nage

nage

nom, féminin, /naʒə/

Témoignages historiques

Frise des témoins : Littré 1873 (5 sens) — Académie 1935 (5 sens)

Littré (1873)

s. f.

  1. Action de nager. La nage est un exercice salutaire. On dit plus habituellement natation ; et même l'Académie ne donne nage que dans les locutions à la nage, en nage. À la nage, loc. adv. En nageant. Se jeter à la nage, se jeter à l'eau pour nager. On a dit aussi à nage. Par extension.

    La quantité de graisse dont l'ours est chargé le rend très léger à la nage ; aussi traverse-t-il sans fatigue des fleuves et des lacs — Buffon (1707-1788)

    [Un potage] D'où les mouches à jeun se sauvaient à la nage — Mathurin Régnier (1573-1613)

  2. Terme de marine. Action de ramer, jeu des rames. Donner la nage, diriger le canot, ou régler la vitesse de sa marche. Bancs de nage, bancs qui servent aux canotiers. Tente de nage, toile tendue sur une chaloupe pour abriter les rameurs. Bonne de nage, se dit d'une chaloupe facile à manier.

  3. Partie d'un train de bois de flottage.

  4. Morceau de bois du bachot où pose la platine de l'aviron, quand l'aviron est au touret.

  5. Familièrement. Être en nage, tout en nage, être tout trempé, tout mouillé de sueur.

    Harpagême revint essoufflé, tout en nage — La Fontaine (1621-1695)

    Nous sommes venus comme un trait : Emile est tout en nage ; une main chérie daigne lui passer un mouchoir sur les joues — Jean-Jacques Rousseau (1712-1778)

Étymologie : Voy. NAGER. Quant à la locution être en nage (wallon, ête en nange ; Hainaut, ête en nache, nanger, nager), qui est singulière, Rochefort, Delatre, Mahn l'ont expliquée par être en age, c'est-à-dire être en eau, age étant une des anciennes formes de eau. Que age ait été dit pour aigue ou aige, cela n'est pas douteux ; mais on ne voit dans aucun texte que age se soit assez conservé dans le parler vulgaire pour qu'il ait donné lieu à la locution et à la confusion. Il vaut mieux y voir le mot nage. Quelques-uns disent non pas être en nage mais être à nage (voy. à l'historique l'exemple de Desport

Historique : XIIe s. Venir à Luque par haute mer à naje XIIIe s. Que tout par tout peüst sans nage [sans passer l'eau] Errer deseur son palefroi Et d'autre part, se vin par nage Ne venoit, ce seroit la rage XVIe s. Se sauver à nage hors d'un esquif qui faict eau Que l'homme se debvoit pourveoir de munitions qui flottassent sur l'eau et peussent à nage eschapper avecques luy du naufrage Le desespoir tiroit ces plaintes de ma bouche ; En mes larmes desjà à nage estoit ma couche

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Académie française, 8e édition (1935)

n. f.

  1. Action de nager, manière de nager. Il y a plusieurs sortes de nages. Nage à la chien, de côté, à l’indienne, etc.

  2. à la nage, En nageant. Il passa la rivière à la nage. Il s’est sauvé à la nage.

  3. Se jeter à la nage, Se jeter à l’eau pour nager.

  4. En termes de Marine et de Sports, il se dit pour l’Action de ramer. Chef de nage, Celui qui se trouve à l’arrière et dirige le mouvement. Bancs de nage, Bancs des rameurs.

  5. Fig. et fam., être en nage, tout en nage, être tout trempé, tout mouillé de sueur. Vous êtes tout en nage. Vous avez trop fait galoper ce cheval, il est tout en nage.

Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.

Grammaire et formes (2)
  • nages — pluriel — /naʒə/
  • nage — singulier — /naʒə/

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée nage#42136.

Entrée morphologique (v0.1). Données JSON : lemme.