niais
adjectif, /njɛ/
Témoignages historiques
Frise des témoins : Littré 1873 (6 sens) — Académie 1935 (3 sens)
Littré (1873)
adj.
Terme de fauconnerie. Qui n'est pas encore sorti du nid, et qui a été pris au nid, en parlant des oiseaux de vol. Un faucon niais.
Fig. Qui est simple et encore sans usage du monde. Un garçon niais. Une fille niaise.
Il se dit des manières, du ton, etc. Tournure niaise.
Cette mine entre douce et niaise est passée en une autre toute contraire, et il ne m'est plus rien resté qui ne soit changé — Voiture (1597-1648)
J'ai la tête assez belle, avec beaucoup de cheveux gris, les yeux doux, mais un peu égarés, et le visage assez niais — Voiture (1597-1648)
Qui annonce la sottise ou l'inexpérience. Une démarche niaise.
Ces soupirs ridicules et ces larmes niaises qui font rire tout le monde — Molière (1622-1673)
Ces sortes de pléonasmes [Trois sceptres, à son trône attachés par mon bras, Parleront au lieu d'elles et ne se tairont pas, Nicom., I, 1] sont les plus vicieux ; ils retombent quelquefois dans ce qu'on appelle le style niais : Hélas ! s'il n'était pas mort, il serait encore en vie — Voltaire (1694-1778)
S. m. et f. Un niais, une niaise. Faire, contrefaire le niais, faire semblant d'être simple. C'est un niais de Sologne, il est de ces niais de Sologne qui ne se trompent qu'à leur profit, il est adroit et alerte sur ce qui regarde son intérêt et il contrefait le simple. La place des niais, la meilleure place. Populairement. C'est de la graine de niais, c'est une chose qui ne peut tromper que les plus simples.
Des niais, sans prier, je me mets en la place — Mathurin Régnier (1573-1613)
Adv. Parler niais, parler niaisement. Rire niais, rire niaisement.
La femme de Montchevreuil était une grande créature maigre, jaune, qui riait niais — Saint-Simon (1675-1755)
Étymologie : Ital. nidiace ; d'une forme latine nidacem ou nidiacem, qui vient de nidus, nid. Le provençal nizaic, niaic suppose une autre formation.
Historique : XIIIe s. Niais est cil [oiseau de chasse] que on a trait dou nif, et que on norrit en son ostel de sa juvente XIVe s. Autres faucons y a qui ont esté prins au nid et sont appelés nyais XVe s. Coquins, niays, sots.... XVIe s. Si le sage n'erroit, le niais creveroit Que s'il bastit au lieu qui au pauvre appartienne, Jamais n'en partira le malheur, t'en souvienne ; Car d'un bien mal acquis sur le pauvre niais Le troisieme heritier ne jouyra jamais Parmi ses faveurs vaines [de la fortune], je n'en ay point qui plaise tant à cette niaise humeur qui s'en paist chez moi, qu'une bulle authentique de b…
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).
Académie française, 8e édition (1935)
adj.
Il s’est dit au propre des Oiseaux de fauconnerie que l’on prenait dans le nid et qui n’en étaient pas encore sortis. Un oiseau niais.
NIAIS signifie au figuré Qui, dans ses paroles et ses actions, montre de l’inexpérience et de la sottise. C’est un garçon bien niais. Il est encore tout niais. Elle est toute niaise. Qu’il est niais! Substantivement, C’est un niais, une niaise. Jouer les niais.
Par extension, Il a l’air niais, la physionomie, la contenance niaise. Un ton niais. Il a fait une démarche fort niaise. Des raisonnements niais.
Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.
Grammaire et formes (3)
- niais — masculin — /njɛ/
- niaises — pluriel féminin — /njɛzə/
- niaise — singulier féminin — /njɛzə/
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