Littré (1873)
s. f.
Eau congelée qui tombe de l'atmosphère en flocons légers, d'un blanc éclatant. Neiges perpétuelles, celles qui ne fondent jamais. Devenir blanc comme neige, pâlir extrêmement. Fig. Blanc comme neige, parfaitement innocent. Je ne fais non plus de cas de cela que des neiges d'antan, c'est-à-dire je n'en fais aucun cas. Cela grossit comme une boule de neige, c'est une pelote de neige qui grossit, cela fait la pelote, la boule de neige, se dit de tout ce qui s'augmente par la durée et l'accumulation. Par exagération et par plaisanterie. Tout ce qui est froid au moral.
Une belle plaine de neige d'environ quatre-vingts lieues de tour forme notre horizon — Voltaire (1694-1778)
Les petits flocons qui en proviennent [des gouttes d'eau atmosphériques], se réunissant plusieurs ensemble, et ne se touchant que par quelques points de leur surface, ne composent que des flocons très légers ; c'est là ce que nous appelons neige — Mathurin-Jacques Brisson (1723-1806)
Neige, saison des neiges.
Les Ostiaks comptent par neiges et non par la marche apparente du soleil — Voltaire (1694-1778)
À la prochaine lune des fleurs, il y aura sept fois dix neiges, et trois neiges de plus, que ma mère me mit au monde — Chateaubriand (1768-1848)
Fig. Toute chose blanche comparée à la neige. Neige, barbe blanche. Il a de la neige sur la tête, se dit d'un vieillard dont les cheveux ont blanchi.
Il faut qu'avril jaloux brûle de ses gelées Le beau pommier, trop fier de ses fleurs étoilées, Neige odorante du printemps — Victor Hugo (1802-1885)
En vain une neige glacée D'Homère ombrageait le menton — Lamartine (1790-1869)
Glace de fruits faite avec du sucre et le jus de certains fruits.
La neige avec art préparée Aiguise nos sens émoussés ; On dirait que ces fruits glacés Sortent des jardins de Borée — Cardinal de Bernis (1715-1794)
Œufs à la neige, plat sucré composé de blancs d'œufs battus en neige ferme et jetés quelques minutes dans du lait bouillant. Avec le reste du lait, les jaunes d'œufs, quelques aromates, on fait une crème qui se sert autour des blancs en neige.
Dentelle de peu de valeur.
Terme d'ancienne chimie. Neige d'antimoine, oxyde d'antimoine blanc sublimé.
Familièrement et fig. De neige, sans valeur, digne de mépris.
Voyez le beau héros de neige, Pour avoir un tel privilége — Scarron (1610-1660)
Tiens, tiens, sans y chercher tant de façons, voilà Ton beau galant de neige, avec ta nonpareille — Molière (1622-1673)
Étymologie : Wallon, nivaie ; namur. nive ; Hainaut, nive ; bourg. noge ; provenç. nicx, neu, nieu ; cat. neu ; esp. nieve ; port. et ital. neve ; du lat. nix, nivem, anc. lat. ninguis, dans Lucrèce ; grec νίφει, il neige. Comparez le goth. snaivs, l'anc. h. all. sneo, l'all. Schnee, l'angl. snow, l'anc. irl. sneachta. Les formes germaniques et celtiques annoncent qu'en latin et en grec une s initiale est tombée ; tout cela conduit au sanscrit snih, être humide. Le français a deux formes : neif, noif, qui vient de nix, nivem, et neige, qui vient de nivea, pris substantivement. Quant au wallon nivaie, il vi
Historique : XIe s. Autresi blanche come neif sur gelée XIIe s. Gorge blanche plus que n'est nois ne lis XIIIe s. Gesir as chans sour la gielée et sor la noif, sans loge et sans pavillon Li autres principaus [vent] qui vient de la tramontane done nues et froidure, et qui li est encoste, vers couchant, donne noif et grelle XIVe s. Et de nege cheï tant et si longuement, Que l'endemain au jour, ains prime vraiement, Fu de nege cinq piez et plus.... XVe s. Un gresil et une noige va commencer si fort que merveilles fut Neige et gresil sont en terre bouté ; On oit chanter chascun parmi la rue Dictes moy où n'en …
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).