négoce
nom, masculin, /nɛɡɔsə/ ou /neɡɔsə/
Témoignages historiques
Frise des témoins : Littré 1873 (2 sens) — Académie 1935 (2 sens)
Littré (1873)
s. m.
Proprement et étymologiquement, il se dit de toute affaire, de toute entremise d'affaires. En mauvaise part, il se dit de certaines industries suspectes, soit à cause du péril, soit à cause de la messéance, de la honte qui y est attachée. La contre-bande est un périlleux négoce. Faire un vilain négoce, se mêler de quelque chose de honteux. Ironiquement. Fig.
Vous faites là, monsieur, un fort joli négoce — Dancourt (1661-1725)
Alors [chez les premiers chrétiens] la piété était véritable, parce qu'elle n'était pas encore devenue un art ; elle n'avait pas encore appris à s'accommoder au monde, ni à servir au négoce des ténèbres — Bossuet (1627-1704)
Particulièrement, synonyme moins usité de commerce. Se mettre dans le négoce. Faire le négoce. Fig. Aujourd'hui on ne dirait plus, comme Montesquieu, le négoce d'Athènes, mais le commerce d'Athènes ; commerce est réservé pour un État, une nation, un peuple.
Si c'est quelque chose, messieurs, qui dépende de mon petit négoce, je suis tout prêt à vous rendre service — Molière (1622-1673)
Certains particuliers qui, riches du négoce de leurs pères.... — La Bruyère (1645-1696)
Étymologie : Provenç. negoci ; espagn. negocio ; ital. negozio ; du lat. negotium, de nec, ni, ne, faisant fonction de préfixe négatif, et otium, loisir.
Historique : XIIe s. Nus [nul] ki servet à Deu ne soi emploiet ez seculiers negosces XIVe s. Guillaume.... gouvernant les negoces et besongnes d'icelle Marguerite XVIe s. Il l'avoyt en si grande privaulté receu, que rien ne lui celoyt des menues negoces de sa maison Ainsi sont ils serfz toute leur vie les uns des voluptez, et les autres des negoces et du gaing Serf de mes negoces, ou, encore pis, de ceulx d'autruy Le negoce de la paix, qui n'avoit jamais esté intermis, fut repris plus que de coustume
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).
Académie française, 8e édition (1935)
n. m.
Trafic, commerce. Faire le négoce. On dit plutôt aujourd’hui Commerce.
On l’emploie figurément dans un sens péjoratif. Cet homme se livre à un étrange négoce. On ne sait quel négoce font ces gens-là.
Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.
Grammaire et formes (2)
- négoces — pluriel — /neɡɔsə/ ou /nɛɡɔsə/
- négoce — singulier — /neɡɔsə/ ou /nɛɡɔsə/
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