nerf
nom, masculin, /nɛʁ/
Définitions
Filament du système nerveux qui transmet les sensations et les commandes motrices.
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Au pluriel, état de tension nerveuse, d'irritabilité.
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Vigueur, énergie manifestée dans l'action.
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Témoignages historiques
Frise des témoins : Littré 1873 (9 sens) — Académie 1935 (7 sens)
Littré (1873)
s. m.
Nom donné dans une très ancienne anatomie, et alors que l'on n'avait pas fait la distinction des nerfs proprement dits, aux ligaments et aux tendons ; acception qui s'est conservée dans le langage vulgaire. Un nerf foulé.
Quand l'âge dans mes nerfs a fait couler sa glace — Pierre Corneille (1606-1684)
C'est pour cette raison que jusqu'aujourd'hui les enfants d'Israël ne mangent point du nerf des bêtes, se souvenant de celui qui fut touché en la cuisse de Jacob — Lemaistre de Sacy (1613-1684)
Proprement. Petits filaments qui mettent en communication le cerveau et la moelle épinière avec la circonférence du corps, et qui transmettent les sensations au centre et les volontés à la circonférence (nerfs blancs, ou cérébro-rachidiens, ou de la vie animale), et aussi petits filaments qui partent des ganglions et qui se rendent aux organes de la vie végétative, présidant aux fonctions de ces organes (nerfs gris, ou mous, ou sympathiques, ou végétatifs, ou de la vie organique). Les nerfs de la sensibilité. Les nerfs du mouvement. Nerf intercostal, voy. INTERCOSTAL. Nerf grand sympathique, voy. SYMPATHIQUE. Avoir mal aux nerfs, éprouver des sensations mal définies, pénibles, qui portent à la tristesse. Donner sur les nerfs, causer de l'impatience. Attaque de nerfs, voy. ATTAQUE. Avoir ses nerfs, avoir des nerfs, être agacé, facile à agacer.
Les uns font des nerfs un canal par lequel passe un fluide invisible ; les autres en font un violon dont les cordes sont pincées par un archet qu'on ne voit pas davantage — Voltaire (1694-1778)
S'il est un caractère qui paraisse propre à l'homme, c'est d'être pourvu de nerfs — Charles Bonnet (1720-1793)
Nerf de bœuf, nom vulgaire de la partie épaisse du bord supérieur libre du ligament jaune élastique cervical postérieur du bœuf ou du cheval, desséchée et disposée artificiellement en forme de cylindre ; c'est par suite d'une erreur populaire que cette partie est prise pour le membre génital du bœuf, arraché et desséché. Soutenir avec des nerfs de bœuf les panneaux d'une porte. Nerf de bœuf, instrument de supplice dont étaient armés les surveillants de la chiourme dans les galères.
Je vais appeler quelqu'un, demander un nerf de bœuf, te faire tenir par trois ou quatre, et te rouer de mille coups — Molière (1622-1673)
Et, si dans la province Il se donnait en tout vingt coups de nerf de bœuf, Mon père pour sa part en emboursait dix-neuf — Jean Racine (1639-1699)
Terme de relieur. Ficelle qui est sur le dos d'un livre qu'on relie, et qui est recouverte par la peau ou le parchemin. Presser, pincer les nerfs d'un livre. Nerf postiche ou faux nerf, ce qui simule un nerf.
Cousez sur quatre nerfs ou sur six tout au plus ; Les nerfs multipliés sont au moins superflus — LESNÉ
Couture à nerfs fendus ; cette couture est la plus ancienne et la meilleure de toutes ; les deux nerfs se touchent, les nerfs de droite reçoivent un cahier, les nerfs de gauche en reçoivent un autre, et ainsi de suite, et alternativement chaque cahier est cousu sur toute sa longueur et à point arrière, c'est-à-dire que le fil fait un tour sur chaque ficelle ou nerf — ID.
Cordes de différents instruments.
Et bande de tes mains les nerfs de ton rebec — Mathurin Régnier (1573-1613)
.... Les nerfs brisés de la lyre expirante Sont foulés sous les pieds de la jeune bacchante — Lamartine (1790-1869)
Fig. Force, vigueur, comparée à la force que donnent les nerfs ou tendons. Le nerf des affaires, de la guerre, etc., l'argent.
La visite des Églises, qui est le nerf du gouvernement ecclésiastique — Bossuet (1627-1704)
Le serment fut toujours le nerf de leur discipline militaire [aux Romains] — Montesquieu (1689-1755)
Nerfs, au plur. Se dit quelquefois en architecture pour nervures. Nerfs d'ogives, corps saillants qui soutiennent les pendentifs.
Terme de pêche. Se dit des cordes qui sont attachées au bout de l'épervier, et qui servent à le serrer quand le poisson est pris.
Terme de métallurgie. Filaments allongés qui déterminent et annoncent la ténacité et la malléabilité d'un métal.
Le bon fer, c'est-à-dire le fer qui est presque tout nerf, est au moins cinq fois aussi tenace que le fer sans nerf et à gros chaînons — Buffon (1707-1788)
Étymologie : Génev. nierfe, niarfe ; provenç. nervi ; espagn. nervio ; ital. nervo ; du lat. nervus, grec νεῦρον, le terme signifie proprement lien, corde, ligament, et, très tardivement, nerf. Comparez anc. haut all. snara, all. mod. Schnur, corde.
Historique : XIe s. Trestuit si nerf mult lui sont estendant [tous ses nerfs sont distendus par les chevaux qui le mettent en pièces] XIIIe s. Il en porroit venir apostumes, et porroit les niers ferir, dont maint peril aviennent Et sembloit bien langoreuse et malade vraiement ; car les ners de ladite jambe estoient contrez XIVe s. Le nerf est de complecion froide et seiche, très sensible XVIe s. La poesie d'Antimachus et la peinture de Dionysius sont bien pleines de nerfs et vigueur, mais.... Puisque la defiance est un des principaux nerfs de la sagesse en temps si dangereux Le principal nerf en ceci est l…
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).
Académie française, 8e édition (1935)
n. m.
Chacun des petits filaments blanchâtres qui, distribués dans tout le corps, transmettent au cerveau les sensations provoquées par les objets extérieurs ou par l’organisme lui-même, et aux muscles les impulsions motrices. Les conjugaisons des nerfs. Nerf de la première, de la seconde conjugaison, etc., La racine antérieure, la racine postérieure des nerfs. Nerf de la première, de la seconde paire, etc., Les nerfs de la sensibilité. Les nerfs du mouvement, Le nerf intercostal. Le nerf caverneux. Le nerf optique. Le nerf sciatique. Le nerf grand sympathique, Les nerfs crâniens. Les nerfs spinaux. Maladie de nerfs. Attaque de nerfs. Avoir mal aux nerfs. Avoir les nerfs irritables, agacés. Cela fait mal aux nerfs. Cela donne, cela porte sur les nerfs. Cela calme les nerfs.
Fam., Avoir ses nerfs se dit d’une Personne qui se montre agacée, énervée.
Il se dit improprement, dans le langage vulgaire, des Ligaments des muscles. Un nerf foulé. La contraction des nerfs. Le nerf du jarret.
Nerf de boeuf, Partie épaisse du ligament cervical et postérieur du boeuf, qu’on a fait sécher et dont on se sert comme canne ou comme matraque. Donner des coups de nerf de boeuf.
NERF signifie figurément Force, vigueur. Cet homme a du nerf, on ne le fait pas fléchir aisément. Il n’a pas de nerf, la moindre résistance le fait céder. Ce style manque de nerf.
Prov., L’argent est le nerf de la guerre, On ne soutient la guerre qu’avec beaucoup d’argent.
NERF se dit, par analogie, en termes de Reliure, des Cordelettes qui sont placées au dos du livre à relier et sur lesquelles on coud les cahiers. Livre cousu sur nerfs. Faux nerfs, Petites bandes de carton souple collées sous le dos d’un livre qu’on relie, pour imiter les nerfs.
Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.
Grammaire et formes (2)
- nerfs — pluriel — /nɛʁ/
- nerf — singulier — /nɛʁ/
Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée nerf#42418.