muet
adjectif, /myɛ/
Définitions
Qui est privé de la capacité de parler.
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Qui reste silencieux, incapable ou refusant de s'exprimer sous le coup d'une émotion.
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Qui ne se prononce pas, en parlant d'une lettre.
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Qui ne comporte pas de paroles, en parlant d'un art ou d'une scène.
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Témoignages historiques
Frise des témoins : Littré 1873 (12 sens) — Académie 1935 (12 sens)
Littré (1873)
adj.
Privé de l'usage de la parole. Sourd et muet de naissance. Il est muet comme un poisson. Familièrement. N'être pas muet, parler hardiment, ou parler beaucoup. Fig. Carte muette, carte géographique où il n'y a rien d'écrit. Personnages muets, se dit des figures qui, dans des dessins, des cartes à jouer, etc. ne portent pas d'inscription.
On lui présenta un homme muet possédé du démon ; le démon ayant été chassé, le muet parla — Lemaistre de Sacy (1613-1684)
Qu'est-ce que notre être ! dites-le-nous, Ô mort ; car les hommes trop superbes ne m'en croiraient pas ; mais, ô mort, vous êtes muette, et vous ne parlez qu'aux yeux — Bossuet (1627-1704)
Que des causes morales ou autres empêchent momentanément de parler. On dit dans le même sens : bouche muette. Demeurer muet, n'avoir rien à répondre. Muet à, qui garde le silence en voyant ou entendant... Terme de vénerie. Chien muet, chien qui guette et suit la bête sans aboyer.
Je demeure à vos yeux muet d'étonnement — Pierre Corneille (1606-1684)
Ils furent quelque temps saisis, muets, immobiles — Fléchier (1632-1710)
Fig. Il se dit des choses morales que l'on compare à un être humain qui se tait.
Mon honneur est muet, mon devoir impuissant ! — Pierre Corneille (1606-1684)
La nature est aveugle et la vertu muette — Pierre Corneille (1606-1684)
Il se dit semblablement des choses inanimées.
....n'osant vous écrire la présente, ainsi mal polie et rude comme elle est ; mais, à la fin, j'ai pensé que ce n'est pas ce que vous attendez de moi, qui fais profession de choses muettes — Nicolas Poussin (1594-1665)
Il me rend tout à vous par ce muet refus — Pierre Corneille (1606-1684)
Se dit des choses qui ne font pas le bruit qui leur est ordinaire. Fontaines muettes, fontaines qui n'ont pas d'eau. Armes muettes, armes incapables de faire feu. Vin muet, moût préparé de manière à ne pas fermenter.
Le comte de Vaux, qui avait su mon arrivée, et qui me donna un très bon souper ; et toutes les fontaines muettes, et sans une goutte d'eau, parce qu'on les raccommodait, ce petit mécompte me fit rire — Mme de Sévigné (1626-1696)
On voit, d'un côté, quatre-vingt-mille hommes... ; de l'autre côté, cinq mille soldats, une colonne traînante, morcelée, une marche incertaine, languissante, des armes incomplètes, sales, la plupart muettes et chancelantes dans des mains affaiblies — Philippe-Paul de Ségur (1780-1873)
Au théâtre, jeu muet, la partie du jeu d'un acteur, par laquelle il exprime, sans parler, les sentiments dont il doit paraître affecté, ou par laquelle il feint certaines choses. Scène muette, action d'un ou plusieurs personnages qui, sans parler, expriment leurs sentiments par les gestes, par les regards, ou feignent certaines actions. Par extension. Personnages muets, personnages qui dans une pièce ne disent rien, et ne sont là que pour figurer ; tels sont les gardes dans une tragédie. Fig. Un muet langage, manière de se faire comprendre d'une manière expressive, mais sans parler. Le muet langage des yeux.
De sorte qu'il se passa alors entre nous deux une petite scène muette qui fut la plus plaisante chose du monde — Marivaux (1688-1763)
Ce qui le fâchait, c'est que je ne lui donnais aucun rôle à jouer dans cette comédie ; il s'en plaignit à moi, et me demanda s'il n'y ferait qu'un personnage muet — Lesage (1668-1747)
Terme de grammaire. Lettre muette, toute lettre qui ne se prononce pas. La lettre p est muette dans compter, dompter. H muette, celle qui n'est point aspirée, comme dans le mot honneur. E muet, l'e féminin, tel qu'il se prononce dans les mots boire, flamme, etc. ; on donne aussi le nom d'e muet à l'e sans accent qui se prononce eu dans les monosyllabes je, me, que. S. f. Une muette, une lettre muette. Terme de grammaire grecque, les muettes, nom donné à neuf consonnes (β, γ, δ, π, ϰ, τ, φ, χ, θ), qui ne peuvent être articulées sans voyelle ; aujourd'hui, dans la grammaire comparée, ces lettres se nomment plutôt explosives.
Semaine muette, la semaine sainte, ainsi dite parce qu'on ne sonne pas les cloches.
S. m. et f. Un muet, une muette. L'institution des sourds et muets. Par antiphrase. Une muette des halles, une harengère, une femme qui n'épargne pas les injures.
Les poissons.... forment un peuple de muets chez qui le langage des signes est peu abondant — Charles Bonnet (1720-1793)
Les femmes de la halle, qui sont les muettes de Paris, mais qui ne laissent pas de babiller plus que le reste du monde — Gui Patin (1601-1672)
Au plur. Muets, gens attachés au service des sultans, et qui, sans être privés de l'usage de la parole, ne s'expriment jamais que par signes. Le sultan lui envoya les muets, qui l'étranglèrent.
Cette foule de chefs, d'esclaves, de muets, Peuple que dans ses murs renferme ce palais — Jean Racine (1639-1699)
Que la main des muets s'arme pour son supplice — Jean Racine (1639-1699)
Le muet, espèce de serpent à sonnettes.
À la muette, loc. adv. Sans faire de bruit.
Celui-ci [l'épeiche] arrive toujours à la muette, c'est-à-dire, sans faire du bruit, et jamais d'un seul vol — Buffon (1707-1788)
Étymologie : Diminutif de l'anc. franç. mu (voy. MUE 2) ; wallon, mouwai ; namur. moia ; Hainaut, muau ; ces formes sont parallèles à l'anc. français muel, muiaux, autre diminutif de mu, qui, à beaucoup près, était le plus usité.
Historique : XIIe s. Tant puet [peut] et tant set et tant vaut Mes sire Kex en totes corz [cours], Qu'il n'i est ja muez ne sorz XIIIe s. Mais l'en ne puet muet servir, Qui pert sovent par soi trop taire Quant li bourgois oïrent çou, si furent tout esbahi, et li rois les regarda, si les vit tous mues XVe s. Aveugle fault estre, muet et sourt ; Trop de perilz sont à suir [suivre] la court XVIe s. Et n'est si grand douleur, qu'une douleur muette Ne monstre que tu sois trop ennemi du vice, Et sois souvent encor muet, aveugle et sourd Muet comme un francolin pris Ô supplice muet [taire son amour], que ta force…
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).
Académie française, 8e édition (1935)
adj.
Qui est privé de l’usage de la parole, naturellement ou par accident. Il est sourd et muet. Il est sourd-muet. Substantivement, Un muet, une muette. On dit de même Un sourd-muet, une sourde-muette.
Fam., N’être pas muet, se dit d’une Personne qui parle hardiment ou qui parle beaucoup. Je vous assure qu’il n’est pas muet.
MUET se dit également des Personnes que la peur, la honte, l’étonnement, ou d’autres causes morales, empêchent momentanément de parler. Fig., Il est muet comme un poisson. Il demeura muet d’étonnement. Il fut si honteux qu’il resta muet. La frayeur le rendit muet. Substantivement, Il fait le muet. On dit de même Sa bouche resta muette.
MUET signifie, figurément, Qui se tait. Les grandes joies, les grandes douleurs sont muettes. Sa douleur était muette. Les lois sont muettes sur ce point.
Il se dit encore de la Sorte d’expression qu’ont certains objets ou certaines attitudes. La peinture est un langage muet. Ses regards étaient de muets interprètes de son amour.
En termes de Théâtre, Jeu muet, la Partie du jeu d’un acteur par laquelle il exprime, sans parler, les sentiments dont il doit paraître affecté. Scène muette, Action d’un ou de plusieurs personnages qui ne parlent pas, mais qui expriment leurs sentiments par le geste, le maintien, l’air du visage, etc. Personnage muet, Celui qui n’a rien à dire dans une pièce. Rôle muet, Rôle d’un personnage muet.
En termes de Géographie, Carte muette, Carte géographique sur laquelle aucun nom; n’est inscrit.
En termes de Grammaire, il se dit d’une Voyelle ou d’une consonne qui ne se prononce pas, bien que figurant dans un mot. E muet, H muette.
MUETS, au pluriel, se disait particulièrement des Serviteurs du sultan, dont les uns étaient muets et les autres ne devaient jamais parler. Les muets du Sérail. Le sultan lui envoya les muets, qui l’étranglèrent.
à LA MUETTE
loc. adv.
Sans parler, sans faire de bruit.
Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.
Grammaire et formes (4)
- muettes — pluriel féminin — /myɛtə/
- muets — pluriel masculin — /myɛ/
- muette — singulier féminin — /myɛtə/
- muet — singulier masculin — /myɛ/
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