mule

mule

nom, féminin, /mylə/

Témoignages historiques

Frise des témoins : Littré 1873 (3 sens) · 1873 (1 sens) — Académie 1935 (1 sens)

Littré (1873) — entrée 1

s. f.

  1. Sorte de pantoufle pour les hommes, et de chaussure sans quartier pour les femmes.

    Ses mules d'un côté, de l'autre son toquet — Mathurin Régnier (1573-1613)

    Elle avait perdu une de ses mules de chambre — Mme de Sévigné (1626-1696)

  2. Espèce de chaussure de dessus que l'on mettait pour se garantir de la crotte. C'est à peu près ce que l'on appelle aujourd'hui galoche.

  3. Il ne se dit plus guère que de la pantoufle du pape, sur laquelle il y a une croix. Baiser la mule du pape. En province, il se dit encore pour pantoufle. Cherchez-moi mes mules.

    Parlons du pape ; en voilà donc un ; si j'avais été à Paris, j'aurais été lui baiser la mule dans la chambre de l'abbé Bigorre : il y est peint en perfection — Mme de Sévigné (1626-1696)

Étymologie : Wallon, mole ; espagn. mulillu ; ital. mula ; anc. flam. muyle ; du lat. mulleus calceus, ou, simplement, mulleus, sorte de brodequins, ainsi dits, à cause de leur couleur, de mullus, rouget, poisson qui est rouge. D'après Festus, d'autres pensaient que mulleus venait de mullare, coudre ; mais la forme adjective de mulleus indique bien plutôt mullus.

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Littré (1873) — entrée 2

s. f.

  1. Produit femelle de l'accouplement de l'âne et de la jument, ou du cheval et de l'ânesse. Il n'a ni cheval ni mule, se dit d'un homme qui n'a pas d'équipage. Il est quinteux comme la mule du pape, qui ne boit et ne mange qu'à ses heures. Être fantasque, être têtu comme une mule, avoir des caprices, de l'obstination. Fig. Ferrer la mule, voy. FERRER. À vieille mule, frein doré, se dit d'une vieille femme qui aime à se parer, ou de tout ce qu'on pare afin de le mieux vendre.

    Il est plus difficile à ferrer qu'une mule — Thomas Corneille (1625-1709)

    La mule produit quelquefois, surtout dans les pays chauds — Buffon (1707-1788)

Étymologie : Provenç. espagn. et ital. mula ; du lat. mula.

Historique : XIe s. Diz blanches mules fist amener Marsile XIIe s. Prenez ma gent od vus, si faites Salomun mun fiz munter sur ma mule, et sil menez en Gyon XIIIe s. Il fu très bien montés sur une mule noire XVIe s. De bonne mule, mauvaise beste Petit mulet et grande mule Je ne boy que à mes heures, comme la mule du pape À vieille mule frein doré ; Riche habit fait fol honorer Elle ne faisoit grand cas du dit prince, et plusieurs fois luy a fait tenir la mule, cela s'entend qu'il entroit ordinairement dans la chambre de la reyne, et le dit prince demeuroit en l'antichambre, et non sans estre brocardé d'ell…

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Académie française, 8e édition (1935)

n. f.

  1. Nom d’une sorte de pantoufles de maison, sans quartier, pour hommes et surtout pour femmes. Une paires de mules. Des mules brodées. Il désigne particulièrement la Pantoufle du pape, sur laquelle est brodée une croix. Baiser la mule du pape.

Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.

Grammaire et formes (2)
  • mules — pluriel — /mylə/
  • mule — singulier — /mylə/

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée mule#41185.

Entrée morphologique (v0.1). Données JSON : lemme.