de conserver la souveraineté, les droits et noblesses de la couronne de France, sans les aliéner ou transporter à personne — Bossuet (1627-1704)
Noblesse personnelle, illustration qui dépend de la personne même et non des aïeux.
Vous verrez le père Bourgoing, illustre d'une autre manière [que par ses ancêtres], et noble de cette noblesse que saint Grégoire de Nazianze appelle si élégamment la noblesse personnelle — Bossuet (1627-1704)
Tout le corps des hommes qualifiés nobles. Les trois états du royaume étaient le clergé, la noblesse et le tiers état. Haute noblesse, la partie de la noblesse qui a le plus d'ancienneté ou d'illustration. Petite noblesse, celle qui en a le moins. Ancienne noblesse, celle qui existait en France avant la révolution de 1789 ; et, nouvelle noblesse, celle qui a été créée depuis. Assemblée de noblesse, assemblée particulière de gentilshommes. Noblesse de l'Empire, titre de noblesse conféré par Napoléon Ier à certains personnages, et principalement à des généraux.
Vous avez voulu tâter de la noblesse, et il vous ennuyait d'être le maître chez vous — Molière (1622-1673)
Comme notre Bretagne est toute pleine de noblesse qui n'aime pas à sortir de son pays, et de beaucoup d'autres hommes à proportion, il [le duc de Chaulnes] a levé en un moment un régiment de dragons le plus beau du monde.... le corps de la noblesse pour l'arrière-ban est d'une grandeur et d'une magnificence surprenante — Mme de Sévigné (1626-1696)
Fig. Grandeur, élévation, dignité, en parlant soit des personnes, soit des choses. La noblesse de son maintien, de sa physionomie.
On remarquait, dans les deux princesses, la même noblesse dans les sentiments, le même agrément, et, si vous permettez de parler ainsi, les mêmes insinuations dans les entretiens — Bossuet (1627-1704)
La noblesse de ses expressions [de Louis XIV] vient de celle de ses sentiments ; et ses paroles précises sont l'image de la justesse qui règne dans ses pensées — Bossuet (1627-1704)
Terme de littérature. Qualité du style noble. La noblesse du style est une des variétés de l'élégance. En peinture et en sculpture, le caractère élevé de la composition.
Le génie de Corneille, malgré ses négligences fréquentes, a tout créé en France ; avant lui, presque personne ne pensait avec force, et ne s'exprimait avec noblesse — Voltaire (1694-1778)
À cette première règle... si l'on joint de la délicatesse et du goût, du scrupule sur le choix des expressions, de l'attention à ne nommer les choses que par les termes les plus généraux, le style aura de la noblesse — Buffon (1707-1788)
Étymologie : Provenç. nobleza, noblessa ; espagn. nobleza ; portug. nobreza ; anc. ital. nobilezza ; d'un thème fictif nobilitia (comme paresse, de pigritia), qui vient de nobilis, noble. On a dit aussi nobleté, de nobilitatem.
Historique : XIIIe s. Jeromes dit : soverainne noblesce est la clarté de vertu [Constance].... en qui fu courtoisie Et noblesse et valeur sans nule vionie Deus damoiselles moult mignotes, Qui estoient en pures cotes Et trecies à une tresce, Faisoient Deduit, par noblesse, Emmi la carole [danse] baler Noblece vient de bon corage ; Car gentillece de lignage N'est pas gentillece qui vaille XIVe s. Les uns [membres] sont principaus en noblece, si cum le cuer [cœur] XVe s. Et entra le jeune roi en la cité de Reims, bien accompagné de noblesses, de hauts seigneurs et de menestrandies Vous acquestez maintes riche…
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).
Académie française, 8e édition (1935)
n. f.
Qualité de celui qui est noble. Bonne, haute, ancienne, nouvelle noblesse. Noblesse d’épée, de robe. Noblesse personnelle. Noblesse transmissible, héréditaire. On lui conteste sa noblesse. Trouver sa noblesse. Faire ses preuves de noblesse. Il ne se pique point de noblesse. Lettres de noblesse. Il est entiché de sa noblesse.
Noblesse d’extraction, Noblesse de naissance, opposée à Noblesse par anoblissement.
Noblesse d’épée, Celle qui vient de fonctions militaires.
Noblesse de robe, Celle qui vient de fonctions dans la magistrature.
Prov., Noblesse oblige, Quiconque prétend être noble doit se conduire noblement. Il signifie figurément : On doit agir en conformité avec la situation qu’on occupe, avec la réputation qu’on s’est acquise.
NOBLESSE se dit aussi collectivement de Tout le corps des hommes qualifiés nobles, ou d’Une partie de ce corps. Les trois états du royaume étaient le clergé, la noblesse et le tiers état. Les cahiers de la noblesse. Le corps de la noblesse. La noblesse française. La fleur de la noblesse périt dans cette guerre. La noblesse de province. La noblesse de cour.
Haute noblesse, La partie de la noblesse qui a le plus d’ancienneté ou d’illustration; par opposition à Petite noblesse, Celle qui en a le moins.
Ancienne noblesse, Celle qui existait avant la révolution de 1789; et, Nouvelle noblesse, Celle qui a été créée depuis.
NOBLESSE signifie encore, figurément, Grandeur, élévation, dignité. Noblesse de coeur, de sentiments, d’âme. Noblesse d’expression, de style, de langage, de pensées. Noblesse d’attitude, de manières. Il y a beaucoup de noblesse dans sa conduite, dans ses procédés.
Il désigne particulièrement, en termes de Peinture et de Sculpture, le Caractère élevé de la composition, de l’expression, de la forme. Cette figure a de la noblesse, manque de noblesse, est sans noblesse.
Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.
Grammaire et formes (2)
- noblesses — pluriel — /nɔblɛsə/
- noblesse — singulier — /nɔblɛsə/
Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée noblesse#42704.