mystère

mystère

adjectif

Grammaire et formes (1)
  • mystère — forme de base

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée mystère#148804.

mystère

nom, masculin, /mistɛʁə/

Définitions

  1. Ce qui demeure inexpliqué, inconnaissable ou incompréhensible.

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  2. Dans la religion chrétienne, vérité de foi qui dépasse la raison humaine mais que l'on tient pour révélée.

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  3. Secret que l'on garde ou que l'on entretient délibérément autour de quelque chose.

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Témoignages historiques

Frise des témoins : Littré 1873 (8 sens) — Académie 1935 (10 sens)

Littré (1873)

s. m.

  1. Terme d'antiquité. Culte secret dans le polythéisme, auquel on n'était admis qu'après des initiations successives. Petits mystères, mystères qui se célébraient à Agra, près d'Athènes, au mois d'anthestérion, et qui étaient de moindre importance que les grands mystères, qui se célébraient à Éleusis au mois de boédromion. Par extension, ce que la religion païenne avait de plus caché.

    Plutarque dit qu'il n'y avait personne à Delphes ni dans ce pays qui ne fût initié aux mystères — Fontenelle (1657-1757)

    Sous Erechthée, l'on marque l'arrivée de Cérès en Attique après l'enlèvement de sa fille et l'établissement des mystères à Éleusis — Rollin (1661-1741)

  2. Dans la religion chrétienne, tout ce qui est proposé pour être l'objet de la foi des fidèles, et qui paraît contredire la raison humaine ou être au-dessus de cette raison. Le mystère de l'incarnation. Les saints mystères, les sacrés mystères, le sacrifice de la messe.

    On les tient [les chrétiens] pour sorciers dont l'enfer est le maître, Et, sur cette croyance, on punit du trépas Des mystères secrets que nous n'entendons pas — Pierre Corneille (1606-1684)

    Le mot de Galilée, que la foule des Juifs prononça comme par hasard, en accusant Jésus-Christ devant Pilate, donna sujet à Pilate d'envoyer Jésus-Christ à Hérode ; en quoi fut accompli le mystère qu'il devait être jugé par les Juifs et les gentils, le hasard en apparence fut la cause de l'accomplissement du mystère — Pascal (1623-1662)

  3. Quelque chose qui est caché avec un certain caractère religieux.

    Le respect que l'on porte à l'antiquité est aujourd'hui à tel point dans les matières où il doit avoir moins de force, que l'on se fait des oracles de toutes ses pensées et des mystères même de ses absurdités — Pascal (1623-1662)

    Nos magistrats ont bien connu ce mystère [l'effet que la pompe fait sur la foule] — Pascal (1623-1662)

  4. En général, secret. Les mystères de la politique. Mystère d'État. Faire mystère, un mystère d'une chose, la tenir secrète, la cacher avec soin. Dans le même sens, mettre du mystère à quelque chose. Familièrement. Il est tout cousu de petits mystères, il est tout mystère de la tête aux pieds, il cache les choses simples, innocentes, visibles, avec autant de soin qu'il ferait les choses compliquées, coupables, mystérieuses.

    Les mystères de cour sont souvent si cachés, Que les plus clairvoyants y sont bien empêchés — Pierre Corneille (1606-1684)

    Mais d'un sujet au roi, c'est crime qu'un mystère — Pierre Corneille (1606-1684)

  5. Difficulté que l'on fait touchant quelque chose, importance que l'on y attache (assez souvent en mauvaise part). Voilà tout le mystère, il n'y a pas plus de difficulté que cela. Ne pas entendre mystère à une chose, n'y pas entendre finesse, n'y voir rien que d'innocent.

    Du nom de philosophe elle fait grand mystère, Mais elle n'en est pas pour cela moins colère — Molière (1622-1673)

    Sachons ce qu'il a fait ; et, sans plus de mystère, Concluons son hymen, et finissons l'affaire — Regnard (1655-1709)

  6. Certaines précautions que l'on prend pour n'être pas observé, entendu. Ils sont sortis tous deux en grand mystère.

    Ils parlent jargon et mystère sur certaines femmes — La Bruyère (1645-1696)

  7. Fig. Opérations secrètes de la nature, du cœur, des arts, des lettres. Les mystères du cœur humain. Les mystères de la nature. Tous les arts ont leurs mystères.

    Tout est mystère dans l'amour, Ses flèches, son carquois, son bandeau, son enfance — La Fontaine (1621-1695)

    Nous n'avons rien à faire ici qu'à tâcher de nous rendre avantageux le développement futur des mystères de notre existence — Marivaux (1688-1763)

  8. Nom, au moyen âge, de certaines pièces de théâtre où l'on représentait quelqu'un des mystères de la religion. Le mystère de la passion de Notre-Seigneur. Les mystères en langue vulgaire ont commencé dès le XIIe siècle.

    On joua des mystères à l'entrée de Charles VI à Paris, l'an 1380 — Voltaire (1694-1778)

Étymologie : Lat. mysterium, de μυστήριον, de μύστης, initié, μύειν, initier, de μυέω, serrer, fermer. Au sens de représentation scénique pieuse, Max Müller prétend que mystère n'a rien à faire avec μυστήριον, et qu'il représente ministerium, office ou service religieux ; mais ministerium a donné mestier, et non mystère. Cependant, qu'il y ait eu tendance à confondre ministerium et mysterium, cela est incontestable par l'historique.

Historique : XIIIe s. Un jour en la chambre son pere Fist une estoile et ung mistere [ouvrage] De soie et d'or moult subtilment XIVe s. Veut que les accusez respondent par leurs bouches, sans conseil ne mystere d'aucune personne XVe s. [Au festin des ambassadeurs de Bohême] il y eut des entremets de morisques, monmeries, et un autre mystere d'enfants sauvages saillant d'une roche fort bien feinte et representée Tous ceulx qui pour lors estoient au franc palais avoient esté comme ravis pour les hauts mysteres qu'ilz avoient veus Le dit Jazon se mit en defense fort bien et en bonne maniere, et faisoient le s…

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Académie française, 8e édition (1935)

n. m.

  1. Ce qu’une religion a de plus caché, ce qui n’est connu que des initiés. Toutes les religions ont leurs mystères. Les mystères d’éleusis, de Mithra, d’Isis et d’Osiris. être initié aux mystères. Les anciens punissaient sévèrement ceux qui avaient violé, révélé les mystères.

  2. Il signifie plus particulièrement, dans la religion chrétienne, Vérité de foi contenue dans la révélation et qui, sans contredire la raison, la dépasse. Le mystère de la Trinité, de l’Incarnation. Le mystère du corps et du sang de JÉSUS- CHRIST. Les principaux mystères de la foi.

  3. Par extension, Les saints mystères, Le sacrifice de la messe. Célébrer les saints mystères. Participer aux saints mystères.

  4. MYSTÈRE se dit, figurément et par extension, de Ce qu’il y a de caché, de secret dans les phénomènes de la nature et dans les sentiments de l’homme. étudier, approfondir, pénétrer, révéler les mystères de la nature, les mystères du coeur humain.

  5. Il désigne figurément Ce qu’il y a de caché, de secret dans les affaires humaines. Le plus profond mystère enveloppe toute cette aventure. Il y a un mystère, du mystère là-dessous.

  6. Il se dit aussi de Certains soins, de certaines précautions que l’on prend pour n’être point entendu, pour n’être point observé. Il m’a entretenu, avec beaucoup de mystère, de tous ses chagrins. Ils sont sortis tous deux en grand mystère.

  7. Ironiquement, Pourquoi faire tant de mystère pour nous dire ce que tout le monde sait? Faut-il faire tant de mystère pour si peu de chose? Voilà bien des mystères, bien du mystère. Il n’y a pas grand mystère à cela.

  8. Faire mystère, un mystère d’une chose, La tenir secrète, la cacher avec soin. Il nous a fait mystère de sa naissance, de sa profession, de sa méthode. Il fait mystère des moindres choses. Il n’en fait pas mystère. On dit dans le même sens Mettre du mystère à quelque chose.

  9. Il est tout mystère se dit d’un Homme qui a coutume de faire le mystérieux.

  10. MYSTÈRE est aussi le Nom que l’on donnait, au moyen âge, à certaines pièces de théâtre, d’inspiration religieuse, dont le sujet était tiré de l’écriture ou de la vie des saints. Le mystère de la Passion. Le mystère du siège d’Orléans. La représentation d’un mystère. Le théâtre des mystères.

Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.

Grammaire et formes (2)
  • mystères — pluriel — /mistɛʁə/
  • mystère — singulier — /mistɛʁə/

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée mystère#41490.

Entrée morphologique (v0.1). Données JSON : lemme.