nécessaire
adjectif, /nɛsɛsɛʁə/ ou /nesesɛʁə/
Définitions
Dont on ne peut se passer pour atteindre un but ou satisfaire un besoin.
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Qui découle inévitablement d'une cause, qui ne peut être autrement.
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Substantivement, l'essentiel, ce qui est indispensable à la vie ou à une tâche.
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Trousse ou ensemble d'objets rassemblés pour un usage déterminé, comme un nécessaire de toilette.
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Témoignages historiques
Frise des témoins : Littré 1873 (9 sens) — Académie 1935 (9 sens)
Littré (1873)
adj.
Qui doit être pour que quelque chose soit ou se fasse. La respiration est nécessaire à la vie. Terme de botanique. Polygamie nécessaire, se dit, dans le système de Linné, des synanthérées dont les calathides offrent des fleurs mâles au disque et des fleurs femelles à la circonférence, ce qui rend la polygamie nécessaire pour la conservation de l'espèce. Cela n'est pas nécessaire au salut, se dit ironiquement d'une chose qui n'a guère d'importance. C'est un mal nécessaire, se dit de certaines choses qui ont de grands inconvénients, mais qui sont ou indispensables ou inévitables. Il est nécessaire, avec de et l'infinitif, ou que et le subjonctif, signifie il faut. Il est nécessaire de, avec un substantif, il est besoin de (tournure usitée dans le XVIIe siècle et même le XVIIIe, et qui vieillit).
Voir naître en nous l'un pour l'autre cette inclination si nécessaire à composer une union parfaite — Molière (1622-1673)
Les refus que l'intérêt de l'État rendait nécessaires — Bossuet (1627-1704)
Il se dit aussi des personnes. Se rendre nécessaire, se dit de celui qui se rend si utile qu'on ne peut guère s'en passer. On dit dans le même sens : Cette personne m'est devenue nécessaire, m'est nécessaire. Faire le nécessaire, faire l'empressé, se mêler de tout. Un nécessaire s'est dit pour un homme qui fait le nécessaire.
Mille affaires où vous et M. de Grignan êtes nécessaires — Mme de Sévigné (1626-1696)
Un ministre [Mazarin] persécuté, et devenu nécessaire non-seulement par l'importance de ses services, mais encore par ses malheurs — Bossuet (1627-1704)
Dans le langage de la philosophie, il se dit de ce dont la négation est impossible, de ce qui ne peut pas ne pas être, par opposition à ce qui est contingent. L'être nécessaire, Dieu. Lois nécessaires, lois sans lesquelles l'univers ne saurait subsister. Causes nécessaires, agents nécessaires, les causes, les agents qui, n'agissant pas librement, produisent infailliblement leur effet. Effet nécessaire, effet qui suit infailliblement la cause destinée à le produire. Vérité nécessaire, vérité qui ne peut pas ne pas être.
Je sens que je peux n'avoir pas été.... donc je ne suis pas un être nécessaire — Pascal (1623-1662)
Les lois de l'équilibre et du mouvement, telles que l'observation les fait connaître, sont de vérité nécessaire — D'Alembert (1717-1783)
Par extension de la signification précédente, il se dit de ce qui est considéré comme logiquement, naturellement lié à. Tirer une conséquence nécessaire. C'est la suite nécessaire de ce principe.
Le temps.... cette vapeur légère et volage, qui ne se forme qu'en se dissipant, et qui entraîne perpétuellement mon être avec elle d'une manière si étrange et si nécessaire — Bossuet (1627-1704)
Philippe le Bon, nouveau duc de Bourgogne, successeur de son père [Jean assassiné à Montereau], devint un ennemi nécessaire du Dauphin par devoir et par politique — Voltaire (1694-1778)
S. m. sans pluriel. Ce qui est indispensable. Faire le nécessaire, s'acquitter de ce qu'il y a de plus important, quand on ne peut pas faire le tout. En termes de l'Écriture, l'affaire du salut est l'unique nécessaire.
Ce nécessaire qu'il faut préférer au vraisemblable [dans une pièce de théâtre], ou, pour parler plus juste, qu'il faut ajouter au vraisemblable dans la liaison des actions et leur dépendance l'une de l'autre — Pierre Corneille (1606-1684)
La conférence n'alla pas au delà, pour mieux en conserver le secret dans le pur nécessaire au succès — Saint-Simon (1675-1755)
Tout ce qui est essentiel pour les besoins de la vie. Le strict nécessaire.
Il n'est pas bon d'être trop libre ; il n'est pas bon d'avoir tout le nécessaire — Pascal (1623-1662)
Il prendra pour payer sur son nécessaire — Mme de Sévigné (1626-1696)
Le nécessaire, ce qui ne peut pas ne pas exister.
La métaphysique définit le nécessaire ce qui est et qui ne peut pas ne point être ; ce qu'elle rend en d'autres termes quand elle dit que le nécessaire est ce dont le contraire implique contradiction ou est impossible en soi — Charles Bonnet (1720-1793)
S. m. avec un pluriel. Sorte de cassette ou d'étui qui renferme tout ce qui est indispensable à la toilette et que l'on porte en voyage avec soi. Des nécessaires de voyage. Les objets contenus dans cet étui. Petit coffret qui renferme les objets nécessaires pour travailler à l'aiguille. Des nécessaires en acajou. Assortiment de tout ce qui convient pour faire, servir et prendre du café, du thé et du chocolat.
Nécessaire s'est dit, dans le langage des précieuses, au sens de serviteur.
Marotte : Voilà un laquais qui demande si vous êtes au logis, et dit que son maître vous veut venir voir. - Madelon : Apprenez, sotte, à vous énoncer moins vulgairement ; dites : Voilà un nécessaire qui demande si vous êtes en commodité d'être visibles — Molière (1622-1673)
Étymologie : Bourguig. necessare ; provenç. necessari ; espag. necesario ; ital. necessario ; du lat. necessarius (voy. NÉCESSITÉ).
Historique : XIIIe s. Quant vous trovés Deux choses qui sont convenables, Necessaires et profitables, Cele qui est plus necessaire Vaut miex... XIVe s. Cinq necessaires [chaises percées] enveloppées de cuir et couvertes de drap par dessus Il est aucunes choses qui sont necessaires, et sont en tout temps et partout en une maniere, et de celles choses sont les sciences très certaines XVe s. ... Necessaire a ou jardin [il y a un privé au jardin], Où l'on pourra chascun matin Aler une fois par licence Quel merite devroit avoir [l'homme sans libre arbitre] ? Certes nul, qu'il ne pourroit faire Fors que bien et …
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).
Académie française, 8e édition (1935)
adj. des deux genres
Dont on ne peut se passer, dont on a absolument besoin pour quelque fin. La respiration est nécessaire à la vie. Avoir les choses nécessaires pour vivre. Se servir des moyens nécessaires pour réussir dans son entreprise. Ne parlez que s’il est nécessaire de le faire. Il n’est pas nécessaire d’entrer dans ces détails. Il se dit aussi des Personnes. Un ministre, un général nécessaire. Proverbialement, Il n’y a pas d’homme nécessaire.
Cet homme s’est rendu nécessaire dans cette maison, Il s’y est rendu si utile ou si agréable qu’on pourrait difficilement s’y passer de ses conseils, de ses attentions, de sa société. On dit, dans un sens analogue, Cette personne m’est devenue nécessaire, m’est nécessaire.
Il fait le nécessaire, Il fait l’empressé, il se mêle de tout, comme si l’on ne pouvait se passer de lui. Dans cette phrase, Nécessaire est employé substantivement.
C’est un mal nécessaire se dit de Certaines choses qui ont de grands inconvénients, mais qui sont indispensables ou inévitables.
NÉCESSAIRE désigne, en termes de Philosophie, Ce qui ne peut pas ne pas être. L’homme pouvait ne pas exister, il n’est donc pas un être nécessaire. L’être nécessaire, Dieu. Lois nécessaires, Lois sans lesquelles l’univers ne saurait exister. Vérités nécessaires, Vérités qui s’imposent à la raison. Causes nécessaires, agents nécessaires, Les causes et les agents qui n’agissent pas librement et qui produisent inévitablement leur effet. Effet nécessaire, L’effet qui suit inévitablement la cause destinée à le produire. La lumière est un effet nécessaire du soleil. On dit dans le même sens : Tirer une conséquence, une induction nécessaire. C’est la suite nécessaire de ce principe.
NÉCESSAIRE s’emploie comme nom masculin et désigne Tout ce qui est essentiel pour les besoins de la vie. Il est opposé à Superflu et ne se dit point au pluriel. à défaut du superflu, il a le nécessaire. Il se prive du nécessaire pour soutenir sa famille. Il s’est réduit, borné, restreint au nécessaire, au strict nécessaire. Il faut s’occuper du nécessaire avant de songer à l’agréable.
Il désigne, d’une manière générale, Ce qui est essentiel, ce qui est indispensable ou encore Tout ce qui est utile et suffisant dans un cas déterminé. Pour mener à bien cette affaire, j’ai fait le nécessaire. Ne vous préoccupez pas, j’ai fait le nécessaire pour ce que vous désiriez.
En termes de l’écriture, Le salut, l’affaire du salut est l’unique nécessaire.
NÉCESSAIRE, nom masculin, se dit aussi d’une Boîte, d’un étui qui renferme différents ustensiles. Nécessaire de toilette, de voyage. Les pièces de ce nécessaire sont d’argent, de vermeil. Par extension, Un nécessaire d’argent de vermeil.
Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.
Grammaire et formes (2)
- nécessaires — pluriel — /nesesɛʁə/ ou /nɛsɛsɛʁə/
- nécessaire — singulier — /nesesɛʁə/ ou /nɛsɛsɛʁə/
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