narine
nom, féminin, /naʁinə/
Témoignages historiques
Frise des témoins : Littré 1873 (2 sens) — Académie 1935 (2 sens)
Littré (1873)
s. f.
L'une des deux fosses nasales. Cet enfant a mal à la narine droite. Les narines d'un cheval, d'un taureau. Fig. Terme de vétérinaire. Fausse narine, espèce de cul-de-sac formé par la peau amincie, existant chez les solipèdes, à l'entrée de la narine, entre l'épine nasale et le biseau du petit sus-maxillaire.
.... L'ours boucha sa narine ; Il se fût bien passé de faire cette mine ; Sa grimace déplut ; le monarque irrité L'envoya chez Pluton faire le dégoûté — La Fontaine (1621-1695)
Les immenses baleines et tous les monstres marins faisant avec leurs narines un flux et un reflux de l'onde amère — Fénelon (1651-1715)
Narine dans le style élevé se dit des ailes du nez. Les romantiques s'en sont moqués : V. Hugo a dit dans ses Contempl. Réponse à un acte d'accusation : J'ai dit à la narine : eh mais ! tu n'es qu'un nez ! Cela n'empêche point que narine en ce sens ne soit fort bon. V. Hugo lui-même a dit : Et lui, l'orgueil gonflait sa puissante narine, Chants du crépuscule, Napoléon II.
Et là-dessus ses narines s'enflent, il cache avec peine sa joie et sa vanité par quelques dehors de modestie — La Bruyère (1645-1696)
Étymologie : Wallon, narène ; bourg. naireigne. La forme régulière est narille, du diminutif naricula, dérivé du latin naris, narine, qui est pour nasis, par changement normal de s en r entre deux voyelles (voy. NEZ). Narine est venu d'une substitution de l'n à l'l, comme dans l'italien malinconia, de melancholia.
Historique : XIIe s. Oreilles unt, et ne orrunt ; narilles unt, e ne odererunt Devant le nes [il] me copa le nasel, Tres qu'es [jusqu'aux] na rilles me fist son brant coler Cel anel metteit as narines celi ki par deables fud traveillied, e fist si les deables par les narines eissir XIIIe s. Crupe ot grosse et quarée, piés copés et vautis, Narines grans et amples, les iex bruns esclarcis ; El regne d'Antioche n'ert chevaus si eslis XIVe s. Et dit Homerus que Hector monstroit la forte et aspre vertu de lui par chascune de ses deux narines, par lesquelles l'en voit le sanc esboulir XVIe s. Les malades ont les…
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).
Académie française, 8e édition (1935)
n. f.
Chacune des deux ouvertures du nez par lesquelles l’homme respire et perçoit les odeurs. Narine droite gauche. Le sang lui coulait par les narines. Enfler, gonfler ses narines.
Il se dit aussi en parlant d’un Grand nombre d’animaux. Les narines d’un cheval, d’un taureau.
Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.
Grammaire et formes (2)
- narines — pluriel — /naʁinə/
- narine — singulier — /naʁinə/
Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée narine#42222.