mortification

mortification

nom, féminin, /mɔʁtifikasjɔ̃/

Témoignages historiques

Frise des témoins : Littré 1873 (5 sens) — Académie 1935 (5 sens)

Littré (1873)

s. f.

  1. Terme de médecine. État des chairs mortes, gangrenées. Un bandage trop serré produisit la mortification de la peau.

  2. Terme de cuisine. Action de garder la viande et particulièrement celle du gibier, pour qu'elle devienne tendre et gagne du fumet.

  3. Dans le style ascétique, action par laquelle on donne une sorte de mort au corps, aux passions.

    L'âme délivrée par ses réflexions de la captivité des sens, et détachée de son corps par la mortification — Bossuet (1627-1704)

    Saint Bernard et ses disciples, pour avoir porté cette pauvreté et la mortification chrétienne à sa dernière perfection.... — Bossuet (1627-1704)

  4. Humiliation qu'on éprouve par quelques refus, par quelques mépris, par quelques réprimandes.

    Ce fut une cruelle mortification pour cinq ou six religieuses — Olivier Patru (1604-1681)

    Ce qu'il y a à faire, c'est de l'en remercier tout bonnement, et ne lui pas donner la mortification de croire que l'on n'est pas charmé de son présent — Mme de Sévigné (1626-1696)

  5. Dans le style de la chaire, accidents qui arrivent dans la vie. Ce sont des mortifications que Dieu nous envoie.

Étymologie : Provenç. mortificatio ; esp. mortificacion ; ital. mortificazione ; du lat. mortificare, mortifier. On trouve, dans le XIIe siècle, mortifiement.

Historique : XVe s. Ung livre de la mortificacion de l'ame XVIe s. Mortification ou gangrene. - Gangrene est une disposition qui tend à mortification de la partie

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Académie française, 8e édition (1935)

n. f.

  1. T. de Médecine et de Chirurgie — état d’un tissu ou d’un organe qui se décompose et devient comme mort. La gangrène est une mortification des chairs, la nécrose une mortification des os.

  2. En termes de Cuisine, il se dit de l’Action de garder certaines viandes pour qu’elles deviennent tendres et gagnent du fumet.

  3. MORTIFICATION se dit, par extension, dans le style ascétique, de l’Action par laquelle on mortifie son corps, ses passions. La mortification de la chair, des sens. Le jeûne est une mortification.

  4. Il se dit également des Accidents fâcheux qui arrivent dans la vie. Les maladies sont des mortifications que Dieu nous envoie.

  5. Il signifie, au figuré, Chagrin, humiliation qu’on fait éprouver à une personne par quelque réprimande ou par quelque procédé dur et fâcheux. Il a reçu, il a essuyé, il s’est attiré une grande, une cruelle mortification.

Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.

Grammaire et formes (2)
  • mortifications — pluriel — /mɔʁtifikasjɔ̃/
  • mortification — singulier — /mɔʁtifikasjɔ̃/

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée mortification#40867.

Entrée morphologique (v0.1). Données JSON : lemme.