muse
nom, féminin, /myzə/
Définitions
Source d'inspiration d'un artiste, en particulier d'un poète.
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Chacune des divinités grecques qui présidaient aux arts et aux lettres.
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Ensemble des œuvres poétiques et littéraires, considéré comme un domaine artistique ou culturel.
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Témoignages historiques
Frise des témoins : Littré 1873 (6 sens) · 1873 (1 sens) · 1873 (1 sens) · 1873 (1 sens) — Académie 1935 (9 sens)
Littré (1873) — entrée 1
s. f.
Chacune des neuf déesses qui présidaient, suivant les anciens, aux arts libéraux (on met une majuscule). Clio, Muse de l'histoire ; Calliope, Muse de l'éloquence et de la poésie héroïque ; Melpomène, Muse de la tragédie ; Thalie, Muse de la comédie ; Euterpe, Muse de la musique ; Érato, Muse de la poésie amoureuse ; Terpsichore, Muse de la danse ; Polymnie, Muse de la poésie lyrique ; Uranie, Muse de l'astronomie. Dixième Muse, se dit, par flatterie ou par admiration, de toute femme qui cultive la poésie avec succès. Les anciens ont dit que Sapho était une dixième Muse. Les modernes ont appliqué ce nom à diverses femmes. Voltaire a nommé dixième Muse la critique. Fig. Les nourrissons, les favoris, les amants des Muses, les poëtes.
Muse, redis-moi donc quelle ardeur de vengeance De ces hommes sacrés rompit l'intelligence — Boileau (1636-1711)
Le loisir fut certainement le père des Muses, les affaires en sont les ennemis, et l'embarras les tue — Voltaire (1694-1778)
Fig. Les belles-lettres, et, particulièrement, la poésie (dans ce sens et dans tous les suivants on met une minuscule). Cultiver les muses. L'art de la poésie. Enfin Malherbe vint.. . Les muses grecques, latines, françaises, etc. la poésie grecque, latine, etc. En ce sens, on le dit aussi au singulier. La muse latine. La muse française.
Motin, la muse est morte, ou la faveur pour elle ; En vain dessus Parnasse Apollon on appelle ; En vain par le veiller on acquiert du savoir, Si fortune s'en moque.... — Mathurin Régnier (1573-1613)
Et réduisit la muse aux règles du devoir — Boileau (1636-1711)
Absolument. L'inspiration poétique en général.
Il est de ceux à qui la muse accorde aisément ses faveurs
Particulièrement, le génie de chaque poëte, le caractère de sa poésie.
Le mal est qu'en rimant ma muse un peu légère Nomme tout par son nom et ne saurait rien taire — Boileau (1636-1711)
Ce n'est pas quelquefois qu'une muse un peu fine Sur un mot en passant ne joue et ne badine, Et d'un sens détourné n'abuse avec succès — Boileau (1636-1711)
Muse se prend quelquefois pour les poëtes, pour un poëte.
Dans la disette, une muse affamée Ne peut pas, dira-t-on, subsister de fumée — Boileau (1636-1711)
On vit avec horreur une muse effrénée Dormir chez un greffier la grasse matinée — Boileau (1636-1711)
La personne ou le sentiment qui inspire le poëte. L'indignation est sa muse.
La brillante marquise de la Sablière, la femme du monde qui a inspiré le plus de jolis vers, puisqu'elle était à la fois la muse de son mari, celle de la Fare son amant, et de la Fontaine son ami — Mme de Genlis (1746-1830)
Camille, où tu n'es point, moi, je n'ai pas de muse — André Chénier (1762-1794)
Étymologie : Provenç. espagn. et ital. musa ; du lat. musa ; grec, μοῦσα ; dorique, μῶσα ; éol. μοῖσα. Μοῦσα est le participe présent de μάομαι, forme primitive de μαίνω, penser, s'exalter, désirer ; μοῖσα est une forme éolique fréquente aux participes présents.
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).
Littré (1873) — entrée 3
s. f.
Nom donné à quelques figues d'Égypte plus douces que les autres.
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).
Littré (1873) — entrée 2
s. f.
Terme de vénerie. Le commencement du rut des cerfs. La muse dure cinq ou six jours.
Étymologie : Mus, radical de museau (voy. MUSEAU, à l'étym.), comme le prouve ce passage : Ils [les cerfs] entrent dans le fort de leur rut, et ne demeurent en aucune place, ains ne font que cheminer et musser, c'est-à-dire mettre le nez en terre, et sentent par où les biches ont passé, et les poussent et chassent de cette maniere devant eux
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).
Littré (1873) — entrée 4
s. f.
Ancienne locution, inusitée aujourd'hui. Donner la muse à quelqu'un, tromper, amuser quelqu'un de belles promesses.
Étymologie : Voy. MUSER.
Historique : XVIe s. Prince qui sçavoit par belles promesses donner la muse à ses ennemis, et rompre tout d'une suite et leurs choleres et leurs desseins
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).
Académie française, 8e édition (1935)
n. f.
Chacune des neuf déesses qui, suivant les anciens, présidaient aux arts libéraux. Les neuf Muses. Le séjour des Muses. Invoquer les Muses. être inspiré par les Muses. être favorisé des Muses. La Muse de l’histoire, de l’épopée, de la tragédie, de la comédie, de la poésie champêtre, de la danse, etc.
Fig., Les nourrissons, les favoris, les amants des Muses, Les poètes.
MUSES, au pluriel, désigne aussi, figurément, les Belles-Lettres, et principalement la Poésie. Cultiver les muses.
Fig., Les muses grecques, les muses latines, les muses françaises, etc., La poésie grecque, latine, française, etc. Dans ce sens, Muse se dit quelquefois au singulier. La muse latine. La muse française.
Il désigne aussi un Genre particulier de poésie. La muse tragique.
Il se dit encore, figurément, du Génie de chaque poète, du caractère de sa poésie. La muse de Corneille était héroïque, celle de Racine tendre et passionnée. Une muse enjouée, badine, sévère.
Il se dit aussi absolument, dans certaines phrases figurées, en parlant de l’Inspiration poétique. Il a été visité par la muse.
Il se dit aussi de la Personne ou du sentiment qui inspire un poète. Cette femme est sa muse. La muse de la mélancolie.
Dans toutes ces acceptions figurées, il est vieux.
Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.
Grammaire et formes (2)
- muses — pluriel — /myzə/
- muse — singulier — /myzə/
Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée muse#41316.