nez

nez

nom, masculin, /ne/

Définitions

  1. Partie saillante du visage, située entre le front et la bouche, qui abrite l'organe de l'odorat.

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  2. Sens par lequel une personne ou un animal perçoit les odeurs.

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  3. Capacité à pressentir les événements ou à deviner ce qui est avantageux.

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  4. Partie avant d'un avion ou d'un autre engin allongé.

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Témoignages historiques

Frise des témoins : Littré 1873 (17 sens) — Académie 1935 (43 sens)

Littré (1873)

s. m.

  1. Partie saillante, pyramidale et triangulaire du visage qui est l'organe de l'odorat. Le bout du nez, l'extrémité libre du nez. La racine du nez, l'endroit par où le nez se continue supérieurement avec la partie moyenne et inférieure du front. Par plaisanterie, nez qui a coûté cher à mettre en couleur, nez dont la teinte rubiconde atteste que son porteur a bu et payé plus d'une bouteille. Nez de pompette, nez d'ivrogne. Nez fleuri, nez bourgeonné, plein de boutons causés par le vin. Nez enluminé, nez rouge comme chez les ivrognes. Par plaisanterie, nez de betterave, gros nez enluminé. Voilà un beau nez à porter lunettes, se dit pour se moquer d'un grand nez. Parler, chanter du nez, parler, chanter d'une manière désagréable, comme si le nez était bouché. On dit de même : un ton de nez. Fig. et populairement. Vouloir manger le nez de quelqu'un, se dit de quelqu'un qu'on hait et qu'on veut écraser. Tâte voir si le nez te branle, se dit dérisoirement et populairement à une personne qui se flatte d'un succès qu'elle n'a aucune chance d'obtenir. Ils viennent regarder qui a le plus beau nez, se dit de gens oisifs qui se promènent. Saigner au nez, du nez, voy. SAIGNER. Voir la longueur de son nez, être dans un lieu obscur où l'on voit très peu. Fig. Ne pas voir plus loin que son nez, que le bout de son nez, avoir peu de lumières, peu de prévoyance. Fig. Tirer les vers du nez à quelqu'un, tirer de lui un secret en le questionnant adroitement. (Cette locution singulière vient probablement de ce que, en serrant fortement le nez, on fait sortir de la peau du nez de petits morceaux d'une matière demi-solide qu'on a comparée à des vers, et qui est le produit des follicules cutanés.) Pincer le nez à quelqu'un, lui serrer le nez. Il faut pincer le nez à cet enfant, pour lui faire ouvrir la bouche. Fig. Pincer le nez, faire faire quelque chose à quelqu'un malgré lui. Venir frotter son nez, essayer de se faire recevoir par quelqu'un, en quelque lieu. Fig. Mettre son nez, mettre le nez, fourrer son nez où l'on n'a que faire, se mêler indiscrètement de quelque chose. Mettre le nez dans, se mêler de. Fig. Mettre le nez dans une affaire, commencer à l'examiner. Fig. Mettre le nez dans les livres, commencer à étudier. Mettre à quelqu'un le nez sur, lui faire voir, toucher ce qui lui échappait. Fig Avoir toujours le nez sur quelque chose, ne pas lever le nez de dessus quelque chose, y être constamment appliqué. Elle a toujours le nez sur son ouvrage. Fig. Mener quelqu'un par le nez, par le bout du nez, voy. MENER, n° 12. Se casser le nez, se heurter le nez contre quelque chose. Fig. Se casser le nez, ne pas trouver chez lui quelqu'un qu'on allait voir. Vous étiez sorti, et je me suis cassé le nez. En un autre sens, se casser le nez, ne pas réussir, avoir un échec. Donner du nez en terre, tomber la face contre terre. Fig. Donner du nez en terre, échouer dans quelque entreprise, avoir du dessous. Fig. Avoir toujours quelqu'un sur le nez, à cheval sur le nez, en être perpétuellement occupé d'une manière désagréable. Fig. Il lui en pend autant au nez, il est menacé de pareille déconvenue. On dit plus souvent : autant lui en pend à l'œil, voy. PENDRE, v. n. Fig. Se couper, s'arracher le nez pour faire dépit à son visage, faire par dépit contre quelqu'un une chose dont on souffre le premier. Prenez-vous-en par le bout du nez, c'est-à-dire vous êtes vous-même coupable d'un crime dont vous voulez noircir les autres ; locution venue, dit de Brieux, d'une ancienne coutume qui obligeait celui qui avait accusé quelqu'un à faux à lui faire réparation publique en se prenant le nez. Allonger le nez, s'approcher pour voir, flairer, goûter. Dès qu'on parle de cela, il faut le voir allonger son nez. Tu as beau allonger ton nez, ça ne te regarde pas, ce n'est pas pour toi. Attends, attends, je vas te faire allonger le nez ! Allonger le nez, faire la moue. Il allonge le nez sur tout ce qu'on lui donne. On lui sert ce qu'on a de meilleur, et il allonge le nez. Faire un pied de nez à quelqu'un, se moquer de lui ; c'est un geste que l'on fait en mettant le pouce d'une main sur le nez et le pouce de l'autre main sur le petit doigt de la première main. Il a un pied de nez, se dit de quelqu'un d'attrapé, qui n'a pas réussi ; par allusion au geste du pied de nez. Populairement. Ce n'est pas pour son nez, c'est-à-dire la chose dont il s'agit ne lui est pas destinée. On dit ironiquement dans le même sens : c'est pour son nez ; vraiment c'est pour son nez. Ce n'est pas pour ton nez que le four chauffe, signifie cela ne sera pas pour toi.

    Je serais fort empêché de dire de quelle sorte j'ai le nez fait ; car il n'est ni camus, ni aquilin, ni gros, ni pointu, au moins à ce que je crois — LAROCHEFOUC.

    Toutes [les femmes qui se font peindre] demandent les mêmes choses : un teint tout de lis et de roses, un nez bien fait, une petite bouche et de grands yeux vifs et bien fendus — Molière (1622-1673)

  2. Terme de peinture et de sculpture. Mesure proportionnelle. Le nez est le tiers de la face.

  3. Nez se dit en parlant de quelques animaux. Le nez d'un chien. Les chiens qui se portent bien ont le nez frais et humide. Nez au vent, se dit du chien qui, le nez levé, flaire le vent et les odeurs qu'il apporte. Fig. Nez de renard, présence de marques de feu au nez et aux lèvres du cheval. Terme de manége. Porter le nez au vent, se dit en parlant des chevaux qui lèvent fort la tête. Se dit, par extension, des personnes qui marchent le nez en l'air, des gens à la mine éventée, à l'air important. On dit dans le même sens : nez en l'air, nez haut.

    Et chien couchant chassant devant, Branlant la queue et nez au vent — Scarron (1610-1660)

    Laissez-moi donc sous ma bannière, Vous, messieurs, qui, le nez au vent, Nobles par votre boutonnière, Encensez tout soleil levant — Béranger (1780-1857)

  4. Nez se dit pour tout le visage. Mettre le nez dehors, s'aventurer à sortir. Nez à nez, face à face, l'un vis-à-vis de l'autre. On dit dans le même sens : nez pour nez. Mettre son nez quelque part, s'y montrer. Montrer son nez, se faire voir. Il a bien à faire de venir montrer là son nez. On dit dans le même sens : montrer le bout de son nez. Donner sur le nez à quelqu'un, le frapper au visage ; et fig. le tancer. Fig. Donner d'une chose par le nez, dire quelque chose à tort et à travers. Fig. Planter au nez, dire quelque chose de grossier, de désagréable. Regarder quelqu'un sous le nez, s'approcher de lui de très près pour le regarder, comme pour le braver, pour le choquer. Fermer la porte au nez, fermer la porte au moment où quelqu'un s'y présente pour entrer ; et fig. ne pas vouloir le recevoir. Familièrement. Au nez de quelqu'un, en sa présence, et aussi en le bravant. Rire au nez de quelqu'un, se moquer de lui en face. Fig. Jeter à quelqu'un une chose au nez, la lui reprocher. Fig. Avoir le nez tourné vers, se disposer à aller, à faire. Fig. Nez s'est dit familièrement en termes d'amitié.

    Il me regarde au nez, et riant me reproche... — Mathurin Régnier (1573-1613)

    Mettant son manteau sur son nez, Il avait regagné bien vite, De peur d'être mouillé, son gîte — Scarron (1610-1660)

  5. Le sens de l'odorat. Ce chien a bon nez. Fig. Terme de chasse. Avoir le nez fin, se dit d'un chien qui chasse avec succès dans la poussière et pendant la chaleur. Avoir le nez dur, se dit d'un chien qui entre difficilement dans la voie. Chien de haut nez, celui qui chasse le nez haut.

    Et des chiens attroupés l'instinct intelligent Déjà d'un nez avide interroge le vent — Jacques Delille (1738-1813)

    C'est une des belles chasses qu'il est possible de voir, que celle que nous faisons après M. de Bellièvre et M. de Mirepoix ; ils courent, ils se relaissent, ils se forlongent, ils rusent, mais nous sommes toujours sur la voie, nous avons le nez bon, et nous les poursuivons toujours — Mme de Sévigné (1626-1696)

  6. Fig. Sagacité, prévoyance. Avoir du nez, flairer, deviner. Familièrement. Mettre le nez dessus, deviner ce dont il s'agit.

    Marinette eut bon nez, quoi qu'on en puisse dire, De ne permettre rien un soir qu'on voulait rire — Molière (1622-1673)

    J'avais bon nez, sans doute, et son voisinage déjà m'avait donné quelque soupçon — Molière (1622-1673)

  7. Bout du nez, portion de la lèvre supérieure du cheval, située entre les deux naseaux, et servant d'organe de toucher aux solipèdes, en raison de la grande sensibilité que développent dans cette partie les cordons nerveux considérables qui viennent y aboutir. Dans le bœuf, le bout du nez est formé par le mufle ; dans le porc, il porte le nom de groin ou boutoir.

  8. Partie des insectes appelée aussi chaperon ou épistome.

  9. Terme de marine. Avant, proue du navire, employé seulement dans cette locution : être sur son nez, enfoncer sa proue dans l'eau plus qu'il ne convient.

  10. En terme rural, on dit qu'une charrue est sur son nez quand elle s'enfonce trop dans la terre.

  11. Terme de relieur. Le nez, l'obliquité des cahiers que la couseuse n'a pas tenus verticalement.

    Le volume présente une pointe, soit vers le commencement, soit vers la fin ; cette pointe se désigne sous le nom de nez ; la rognure ne peut corriger ce défaut qu'aux dépens de la régularité des marges,

    Autrement la rognure n'est jamais unie, et faisant successivement plusieurs sauts, le livre finit par être plus haut d'un côté que de l'autre, ce que l'on nomme, en termes de l'art, faire du nez — LESNÉ

  12. En termes de fondeur, on nomme nez une croûte de scories qui se forme, par la fraîcheur du vent, au devant de la tuyère par laquelle le vent est introduit dans le fourneau. Dans la fonte des cloches, morceau de planche taillé en forme de couteau qui, en tournant le compas, dispose sur le collet du moule la figure des anses.

  13. Petite éminence de terre cuite qu'on ménage aux tuiles plates pour les accrocher à la latte.

  14. Nez de busque, partie du bois d'un fusil de munition qui forme un ressaut près de la poignée.

  15. Partie d'un soufflet qui se termine en pointe ; se dit surtout des soufflets d'orgue.

  16. Poisson du genre des squales, la lamie cornubique (sélaciens), appelé aussi long-nez et squale long-nez. Nez de potence, espèce de serpent

  17. Nez, au sens de cap. Cap Gris-nez près Calais. Le cap d'Antifer, près du Havre, a pour vrai nom de sa partie essentielle le Nez d'Antifer : ainsi l'on a la Courtine d'Antifer, le Fourquet d'Antifer et le Nez d'Antifer (l'étymologie directe est le norrois naes, angl. ness, cap, qui se rapportent aussi sans doute au nez du visage).

Étymologie : Wallon, nase ; namur. nâz' ; provenç. nas, naz ; ital. naso ; du lat. nasus ; russe, nós ; sanscr. nas, nāsā.

Historique : XIe s. [Il] Tranche le nes et la bouche et les dens XIIe s. Le nes moult très bien fait, les dens menus et blans XIIIe s. Quant li archevesques oï la lettre lire, si li cheï le nés, et fu li plus esbahis homme del monde et il et tout li sien XIVe s. Poi [j] aroie d'honeur, se le vostre perdez ; Car trop a laide face cil qui n'a point de nez Se une partie du nez estoit deperdue, et incisions fussent faites es parties adjacentes, à ce que les parties fussent relachiées et peussent estre traites et aoniées [réunies] ensemble XVe s. Et ce qui plus estoit, c'estoit le dangier des principales person…

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Académie française, 8e édition (1935)

n. m.

  1. Partie saillante du visage qui est entre le front et la bouche, et qui est le siège de l’odorat. Nez droit, pointu, aquilin, busqué, retroussé, épaté, camus, camard. Nez d’aigle, de perroquet, de furet. Nez rouge, enluminé, fleuri, bourgeonné. Le bout du nez. Il saigne du nez. Le nez d’un chien.

  2. Racine du nez, Endroit où le nez se raccorde au front.

  3. Faux nez, Nez en carton ou en toute autre matière, que l’on met comme déguisement.

  4. Parler, chanter du nez, Parler, chanter comme si le nez était bouché.

  5. Aller, marcher le nez au vent, La tête relevée, droit devant soi, sans faire attention.

  6. Avoir le nez au vent se dit d’un Chien qui quête, qui flaire les odeurs qu’apporte le vent. Il se dit aussi figurément des Personnes et signifie être en quête, chercher une affaire, une occasion.

  7. Les phrases figurées et proverbiales qui suivent sont toutes du style familier.

  8. Ne pas voir plus loin que son nez, que le bout de son nez, Avoir peu de clairvoyance.

  9. à vue de nez, à la suite d’un examen rapide.

  10. Cela lui pend au nez, au bout du nez, C’est ce qui l’attend. Il lui en pend autant au nez, Il est menacé de la même mésaventure.

  11. Tirer les vers du nez à quelqu’un, Tirer de lui un secret en le questionnant adroitement.

  12. Jeter à quelqu’un une chose au nez, La lui reprocher. Il me jette toujours mon âge au nez.

  13. Montrer le nez, le bout de son nez, Se faire voir. Il n’a pas osé montrer le bout de son nez.

  14. Mettre le nez dehors, Sortir. Il fait un temps à ne pas mettre le nez dehors. On dit dans un sens analogue Mettre le nez à la fenêtre.

  15. Mettre son nez, mettre le nez, fourrer son nez où l’on n’a que faire, Se mêler indiscrètement de quelque chose. On dit dans un sens analogue Mettre son nez partout.

  16. Mettre le nez dans une affaire, Commencer à l’examiner. à peine eut-il mis le nez dans cette affaire qu’il en vit la difficulté.

  17. Mettre le nez dans les livres, Commencer à étudier. Il n’a jamais mis le nez dans un livre, Il n’a jamais lu.

  18. Avoir toujours le nez sur quelque chose, Y être toujours appliqué. Cette femme a toujours le nez sur son ouvrage. Il a toujours le nez sur ses livres. On dit dans le même sens Ne pas lever le nez de dessus quelque chose. Cette fille est fort laborieuse, elle ne lève pas le nez de dessus son ouvrage.

  19. Mener quelqu’un par le nez, par le bout du nez, Abuser de l’ascendant qu’on a sur quelqu’un pour lui faire faire tout ce qu’on veut.

  20. Donner du nez par terre, échouer dans quelque entreprise. Il espérait faire fortune, mais il a donné du nez par terre. On dit à peu près dans le même sens Se casser le nez; cette dernière expression signifie aussi Trouver porte close.

Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.

Grammaire et formes (1)
  • nez — forme de base — /ne/

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée nez#42530.

Entrée morphologique (v0.1). Données JSON : lemme.