mousse · moussé

mousse

adjectif, /musə/

Témoignages historiques

Frise des témoins : Littré 1873 (2 sens) — Académie 1935 (1 sens)

Littré (1873) — entrée 1

adj.

  1. Qui n'est pas aigu ou tranchant. Certains ciseaux sont faits exprès avec une branche pointue et l'autre mousse. Terme rural. Chèvre mousse, celle qui n'a point de cornes.

    L'on peut connaître l'âge du chien par les dents, qui dans la jeunesse sont blanches, tranchantes et pointues, et qui, à mesure qu'il vieillit, deviennent noires, mousses et inégales — Buffon (1707-1788)

    La cime de la montagne est une pointe mousse, coupée en pic du côté de la vallée de Chamouni — Horace-Bénédict de Saussure (1740-1799)

  2. Fig. Qui n'a pas de finesse.

    Quoique ma pénétration, naturellement très mousse, mais aiguisée à force de s'exercer dans les ténèbres, me fasse deviner assez juste des multitudes de choses — Jean-Jacques Rousseau (1712-1778)

Étymologie : Berry, mosse ; provenç. mos ; ital. mozzo ; du germanique : rhétique, mutt, mutsch, émoussé ; moy. Haut all. mutzen, mutiler ; holl. mots, émoussé. Le radical germanique paraît être le même que dans le latin mut-ilus, mutilé.

Historique : XVIe s. Chascun de vous en son affaire à part Est advisé et fin comme un renard ; Et tous ensemble estes grossiers et mousses D'entendement Yeux pleurans, moites ou mousses Les playes faites de choses lourdes, pesantes, obtuses ou mouces sont dites contusions J'ay l'esprit tardif et mousse Mes mœurs sont mousses et plustost fades que aspres

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Académie française, 8e édition (1935)

adj. des deux genres

  1. Dont la pointe ou le tranchant est usé, en parlant de Certains instruments de fer ou d’acier. Pointe mousse. Il vieillit.

Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.

Grammaire et formes (2)
  • mousses — pluriel — /musə/
  • mousse — singulier — /musə/

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée mousse#41065.

moussé

adjectif

Entrée attestée par un témoin historique — absente de la nomenclature contemporaine (Morphalou).

Témoignages historiques

Frise des témoins : Littré 1873 (1 sens)

Littré (1873)

part. passé

  1. Qu'on fait mousser.

    La terre s'entr'ouvrait toutes les nuits pour vomir des ruisseaux bouillants de chocolat moussé — Fénelon (1651-1715)

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Source de l'entrée : Dictionnaire de la langue française (Littré), 1863-1873, licence CC-BY-SA-3.0 — entrée MOUSSÉ, ÉE.

mousse

nom, /musə/

Témoignages historiques

Frise des témoins : Littré 1873 (8 sens) · 1873 (2 sens)

Littré (1873) — entrée 3

s. f.

  1. Nom des plantes cryptogames cellulaires, à fructification apparente et à tiges distinctes, à folioles vertes ou autrement colorées, disposées régulièrement sur la tige, et offrant un rhizome d'où partent des radicules cellulaires. Un lit de mousse, la mousse prête à recevoir ceux qui veulent s'étendre dessus.

    On les eût vus sur la mousse, Lui, sa femme et maint petit ; Ils n'avaient tapis ni housse, Mais tous fort bon appétit — La Fontaine (1621-1695)

    Un rossignol sait faire son nid, et le construit quand il a trouvé de la mousse — Voltaire (1694-1778)

  2. Mousse de Corse, nom donné à un mélange d'ulves, de coralline, de diverses conferves et d'un grand nombre de fucus ; elle est anthelminthique. La véritable mousse de Corse est la gigartine helminthocorton (floridées), appelée aussi coralline de Corse. Mousse d'lslande, nom vulgaire du lichen d'Islande. Mousse du Nord, le lichen des rennes.

  3. Mousse verte, mousse qui, pendant l'hiver et dans les temps humides, couvre les troncs d'arbre et les murs exposés au nord. Mousse aquatique, substance verte qui couvre les eaux croupissantes. Mousse, l'espèce de moisissure qui vient sur la tête des vieilles carpes, où il s'amasse parfois assez de limon pour que des plantes de la famille des conferves s'y développent.

    La petite mousse produite par la moisissure est peut-être la seule plante microscopique dont on ait parlé — Buffon (1707-1788)

  4. Mousse terrestre, nom vulgaire du lycopode.

  5. Écume qui se forme sur l'eau et sur quelques liqueurs quand on les bat ou qu'on les verse de haut. La mousse du vin de champagne. Fig. Esprit pétillant.

    On vous sert un pot de bière en bel étain, la mousse aux bords — Beaumarchais (1732-1799)

    Lorsque la liqueur est visqueuse, comme la bière, les bulles d'air, ne pouvant crever leurs enveloppes, emportent, en s'élevant, la liqueur en forme de mousse — Mathurin-Jacques Brisson (1723-1806)

  6. Chez les pâtissiers, espèce de crème fouettée dans laquelle on mêle du chocolat, de la vanille, etc. Fig.

    On n'oublia rien pour réaliser les soupçons [de jansénisme] sur le curé, mais on ne trouva que de la mousse qui ne put prendre — Saint-Simon (1675-1755)

  7. Mousse pierreuse, espèce de polypier.

  8. Mousse en haie, la fauvette babillarde. Pierre qui roule n'amasse pas de mousse, c'est-à-dire il ne faut pas changer constamment, il faut se fixer, si l'on veut profiter.

Étymologie : Wallon, mosai ; nam. mosè, mosia ; provenç. mossa ; esp. musco, musgo ; port. musgo ; ital. musco, muschio ; du lat. muscus. L'italien et l'espagnol viennent du latin muscus. Le wallon vient d'un diminutif muscellus. Restent le français et le provençal, qui se rattachent plus directement à l'ancien haut-allemand mos, mousse. Mais là sans doute il y a eu confusion entre le radical germanique et le radical latin. On pourrait être tenté de séparer mousse, plante, de mousse, écume, et tirer celui-ci de l'allemand Mos ; mais Mos signifie seulement la plante et non l'écume ; on peut donc penser que

Historique : XIIIe s. Et la mesenge a empoignié Plain son poing de mouse et de foille XVIe s. Les gens de guerre estoient contraints de prendre de la mousse et de l'algue qui croist en la mer Voyez ici frere Jan des Entommeures ; la mousse luy est creue on gousier par faulte de remuer et exercer les badigouinces et mandibules

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Littré (1873) — entrée 2

s. m.

  1. Jeune garçon qui fait son apprentissage du métier de la mer ; il est en même temps marin et domestique. Mousse de proue. Mousse de poupe. S'emploie comme injure, en parlant d'un marin d'un âge plus fait dont on veut dénigrer la capacité.

    Il [Ruyter] avait commencé par être valet et mousse de vaisseau ; il n'en fut que plus respectable — Voltaire (1694-1778)

  2. Employé du bagne, qui fouille les forçats à leur entrée et à leur sortie.

Étymologie : Esp. mozo ; ital. mozzo, jeune garçon ; du lat. mustus, jeune, frais.

Historique : XVIe s. Pantagruel demandoit cependant à ung mousse de leur esquif....

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Grammaire et formes (2)
  • mousses — pluriel — /musə/
  • mousse — singulier — /musə/

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée mousse#41064.

Entrée morphologique (v0.1). Données JSON : lemme.