mortel
adjectif, /mɔʁtɛl/
Témoignages historiques
Frise des témoins : Littré 1873 (6 sens) — Académie 1935 (8 sens)
Littré (1873)
adj.
Sujet à la mort. Tous les hommes sont mortels. Dans le style soutenu, la dépouille mortelle, ce qui reste de nous après la mort. Quitter sa dépouille mortelle, mourir. S. m. et f. Un mortel, une mortelle, un homme, une femme. Familièrement. Un heureux mortel, un homme à qui il arrive quelque chose d'heureux, d'agréable. Absolument. Les mortels, l'espèce humaine. S. m. Ce qui meurt.
La mort ne l'a point changé, si ce n'est qu'une immortelle beauté a pris la place d'une beauté changeante et mortelle — Bossuet (1627-1704)
Tout est vain en l'homme, si nous regardons le cours de sa vie mortelle ; mais tout est précieux si nous contemplons le terme où elle aboutit — Bossuet (1627-1704)
Qui appartient aux hommes, aux mortels.
Le prélat.... Tout d'un coup tourne à gauche, et d'un bras fortuné Bénit subitement le guerrier consterné ; Le chanoine surpris de la foudre mortelle.... — BOIL.
Qui cause la mort, ou semble devoir la causer. Une maladie mortelle. Cette substance est mortelle aux poissons. Fig. Le coup mortel, le coup qui donne ou paraît devoir donner la mort. Fig. Coup mortel, ruine, perte. Péché mortel, péché qui fait perdre la grâce de Dieu et qui donne une espèce de mort à l'âme. Mortel ennemi, ennemi mortel, ennemi jusqu'à vouloir la mort.
Ah ! cesse de courir à ce mortel danger ; Te perdre en me vengeant ce n'est pas me venger — Pierre Corneille (1606-1684)
Elle voulut assister ce frère mourant [de la peste], sans craindre ces souffles mortels qui portent le poison dans les cœurs — Fléchier (1632-1710)
Fig. Fatal, funeste.
Rechercher un trépas si mortel à ma gloire — Pierre Corneille (1606-1684)
Cette mode [une sorte de coiffure] durera peu ; elle est mortelle pour les dents — Mme de Sévigné (1626-1696)
Excessif dans son genre ; il ne se dit jamais qu'en mal.
Crois-tu donc que je sois insensible à l'outrage, Que je souffre en mon sang ce mortel déshonneur ? — Pierre Corneille (1606-1684)
Un si mortel affront — Pierre Corneille (1606-1684)
Dans le style familier, mortel se dit de ce qui fatigue par sa longueur, de ce qui paraît excessivement long, ennuyeux ; alors il se met devant son substantif.
On nous dit qu'il y avait deux mortelles lieues — Mme de Sévigné (1626-1696)
En moins de rien, il eut fait cinquante mortelles lieues — Antoine Hamilton (1646-1720)
Étymologie : Provenç. et espagn. mortal ; ital. mortale ; du latin mortalis, de mors, mortis, la mort.
Historique : XIe s. Par moi.... son mortel enemi Liverai lui une mortel bataille XIIe s. [Charles] Mande par moi [à] ses mortex enemis S'or y laissons [en la terre sainte] nos ennemis mortieus, à tousjours mais ert [sera] nostre vie honteuse Qui puis refist à Saisnes maint mortel encombrier [Il] A veü et trové moult mortel aversaire Droiz est que li mortiel soient soget à Deu Toute lor painne ont mise en moi trahir ; Mais ne lor vaut lor morteuz trahisons XIIIe s. Cum est la mescine [médecine] du cel [ciel], Quant ele descent sur mortel Traïstres seroie mortiex, Se servoie por deoevoir XVe s. Et pour ce qu…
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).
Académie française, 8e édition (1935)
adj.
Qui est sujet à la mort. Tous les hommes sont mortels. Cette vie mortelle est pleine de misères.
Dans le style soutenu, Quitter sa dépouille mortelle, Mourir.
MORTEL, ELLE, est aussi employé comme nom pour signifier Homme, femme. C’est un heureux mortel. Une simple mortelle.
Absolument, Les mortels, L’espèce humaine. Les pauvres mortels.
Il signifie aussi Qui cause la mort, qui paraît devoir la causer. Maladie, plaie, blessure mortelle. Coup, poison mortel. Par exagération, Haine, inimitié mortelle. Douleur, inquiétude, crainte, tristesse, offense mortelle. Effroi mortel. Ennui mortel. Je suis dans des transes mortelles. Il fait un froid mortel.
être l’ennemi mortel de quelqu’un, Le haïr profondément.
Péché mortel, Péché qui fait perdre la grâce de Dieu et qui donne une sorte de mort à l’âme.
Fam., J’ai attendu deux mortelles heures dans une antichambre. Il y a de cette ville à celle autre dix mortelles lieues.
Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.
Grammaire et formes (4)
- mortelles — pluriel féminin — /mɔʁtɛlə/
- mortels — pluriel masculin — /mɔʁtɛl/
- mortelle — singulier féminin — /mɔʁtɛlə/
- mortel — singulier masculin — /mɔʁtɛl/
Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée mortel#40862.