s. m.
Bruit léger des eaux, des vents, etc.
À peine parlions-nous qu'un murmure confus, Sortant du fond de l'antre, expliquait leur refus — Pierre Corneille (1606-1684)
Une fontaine y faisait un doux murmure — Fénelon (1651-1715)
Bruissement que font entendre certains animaux. Nom donné quelquefois au colibri.
Les oiseaux par leur chant, le taureau par son mugissement, le cheval par son hennissement, l'ours par son gros murmure..., annoncent tous un même désir — Buffon (1707-1788)
Terme de médecine. Murmure respiratoire, bruit léger qu'on entend lorsqu'on applique l'oreille sur la poitrine, le poumon et les plèvres étant sains.
Bruit confus de plusieurs personnes qui parlent et s'agitent en même temps. Murmure d'approbation, d'improbation.
Quand la Champmeslé arrive, on entend un murmure ; tout le monde est ravi — Mme de Sévigné (1626-1696)
Nous l'avons vu, frappé de ces murmures importuns qui interrompent les oraisons des fidèles, et troublent dans la maison de Dieu le vénérable silence des saints mystères, se lever avec indignation.... — Fléchier (1632-1710)
Le bruit et les plaintes que font des personnes mécontentes. Apaiser les murmures du peuple. Plainte sourde d'une seule personne. Sa disgrâce ne lui arracha aucun murmure.
Ils [les chrétiens] souffrent sans murmure et meurent avec joie — Pierre Corneille (1606-1684)
Cette femme [Mme de Boulay] est si peu digne des faveurs qu'elle reçoit, que c'est un murmure — Mme de Sévigné (1626-1696)
Fig. Le murmure du cœur, le murmure des passions, etc. le mouvement secret des passions contraintes ou contrariées. On dit de même : les murmures du sang, les murmures de la vanité.
J'en ressens dans mon âme un murmure secret — Pierre Corneille (1606-1684)
Du sang qui se révolte est-ce quelque murmure ? — Jean Racine (1639-1699)
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).