mortel
adjectif · /mɔʁtɛl/
Usage : fréquent (22 occurrences par million, Lexique 3.83).
Définitions
Sujet à la mort, en parlant d'un être vivant.
« Descartes, ce mortel dont on eût fait un dieu »La Fontaine (1621-1695)
Qui entraîne ou peut entraîner la mort.
Le champignon qu'il a cueilli est mortel, même en petite quantité.
« La chair et le sang de Jésus-Christ, non-seulement ne nous seraient plus salutaires, mais deviendraient pour nous le poison le plus mortel »Bourdaloue (1632-1704)
« Elle voulut assister ce frère mourant [de la peste], sans craindre ces souffles mortels qui portent le poison dans les cœurs »Fléchier (1632-1710)
D'une intensité excessive, au point de lasser ou d'accabler.
Le discours du président était d'un ennui mortel.
« En moins de rien, il eut fait cinquante mortelles lieues »Antoine Hamilton (1646-1720)
« Mais je ne trouve point de fatigue si rude Que l'ennuyeux loisir d'un mortel sans étude »Boileau (1636-1711)
Familier. Familier : excellent, remarquable.
Synonymes : génial, formidable.
Définitions Francorium (CC BY-SA 4.0) · méthode.
Expressions : c'est mortel · dépouille mortelle · ennemi mortel · péché mortel · plaie d'argent n'est pas mortelle
Grammaire et formes (4)
- mortelles : pluriel féminin · /mɔʁtɛlə/
- mortels : pluriel masculin · /mɔʁtɛl/
- mortelle : singulier féminin · /mɔʁtɛlə/
- mortel : singulier masculin · /mɔʁtɛl/
Témoignages historiques
Littré (1873) · 6 sens
adj.
Sujet à la mort. Tous les hommes sont mortels. Dans le style soutenu, la dépouille mortelle, ce qui reste de nous après la mort. Quitter sa dépouille mortelle, mourir. S. m. et f. Un mortel, une mortelle, un homme, une femme. Familièrement. Un heureux mortel, un homme à qui il arrive quelque chose d'heureux, d'agréable. Absolument. Les mortels, l'espèce humaine. S. m. Ce qui meurt.
La mort ne l'a point changé, si ce n'est qu'une immortelle beauté a pris la place d'une beauté changeante et mortelleBossuet (1627-1704)
Tout est vain en l'homme, si nous regardons le cours de sa vie mortelle ; mais tout est précieux si nous contemplons le terme où elle aboutitBossuet (1627-1704)
Qui appartient aux hommes, aux mortels.
Le prélat.... Tout d'un coup tourne à gauche, et d'un bras fortuné Bénit subitement le guerrier consterné ; Le chanoine surpris de la foudre mortelle....BOIL.
Qui cause la mort, ou semble devoir la causer. Une maladie mortelle. Cette substance est mortelle aux poissons. Fig. Le coup mortel, le coup qui donne ou paraît devoir donner la mort. Fig. Coup mortel, ruine, perte. Péché mortel, péché qui fait perdre la grâce de Dieu et qui donne une espèce de mort à l'âme. Mortel ennemi, ennemi mortel, ennemi jusqu'à vouloir la mort.
Ah ! cesse de courir à ce mortel danger ; Te perdre en me vengeant ce n'est pas me vengerPierre Corneille (1606-1684)
Elle voulut assister ce frère mourant [de la peste], sans craindre ces souffles mortels qui portent le poison dans les cœursFléchier (1632-1710)
Fig. Fatal, funeste.
Rechercher un trépas si mortel à ma gloirePierre Corneille (1606-1684)
Cette mode [une sorte de coiffure] durera peu ; elle est mortelle pour les dentsMme de Sévigné (1626-1696)
Excessif dans son genre ; il ne se dit jamais qu'en mal.
Crois-tu donc que je sois insensible à l'outrage, Que je souffre en mon sang ce mortel déshonneur ?Pierre Corneille (1606-1684)
Un si mortel affrontPierre Corneille (1606-1684)
Dans le style familier, mortel se dit de ce qui fatigue par sa longueur, de ce qui paraît excessivement long, ennuyeux ; alors il se met devant son substantif.
On nous dit qu'il y avait deux mortelles lieuesMme de Sévigné (1626-1696)
En moins de rien, il eut fait cinquante mortelles lieuesAntoine Hamilton (1646-1720)
Étymologie : Provenç. et espagn. mortal ; ital. mortale ; du latin mortalis, de mors, mortis, la mort.
Historique : XIe s. Par moi.... son mortel enemi Liverai lui une mortel bataille XIIe s. [Charles] Mande par moi [à] ses mortex enemis S'or y laissons [en la terre sainte] nos ennemis mortieus, à tousjours mais ert [sera] nostre vie honteuse Qui puis refist à Saisnes maint mortel encombrier [Il] A veü et trové moult mortel aversaire Droiz est que li mortiel soient soget à Deu Toute lor painne ont mise en moi trahir ; Mais ne lor vaut lor morteuz trahisons XIIIe s. Cum est la mescine [médecine] du cel [ciel], Quant ele descent sur mortel Traïstres seroie mortiex, Se servoie por deoevoir XVe s. Et pour ce qu…
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0). Tout ce témoin.
Académie française, 8e édition (1935) · 8 sens
adj.
Qui est sujet à la mort. Tous les hommes sont mortels. Cette vie mortelle est pleine de misères.
Dans le style soutenu, Quitter sa dépouille mortelle, Mourir.
MORTEL, ELLE, est aussi employé comme nom pour signifier Homme, femme. C’est un heureux mortel. Une simple mortelle.
Absolument, Les mortels, L’espèce humaine. Les pauvres mortels.
Il signifie aussi Qui cause la mort, qui paraît devoir la causer. Maladie, plaie, blessure mortelle. Coup, poison mortel. Par exagération, Haine, inimitié mortelle. Douleur, inquiétude, crainte, tristesse, offense mortelle. Effroi mortel. Ennui mortel. Je suis dans des transes mortelles. Il fait un froid mortel.
être l’ennemi mortel de quelqu’un, Le haïr profondément.
Péché mortel, Péché qui fait perdre la grâce de Dieu et qui donne une sorte de mort à l’âme.
Fam., J’ai attendu deux mortelles heures dans une antichambre. Il y a de cette ville à celle autre dix mortelles lieues.
Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935), domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire. Tout ce témoin.
Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR, entrée mortel#40862.