mourir
nom
Grammaire et formes (1)
- mourir — forme de base
Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée mourir#171862.
nom
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verbe, /muʁiʁ/
Cesser de vivre, perdre définitivement ses fonctions vitales.
Définition Francorium (CC BY-SA 4.0) — validation automatisée · méthode.
Disparaître progressivement, cesser d'exister ou de se manifester.
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Éprouver une sensation ou un sentiment avec une intensité extrême, au point de donner l'impression d'une perte de contrôle ou d'une absorption totale.
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Voir aussi : donne se mourir
Frise des témoins : Littré 1873 (23 sens) — Académie 1935 (34 sens)
v. n.
Cesser de vivre. Mourir de vieillesse, de maladie, de mort violente. Son cheval vient de mourir. Il est mort de faim. Mourir roi, prince, etc. mourir avec la dignité de roi, de prince, etc. Il se dit dans un sens analogue avec un adjectif. Il est mort repentant. Mourir dans une croyance, y persister jusqu'à la fin de sa vie. En un sens analogue, mourir dans son péché, ne pas se corriger. Il mourra en sa peau, ou en sa peau mourra le renard, c'est-à-dire on ne se corrige point. On dit de même : il mourra dans la peau d'un insolent. Mourir dans son lit, voy. LIT, n° 1. Mourir au champ d'honneur, au lit d'honneur, être tué à la guerre, en faisant son devoir, voy. HONNEUR, n° 1. Familièrement. Mourir de sa belle mort, mourir de sa mort naturelle. Ironiquement. Mourir dans les formes, mourir traité en règle par la médecine. Mourir martyr, mourir en souffrant de grandes douleurs. Bien mourir, mourir chrétiennement, dans des sentiments de pénitence et de foi. On dit dans un sens analogue, mais familièrement : mourir décemment. Populairement. Mourir comme un chien, mourir sans vouloir témoigner le moindre repentir de ses fautes. Mourir tout en vie, mourir d'une maladie vive et prompte, être emporté dans la pleine vigueur du corps et de l'esprit. Mourir tout entier, ne laisser aucun renom après sa mort. Mourir à la peine, mourir sans avoir aucun relâche d'occupations pénibles, sans prendre une retraite. Fig. Mourir à la peine, ne vouloir point démordre de ce qu'on a entrepris. Je viendrai à bout de mon dessein, ou je mourrai à la peine. Il ne mourra que de ma main, se dit par menace contre quelqu'un. Fig. Mourir d'une belle épée, succomber sous un ennemi à qui il est glorieux de céder, mourir honorablement. Fig. Mourir sur le coffre, mourir au service d'un roi, d'un grand ; locution prise des coffres sur lesquels on avait autrefois coutume dans les grandes maisons de coucher les domestiques.
Quiconque sait mourir, sait bien aussi se taire — Pierre Du Ryer (1605-1658)
Ma fille, il est toujours assez tôt de mourir — Pierre Corneille (1606-1684)
Impersonnellement. Il meurt, année moyenne, tant de personnes à Paris. Il est mort beaucoup de monde du choléra.
Les mois dans lesquels il meurt le plus de monde sont mars, avril et mai, et ceux pendant lesquels il en meurt le moins sont août, juillet et septembre — Buffon (1707-1788)
Il est mort, a quelquefois la force du futur il mourra. ar forme de serment, je veux mourir, que je meure à l'instant, ou je meure, sans que, si ce que je vous dis n'est pas vrai. On dit aussi : Que je ne meure.
Si ma fille une fois met le pied dans l'Aulide, Elle est morte : Calchas, qui l'attend en ces lieux, Fera taire nos pleurs.... — Jean Racine (1639-1699)
Je meure, mon enfant, si tu n'es admirable — Pierre Corneille (1606-1684)
Faire mourir quelqu'un, le mettre à mort. Faire mourir, causer la mort. Le chagrin l'a fait mourir. Par exagération, faire mourir, mettre dans un état très voisin de la mort. Vous me faites mourir, vous m'affligez beaucoup, ou bien, vous m'impatientez beaucoup. Faire mourir quelqu'un à petit feu, lui causer des peines continuelles qui le rongent.
Ce tyran [Néron] fait mourir saint Pierre — Bossuet (1627-1704)
Quelques esclaves qu'on avait fait mourir pour honorer ses funérailles — Fénelon (1651-1715)
Se laisser mourir, ne rien faire pour soutenir sa vie.
Elle prit une poignée de terre qu'elle répandit en croix sur le corps de son fils qu'elle avait étendu à ses pieds ; son mari comprit le signe et se laissa mourir de faim — Diderot (1713-1784)
Éprouver une mortelle affliction. Familièrement. Pour mourir, c'est-à-dire au point d'éprouver un très vif sentiment déterminé par le sens de la phrase, ou bien une peine, une fatigue. À mourir, au point de souffrir beaucoup.
Je mourrai plus que vous du coup qui vous tuera — Rotrou (1609-1650)
Je meurs si je vous perds ; mais je meurs si j'attends — Jean Racine (1639-1699)
Mourir sur, se fatiguer excessivement sur.
Ô chétifs, qui, mourant sur un livre, Pensez, seconds phénix, en vos cendres revivre — RÉGN.
Par exagération, supporter les dernières extrémités.
Je pensais qu'il fallait mourir plutôt que d'en ouvrir la bouche ; mais, voyant mon fils si sincère, je le suis aussi — Mme de Sévigné (1626-1696)
Mourir se dit, par exagération, de quelque sensation, de quelque passion ou sentiment qui s'empare de nous. Mourir de chaud, de froid. Mourir de faim, de soif. Corneille a dit mourir, absolument, pour mourir d'envie. Mourir de rire, se livrer à un rire excessif. Mourir de, avec un verbe à l'infinitif, éprouver un mortel ennui à. Mourir de faim, n'avoir pas les moyens d'exister. Substantivement. Un meurt-de-faim, un homme qui n'a pas ou qui ne gagne pas de quoi vivre. Des meurt-de-faim.
Laissons-le discourir, Dire cent et cent fois : il en faudrait mourir ! — Mathurin Régnier (1573-1613)
Tous ceux qui les voient meurent d'envie de les trouver belles — Molière (1622-1673)
Fig. Mourir, être passionnément amoureux.
Je meurs pour Isabelle — Jean Racine (1639-1699)
Être mort civilement, se dit des religieux et des religieuses, qui, en cette qualité, renoncent pour toujours à certains droits, à certains avantages de la société. En termes de jurisprudence, être mort civilement, être privé à jamais, par un jugement, des droits et des avantages de la société.
Dans le langage de la dévotion, avoir fait le complet sacrifice de tout ce qui est nature dans l'homme. Être mort tout vif, être en état de péché mortel.
Un chrétien toujours attentif à combattre ses passions meurt tous les jours avec l'apôtre ; un chrétien n'est jamais vivant sur la terre.... — Bossuet (1627-1704)
La veuve qui passe sa vie dans les plaisirs est morte toute vive — Bossuet (1627-1704)
Mourir à, renoncer pour jamais à. Être mort pour quelqu'un, ne pouvoir plus lui être d'aucune utilité, ne conserver aucune relation avec lui. Dans un sens analogue, être mort pour quelque chose, ne pouvoir plus y être sensible, en être privé pour toujours.
Comme Jésus-Christ a souffert durant la vie mortelle, est mort à cette vie mortelle... — Pascal (1623-1662)
L'âme souffre et meurt au péché dans la pénitence et le baptême — Pascal (1623-1662)
Mourir, en parlant des arbres, des plantes. Ce pêcher est mort d'un coup de soleil.
Fig. Cesser d'exister, en parlant des institutions, des établissements, des États. Ne pas mourir, continuer à exister comme corps, en parlant des compagnies, des communautés. Les communautés ne meurent point. En France, le roi ne meurt pas, un roi de France qui meurt a immédiatement pour successeur son héritier présomptif.
Le sort des empires est entre les mains de Dieu ; ils meurent en leur temps comme le reste des choses humaines — Bossuet (1627-1704)
Si les hommes apprennent à se modérer en voyant mourir les rois, combien plus seront-ils frappés en voyant mourir les royaumes mêmes ! — Bossuet (1627-1704)
Fig. Cesser, finir peu à peu, en parlant de l'activité, du mouvement de certaines choses. Ce feu mourra si l'on n'y met du bois. Ne laissez pas mourir le feu. Le sabot va mourir, si tu ne lui donnes un coup de fouet. Le boulet de canon vint mourir là. Cesser, s'éteindre, en parlant des choses morales, des passions. Il se dit aussi des souvenirs, de la gloire, des productions de l'esprit, des ouvrages de l'art. Un souvenir qui ne meurt point. Vos bienfaits ne mourront point dans mon cœur. Les œuvres de ce poëte, de ce peintre, ne mourront pas.
Approchez-vous de ce banc de terre glaise où le flot va mourir — Charles Bonnet (1720-1793)
Les vagues ... battaient la grève, venaient mourir à mes pieds — Chateaubriand (1768-1848)
Ne pas s'achever. Les paroles lui meurent dans la bouche, il laisse tomber sa voix et traîne ses paroles.
À ces mots, la parole meurt dans sa bouche — Fénelon (1651-1715)
Il se dit d'un son qui s'éteint peu à peu, et de la dégradation des couleurs. Les tintements de la cloche allaient mourir au loin. Dans ce tableau, les couleurs se perdent en mourant les unes dans les autres. Terme de peinture. Faire mourir les couleurs, en adoucir l'éclat, la vivacité, ménager avec art le passage des clairs aux bruns.
Tremble qu'une pensée, une maxime, un mot N'aille mourir dans l'oreille d'un sot ! — Jacques Delille (1738-1813)
Exprimer la défaillance, la mort prochaine. Exprimer la langueur.
Ses yeux [de Jésus] déjà éteints vont mourir sur elle [Marie] — Massillon (1663-1742)
Mademoiselle de Retz avait les plus beaux yeux du monde, mais ils n'étaient jamais si beaux que quand ils mouraient — Cardinal de Retz (1613-1679)
Scier ou couper un morceau de bois en mourant, le scier ou le couper de sorte que l'épaisseur diminue insensiblement et vienne à rien.
Étymologie : Bourguig. meuri ; wallon, morî, je moûr, je meurs, moron, mourant ; Berry, mourer, mouzir ; picard, morir ; provenç. morir, murir ; espagn. morir ; portug. morrer ; ital. morire ; du latin fictif moriri, tiré du latin mori, mourir.
Historique : Xe s. Por o s' furet morte [elle serait morte pour cela] à grant honestet XIe s. Si home mort [meurt] sans devise [testament], si departent les enfans l'erité [l'héritage] Ne lui chaut, sire, de quel mort nous murions Mielx est sul moerge [que je meure seul] que tant bon chevalier Là murrez vous à honte et à viltet [Il] Mort [tué] m'a mes homes, ma terre degastée XIIe s. Là fu morz Oliviers et ses compainz Rolanz Car cil qui pert honor vaurroit mieux mors que vis [vif, vivant] Et mi desconfort greignor [plus grands], Dont je morrai sans retor ....Car à trop grant dolor Muir [je meurs] et langu…
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).
v. intr.
Cesser de vivre, en parlant des Hommes et des animaux. Mourir d’une mort naturelle, de mort violente, de vieillesse, de maladie. Mourir subitement. Mourir jeune. Mourir vieux. Mourir à la fleur de l’âge. De quoi est-il mort? Il est mort d’apoplexie, d’une fluxion de poitrine. Il est mort de faim. Il est mort empoisonné. Il est mort pauvre. Le chagrin l’a fait mourir. Il va mourir, il s’en va mourir. Malade à en mourir, à mourir. Il s’est laissé mourir de faim. Mourir avec fermeté, avec courage, avec résignation. Mourir chrétiennement, comme un saint, dans la grâce de Dieu, de la mort des justes. JÉSUS-CHRIST est mort pour tous les hommes. Mourir pour son roi, pour sa patrie, pour sa religion. Son chien est mort enragé. Son cheval vient de mourir.
Impersonnellement, Il meurt, année moyenne, tant de personnes dans cette ville. Il mourut beaucoup de monde de la grippe.
Fam., Mourir de sa belle mort, Mourir de mort naturelle.
Mourir au champ d’honneur, être tué sur le champ de bataille.
Faire mourir quelqu’un, Le mettre à mort, en exécution d’une condamnation.
Se laisser mourir, Ne rien faire pour soutenir sa vie.
Mourir à la peine, Mourir au milieu et par suite d’occupations pénibles, qu’on n’a pas pu ou qu’on n’a pas voulu quitter. Son grand âge ne le décida pas à prendre sa retraite, et il mourut à la peine. Il se dit aussi d’une Entreprise à laquelle on ne veut pas renoncer, dont on ne veut pas démordre, dût-on y laisser sa vie. Je viendrai à bout de mon dessein, ou je mourrai à la peine.
Mourir à la tâche, Mourir au milieu de son travail, à force de travail.
Bien mourir, Mourir chrétiennement.
Pop., Mourir comme un chien, Mourir sans vouloir témoigner le moindre repentir de ses fautes, ou encore Mourir abandonné de tous.
Fam., Mourir dans la peau d’un intrigant, d’un malhonnête homme, se dit de Quelqu’un dont on n’espère pas qu’il se corrige jamais de ses défauts ou de ses vices.
Mourir dans son péché, Ne pas se corriger.
Mourir tout entier, Ne laisser aucune oeuvre, aucune renommée après soi.
Par menace, Il ne mourra que de ma main, Je le tuerai.
Par forme de souhait, Je veux mourir, que je meure si ce que je vous dis n’est pas vrai.
Prov. On ne sait qui vit ni qui meurt, se dit pour marquer l’Incertitude de la vie. Ayez un bon contrat en forme : on ne sait qui vit ni qui meurt.
Prov., Les envieux mourront, mais non jamais l’envie.
Prov., Nous mourons tous les jours, Chaque jour nous avançons en âge, nous faisons un pas vers la mort.
Prov. et fig., Un lièvre va toujours mourir au gîte, Après avoir beaucoup voyagé, on est bien aise de retourner dans son pays.
être mort civilement. Voyez
Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.
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Entrée morphologique (v0.1). Données JSON : lemme.