mou
adjectif, /mu/
Définitions
Qui cède facilement à la pression, qui n'a pas de consistance ferme.
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Fig. Qui manque d'énergie, de vigueur ou de fermeté dans l'action ou le caractère.
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Se dit d'un temps doux et humide, sans vent ni froid marqués.
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Témoignages historiques
Frise des témoins : Littré 1873 (8 sens) — Académie 1935 (11 sens)
Littré (1873) — entrée 1
adj.
Qui cède facilement au toucher, à la pression, tout en conservant une certaine adhérence. Du fromage mou. Poires molles, voy. POIRE. Terme de physique. Corps mous, ceux qui ne tendent pas à reprendre la figure que le choc ou la compression leur a fait perdre. Terme d'anatomie. Parties molles du corps, ensemble des chairs ou des organes qui recouvrent le squelette. S. m. Ce qui est mou, chose molle. S. m. pl. Nom qu'on donne quelquefois aux mollusques.
De même que le feu terrestre partage tellement sa vertu, qu'il y a des choses qu'il fait plus fermes, et qu'il y en a d'autres qu'il rend plus molles — Bossuet (1627-1704)
On apporte à l'instant ses somptueux habits, Où sur l'ouate molle éclate le tabis — Boileau (1636-1711)
Par extension. Le temps est mou, le vent est mou, le temps est relâché, le vent est chaud et humide.
Fig. Qui a peu de vigueur. Ce cheval est mou. Homme mou au travail. Qui a peu de suite, de ténacité. Cet homme est mou à servir ses amis. Il se dit aussi des choses. Style mou, style qui manque de vigueur. Terme de peinture. Touche molle, manière molle, faiblesse d'expression dans le mécanisme de l'art. On dit dans le même sens : un pinceau mou.
M. de la Poplinière, qui a du pouvoir sur cette âme molle [Thiriot], et qui a quelque intérêt que la mollesse n'aille pas jusqu'à l'ingratitude — Voltaire (1694-1778)
Et tous mes vœux pour vous seront mols et timides — Pierre Corneille (1606-1684)
Qui perd sa vigueur dans les plaisirs, dans une vie énervante.
Les hommes sont lâches dans les petites tentations ; ils sont mous dans les plaisirs — Fénelon (1651-1715)
Savez-vous, leur dit-il, à quels ennemis vous aurez affaire ? à des hommes mous, lâches, efféminés, déjà à demi vaincus par les délices — Rollin (1661-1741)
Qui appartient à une âme sans vigueur. Qui éteint la vigueur de l'âme.
Qu'à tant de violence Il oppose, non plus une molle prudence, Mais un courage mâle — Pierre Corneille (1606-1684)
L'amour que j'ai pour vous hait ces molles bassesses — Pierre Corneille (1606-1684)
Terme de marine. Se dit d'un navire qui tient mal le vent, qui va mal. Molle mer, mer étale, intervalle entre le flux et le reflux. Cordage mou, cordage lâche qui n'est pas roidi. S. m. Le mou d'un cordage, la partie d'un cordage qui n'est pas roidie. Donner du mou à une manœuvre, à un câble, en diminuer la tension. Embraquer le mou, roidir un cordage.
Bronze mou, bronze chauffé au rouge et trempé dans l'eau fraîche.
Terme de pêche. Molle salée, morue à laquelle on n'a pas donné assez de sel.
Étymologie : Picard, mau ; Berry, mou, mouillé, moule, mouillée ; wallon, mô, au fém. mole ; namur. mol ; Hainaut, mo ; provenç. molh ; cat. moll ; esp. mole, muele ; port. et ital. molle ; du lat. mollis, pour molvis, comme l'indiquent les formes en u du persan et du sanscrit ; pers. mardu ; sanscr. mridu. Palsgrave écrit au pluriel molz, prononcé moz, p. 25
Historique : XIIe s. Si aturnad un mol mangier devant lui à son oes [à sa commodité] XIIIe s. Soies [sois] movans, mais non pas mos Et quant li airs iert [sera] apaisiés, Et li tens cler et aesiés, Et li vens mol et delitables Se ge disoie d'eus parole Qui ne lor fust plaisante et mole Atant me vindrent dui [deux] vilain, Chascun un baston en sa main, Qui tant me donerent de cous Que tous les costez en ai mous XVe s. Par estre trop mol, les franchises de Gand se pourroient perdre qui estoient si très nobles Tendres et mols comme un petit oison Est bon avoir grant garnison de potz plains de mol savon XVIe s…
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).
Académie française, 8e édition (1935)
adj.
Qui cède facilement au toucher, qui reçoit facilement l’impression des autres corps. Il est opposé à Dur. Ce lit est trop mou. De la cire molle. Avoir les chairs molles. Poires molles.
Fromage mou, Fromage que l’on mange frais avant qu’il soit durci.
On dit Mol, au masculin, devant un mot qui commence par une voyelle. Un mol abandon.
En termes de Physique, Corps mous, Ceux qui ne tendent pas à reprendre la figure que le choc ou la compression leur a fait perdre.
En termes d’Anatomie, Parties molles des corps, Les chairs, les organes qui recouvrent le squelette.
Par extension, Le temps, le vent est mou, L’air est chaud et humide.
MOU signifie au figuré Qui a peu de vigueur. Un cheval mou. L’attaque, la riposte a été molle. Style mou.
En termes de Peinture, Touche molle, manière molle, Faiblesse d’expression, insuffisance dans le dessin ou dans la couleur. On dit dans le même sens Un pinceau mou.
Il signifie aussi Qui est indolent, inactif, qui manque de résolution, d’application. C’est un écolier mou. Un caractère mou. Un esprit mou.
Il signifie encore Qui est affaibli, énervé par les plaisirs. Un homme mou et efféminé. Une âme molle.
MOU se dit aussi des Choses qui annoncent ou qui causent la mollesse. Une molle complaisance. Une molle indulgence. Une résolution molle. Une conduite molle. Une molle oisiveté. Une éducation molle.
Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.
Grammaire et formes (5)
- molles — pluriel féminin — /mɔlə/ ou /molə/
- mous — pluriel masculin — /mu/
- molle — singulier féminin — /mɔlə/
- mol — singulier masculin — /mɔl/
- mou — singulier masculin — /mu/
Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée mou#40946.