nectar
nom, masculin, /nɛktaʁ/
Témoignages historiques
Frise des témoins : Littré 1873 (4 sens) — Académie 1935 (3 sens)
Littré (1873)
s. m.
Le breuvage des dieux, suivant la Fable, et qui, communiqué aux mortels, leur aurait donné l'immortalité.
Loin des hommes s'en alla boire Le nectar avecque les dieux — Malherbe (1555-1628)
On a été réduit à dire que les dieux étaient ivres de nectar, lorsqu'ils firent les hommes, et, quand ils vinrent à regarder leur ouvrage de sens froid, ils ne purent s'empêcher d'en rire — Fontenelle (1657-1757)
Par extension, toute sorte de liqueur agréable, et, en particulier, les vins excellents.
On élève en leur place Une chapelle au dieu, père du vrai nectar — La Fontaine (1621-1695)
Sitôt que du nectar la troupe est abreuvée — Boileau (1636-1711)
Fig. Ce qui flatte l'esprit et le cœur, comme le nectar flatte le palais.
Ce breuvage vanté par le peuple rimeur, Le nectar, que l'on sert au maître du tonnerre, Et dont nous enivrons tous les dieux de la terre ; C'est la louange.... — La Fontaine (1621-1695)
Vous le savez, dieux domestiques, Mon style n'est point infecté Par le fiel amer des critiques, Ni par le nectar apprêté Des longs et froids panégyriques — Cardinal de Bernis (1715-1794)
Terme de botanique. Suc mielleux que sécrètent diverses parties de la fleur, dans certaines plantes.
Le nectar est la nourriture exclusive de presque tous les lépidoptères, de plusieurs hyménoptères, hémiptères, et, en général, de tous les insectes suceurs, c'est-à-dire pourvus d'une trompe — Benjamin Legoarant (1792-1863)
Étymologie : Lat. nectar, nectaris, venu de νέϰταρ, composé, d'après les étymologistes grecs, de νη, particule négative, et ϰτάω, tuer, c'est-à-dire moyen d'immortalité ; mais le sens ne vaut rien, ce qui ne tue pas ne signifiant pas ce qui donne l'immortalité. M. Baudry pense que νέϰταρ est formé du radical νεϰ de νεϰρὸς, avec ταρ suffixe des noms d'agent équivalent à της, τωρ ; et voici comment il l'a expliqué d'après Kuhn, dans ses Mythes du feu (Rev. germ. t. XIV, p. 550) : « Le nectar est le breuvage qu'on verse aux morts dans l'autre monde pour leur faire oublier celui-ci, le même que l'eau du Léthé
Historique : XVIe s. Tu ne boiras aussi de ce nectar divin Qui rend Anjou fameux ....Tranquillité d'esprit, Vrai nectar qui rend dieux les mortels qu'il abreuve
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).
Académie française, 8e édition (1935)
n. m.
Breuvage des dieux, suivant la Fable Hébé et Ganymède versaient le nectar aux dieux.
Il se dit, figurément, de Toute sorte de vin excellent ou de boisson agréable. Il nous a donné un vin qui est un nectar.
NECTAR se dit aussi, en termes de Botanique, du Suc mielleux que sécrète le nectaire de certaines fleurs et dont se nourrissent divers insectes.
Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.
Grammaire et formes (2)
- nectars — pluriel — /nɛktaʁ/
- nectar — singulier — /nɛktaʁ/
Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée nectar#42397.