mors
nom, masculin, /mɔʁ/
Témoignages historiques
Frise des témoins : Littré 1873 (3 sens) — Académie 1935 (4 sens)
Littré (1873)
s. m.
Proprement, morsure ; absolument inusité en ce sens. Mors du diable, scabieuse des bois, scabiosa succisa, L., ainsi nommée à cause de sa souche tronquée comme par une morsure. Dans les verreries, extrémité de la canne que l'on plonge dans le creuset, et à laquelle le verre s'attache comme par une morsure.
L'ensemble des pièces qui servent à brider un cheval ; ce sont l'embouchure, les branches, les anneaux, l'esse et le crochet. Mors à la turque, mors dont les branches sont droites, sans sous-barbe. Dans l'usage le plus ordinaire, il se dit de la seule partie qui porte autrement le nom d'embouchure du mors, pour la distinguer des autres pièces dont chacune a un nom particulier. Fig. Prendre le mors aux dents, se dit proprement du cheval qui saisit les branches du frein avec les incisives, et qui, dès lors, lutte avec avantage contre son conducteur. Mais, dans l'usage ordinaire, on dit qu'un cheval prend le mors aux dents quand il s'emporte, quoique le frein ait conservé sa position normale. Fig. Prendre le mors aux dents, se livrer tout entier à ses passions ; et aussi s'emporter, se livrer à une colère subite ; et encore, faire succéder une grande activité à l'indolence. Fig. Hocher le mors à quelqu'un, le contrarier, s'opposer à ses désirs. Fig. Ronger le mors, n'oser faire éclater son dépit ; on dit plutôt ronger le frein.
Le mors et l'éperon sont deux moyens qu'on a imaginés pour les obliger [les chevaux] à recevoir le commandement : le mors pour la précision, et l'éperon pour la promptitude des mouvements — Buffon (1707-1788)
Ils rougissent le mors d'une sanglante écume — Jean Racine (1639-1699)
Mors d'Allemagne, instrument employé pour punir le cheval, ou pour détourner sa sensibilité pendant une opération chirurgicale.
Étymologie : Provenç. mors, morsure ; anc. espagn. muerso ; ital. morso ; du lat. morsus, morsure.
Historique : XIIIe s. Adam par grant impacience Et par fole inobedience Mordi le mors [morceau] qui mort engendre XVIe s. Heureuse la nef arrestée Par le mors de l'ancre jettée Dedans le sein d'un si beau port ! Le cheval furieux, aiant le mors pour guide, Tousjours en sa fureur ne dedaigne la bride
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).
Académie française, 8e édition (1935)
n. m.
Ensemble des pièces de fer qui servent à brider un cheval, comme l’embouchure, les branches, la gourmette, etc.
Il se dit, en particulier, de la Pièce qui se place dans la bouche du cheval pour le gouverner. Mors à bossettes. Les branches, les bossettes d’un mors. Ce mors blesse la bouche de votre cheval. Il faut à ce cheval un mors plus doux, plus fort, plus rude. Un cheval qui joue avec son mors, qui mâche son mors.
Prendre le mors aux dents, se dit d’un Cheval qui, serrant le mors entre ses mâchoires, le rend immobile et s’emporte, sans que le cavalier ou le cocher puisse le retenir.
Fig. et fam., Prendre le mors aux dents, se dit de Quelqu’un qui, n’écoutant plus les avis ni les remontrances de ceux qui dirigeaient sa conduite, se livre tout entier à ses passions. Il se dit aussi d’une Personne qui se met en colère, qui s’emporte subitement. On lui a fait un léger reproche, il a pris le mors aux dents. Il se dit encore d’une Personne qui, ayant été quelque temps dans l’indolence, dans l’inaction, change tout à coup et se livre au travail avec ardeur. Ce jeune homme était paresseux, il a pris le mors aux dents, et maintenant il travaille avec excès.
Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.
Grammaire et formes (1)
- mors — forme de base — /mɔʁ/
Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée mors#40847.