naïveté
nom, féminin, /naivəte/
Témoignages historiques
Frise des témoins : Littré 1873 (3 sens) — Académie 1935 (4 sens)
Littré (1873)
s. f.
Qualité des personnes naïves.
Mais la naïveté Dont mêmes au berceau les enfants te confessent — Malherbe (1555-1628)
Le financier riant de sa naïveté — La Fontaine (1621-1695)
Simplicité naturelle et gracieuse avec laquelle une chose est exprimée ou représentée. Il y a une grande naïveté dans la pose, dans l'expression de cette figure. Naïveté de pinceau.
La naïveté, à qui j'oserais donner la première place parmi toutes les perfections de style — Vaugelas (1585-1650)
Tout poëme est brillant de sa propre beauté ; Le rondeau, né gaulois, a la naïveté — Boileau (1636-1711)
Simplicité trop grande ou défaut de retenue dans l'expression de sentiments qu'on aurait intérêt à cacher. Son orgueil est d'une naïveté risible. Propos, expressions qui échappent par ignorance.
Si l'ingénuité se caractérise par des traits qu'on aurait en soi-même intérêt à déguiser et qui nous donne quelque avantage sur celui auquel ils échappent, on la nomme naïveté ou ingénuité naïve — Marmontel (1723-1799)
La même chose souvent est dans la bouche d'un homme d'esprit une naïveté ou un bon mot, et dans celle d'un sot, une sottise — La Bruyère (1645-1696)
Étymologie : Naïf.
Historique : XIIe s. Riches mult à nos naïtez [lieux de notre naissance], Dont nos erium [étions] fors jetez XVIe s. Vous savez bien que je ne vous dis oncques ny ne diray que verité, et vous congnoissez la neifveté de mon cœur et de mon affection
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).
Académie française, 8e édition (1935)
n. f.
Simplicité d’une personne qui manifeste naturellement ses idées et ses sentiments. La naïveté d’un enfant.
Il signifie aussi, en termes d’Art et de Littérature, Simplicité naturelle et gracieuse avec laquelle une chose est exprimée ou représentée selon la vérité ou la vraisemblance. Un style plein de grâce et de naïveté. Avec un grand charme de fraîcheur et de naïveté. Il y a une agréable naïveté dans l’expression de cette figure. Naïveté de style, de langage, de pinceau.
Il s’emploie aussi en mauvaise part et signifie Excès de simplicité, ou Défaut de retenue dans l’expression de sentiments qu’on aurait intérêt à cacher. Il a eu la naïveté de confier son secret à son pire ennemi. Son orgueil est d’une naïveté comique, d’une naïveté risible.
Il se dit encore des Propos, des expressions qui échappent par ignorance. Voilà une grande naïveté. Dire des naïvetés.
Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.
Grammaire et formes (2)
- naïvetés — pluriel — /naivəte/
- naïveté — singulier — /naivəte/
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