mué · mue

mué

adjectif, /mye/

Témoignages historiques

Frise des témoins : Littré 1873 (2 sens)

Littré (1873)

part. passé

  1. Changé.

    Alors que les couleurs de l'aurore, muées du rose au pourpre, commençaient à être traversées de rayons d'un feu pur — Chateaubriand (1768-1848)

  2. Oiseau mué, oiseau qui a mué. Voix muée, voix qui a subi la mue.

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Grammaire et formes (4)
  • muées — pluriel féminin — /mye/
  • mués — pluriel masculin — /mye/
  • muée — singulier féminin — /mye/
  • mué — singulier masculin — /mye/

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée mué#41418.

mue

adjectif

Témoignages historiques

Frise des témoins : Littré 1873 (1 sens)

Littré (1873) — entrée 2

adj. f.

  1. Employé seulement dans cette locution : rage mue, rage muette, sans aboiement. Fig. On a dit figurément aussi : folie mue.

    M. le duc d'Orléans fut fâché à sa manière, et n'eut pas grand'peine à ne rien montrer ; ducs et princes étrangers, enragés, mais de rage mue — Saint-Simon (1675-1755)

    Parlons de cette sagesse [d'un M. de la Garde], qui me paraît une folie mue, comme une rage mue ; c'est un fond de rage muette : un chien ne paraît point enragé, il semble qu'il soit sage, et cependant il est profondément dévoré de cette rage — Mme de Sévigné (1626-1696)

Étymologie : Berry, mut ; provenç. mut ; catal. mud ; espagn. mudo ; ital. muto ; du lat. mutus ; sanscr. Muka ( u long), muet, du radical mu lier (la langue).

Historique : XIIIe s. Mu le fera tenir et coi XVe s. Amours luy avoit si close l'issue de sa responce, qu'elle demoura là endroit ainsi comme mue XVIe s. Plus raison a que vous la beste mue, Si vostre sens autrement ne se mue

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Grammaire et formes (2)
  • mues — pluriel féminin
  • mue — singulier féminin

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée mue#148409.

mue

nom, féminin, /my/

Définitions

  1. Changement périodique du revêtement externe, comme la peau, les poils ou les plumes, chez un animal.

    Définition Francorium (CC BY-SA 4.0) — validation automatisée · méthode.

  2. Changement de la voix chez l'adolescent au moment de la puberté.

    Définition Francorium (CC BY-SA 4.0) — validation automatisée · méthode.

  3. Dépouille laissée par un animal qui a mué.

    Définition Francorium (CC BY-SA 4.0) — validation automatisée · méthode.

Témoignages historiques

Frise des témoins : Littré 1873 (9 sens) — Académie 1935 (7 sens)

Littré (1873) — entrée 1

s. f.

  1. Opération par laquelle un animal se dépouille de son épiderme ou des appendices de la surface de son corps, plumes, poils, cornes, etc. pour reparaître ensuite avec des parties analogues. La desquamation continuelle que l'épiderme et l'épithélium éprouvent chez l'homme est une véritable mue insensible. La mue du cerf, du serpent.

    La mue est un état maladif commun à tous les oiseaux — Mme de Genlis (1746-1830)

  2. Le temps où ces changements se font. La mue est passée. Autour de trois mues, autour qui a trois ans.

  3. Changement de peau du ver à soie ; il y en a quatre. L'espace qui s'étend d'une mue à l'autre se nomme âge.

  4. Dépouille d'un animal qui a mué. Mue du cerf, le bois que le cerf a mis bas. Mue du serpent, la peau que le serpent a laissée.

  5. Grande cage où l'on met un oiseau quand il mue. Une mue de faucon.

    Comme poussins ou comme oisons hors de la mue — Mathurin Régnier (1573-1613)

  6. Endroit obscur et serré où l'on enferme les oiseaux, soit pour les faire chanter dans la saison où ils se taisent ordinairement, soit pour les engraisser. Par extension, la Fontaine l'a dit d'un hibou qui coupait les pattes des souris pour les garder.

    Nous sommes dans ce monde sous la direction d'une puissance aussi invisible que forte, à peu près comme des poulets qu'on a mis en mue pour un certain temps pour les mettre à la broche ensuite — Voltaire (1694-1778)

    Puisque un cartésien s'obstine à traiter ce hibou de montre, de machine, Quel ressort lui pouvait donner Le conseil de tronquer un peuple mis en mue ? — La Fontaine (1621-1695)

  7. Sorte de cloche à claire-voie sous laquelle on retient en plein air une poule qui a de petits poulets. Fig. Se tenir en mue, se tenir chez soi.

    C'est donc cela que tu te tiens en mue, Fais le malade, et te plains tous les jours, Te réservant sans doute à tes amours ? — La Fontaine (1621-1695)

  8. Changement qui s'opère dans la voix des individus des deux sexes, à l'époque où ils passent de l'enfance à la puberté.

  9. Terme de vénerie. Mettre les chiens à la mue, cesser de les faire chasser.

Étymologie : Voy. MUER ; wallon, mowe ; namur. muwe ; provenç. espagn. et ital. muda.

Historique : XIIe s. Muer puet en ceste mue Ma plume tote ma vie XIIIe s. Amis, vous m'avez perdue ; Li jalous m'a mis en mue [prison] Moult lonc tens fu renart en mue, Ne va, ne vient, ne se remue XVe s. Deux esperviers de tierce mue Neige et gresil sont en terre bouté ; On oit chanter chascun parmi la rue ; Arme toy lors ; tien toi l'iver en mue XVIe s. La premiere maladie, mue, dormille, despouillement (diversement appellée) avient au huitiesme ou dixieme jour de la naissance des vers à soie

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Académie française, 8e édition (1935)

n. f.

  1. Changement de poil, de plumes, de peau, de cornes, etc., qui arrive aux animaux, ou tous les ans, ou à certaines époques de leur vie. La mue du cerf, du serpent, des oiseaux, des vers à soie. Cet oiseau est à la première, à la seconde, à la troisième mue.

  2. Il se dit aussi de l’époque où ces changements se font. La mue arrive. Voici la mue. La mue est passée.

  3. Autour de trois mues, Autour qui a mué trois fois, qui a trois ans.

  4. MUE désigne, par extension, la Dépouille d’un animal qui a mué. Ainsi on appelle Mue du cerf le Bois que le cerf a mis bas; et Mue du serpent la Peau que le serpent a laissée.

  5. MUE se dit encore, surtout en Fauconnerie, d’une Sorte de grande cage où l’on met un oiseau quand il mue. Une mue de faucon. Il ne faut pas laisser voler ces oiseaux, il faut les tenir dans la mue.

  6. Il désigne aussi par extension un Lieu étroit et obscur, une cage où l’on tient la volaille pour l’engraisser. Mettre des chapons en mue.

  7. MUE se dit aussi, par analogie, du Changement qui se produit dans la voix humaine à l’époque de la puberté.

Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.

Grammaire et formes (2)
  • mues — pluriel — /my/
  • mue — singulier — /my/

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée mue#41159.

Entrée morphologique (v0.1). Données JSON : lemme.