morne
adjectif, /mɔʁnə/
Témoignages historiques
Frise des témoins : Littré 1873 (2 sens) — Académie 1935 (3 sens)
Littré (1873) — entrée 1
adj.
Qui a la tristesse peinte sur le visage, dans la contenance.
Le malheureux lion, languissant, triste et morne — La Fontaine (1621-1695)
....à ce discours je te trouve un peu morne — Boileau (1636-1711)
Il se dit aussi des choses. Temps morne, temps obscur et couvert. Couleur morne, couleur sombre, qui manque d'éclat.
Ce morne et froid accueil me surprend à mon tour — Pierre Corneille (1606-1684)
[Des coursiers] L'œil morne maintenant, et la tête baissée — Jean Racine (1639-1699)
Étymologie : Picard, mourme ; provenç. morn ; portug. morno ; du germanique : goth. maurnan, être triste ; anc. h. allem. mornan ; angl. to mourn.
Historique : XIIe s. À l'ostel s'en ala li huem [l'homme de] nostre seignur ; Si clerc furent vers li e murne e en irur XIIIe s. Et au pauvre [la dame] se fait et chiche et morne [La femme] Une hore rit, autre hore est morne À joie et à déduit t'atorne ; Amors n'a cure d'omme morne XVIe s. Quand on peint un tableau, on cache dessoubs les couleurs brusques et mornes, et met on au-dessus les guayes et claires Un visage morne et contristé Son œil morne et transi
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).
Académie française, 8e édition (1935)
adj. des deux genres
Qui est d’une tristesse sombre, allant jusqu’à l’abattement. Vous êtes bien morne aujourd’hui. Il était morne et silencieux, morne et pensif. Par extension, Visage, air, attitude, oeil morne. Un morne silence.
Fig., Temps morne, Temps obscur et couvert.
Fig., Couleur morne, Couleur sombre, obscure, qui n’a ni vivacité ni éclat.
Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.
Grammaire et formes (2)
- mornes — pluriel — /mɔʁnə/
- morne — singulier — /mɔʁnə/
Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée morne#40816.
morné
adjectif, /mɔʁne/
Témoignages historiques
Frise des témoins : Littré 1873 (2 sens)
Littré (1873)
adj.
Lances mornées, lances garnies d'une morne, et dites aussi armes courtoises.
Sa Majesté se montra incontinent sous le dais.... portant un bâton de brésil morné d'argent (1622) — FRANCISQUE MICHEL
Terme de blason. Il se dit des animaux sans dents, sans bec, langue, griffes et queue. Lion morné. Aigle morné.
Étymologie : Morne 3.
Historique : XVIe s. [Subtilité] mornée pour un aultre, affilée pour moy
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).
Grammaire et formes (4)
- mornées — pluriel féminin — /mɔʁne/
- mornés — pluriel masculin — /mɔʁne/
- mornée — singulier féminin — /mɔʁne/
- morné — singulier masculin — /mɔʁne/
Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée morné#40818.
morne
nom, /mɔʁnə/
Témoignages historiques
Frise des témoins : Littré 1873 (2 sens) · 1873 (1 sens)
Littré (1873) — entrée 3
s. f.
Sorte d'anneau, dit aussi frette, qu'on mettait au bout de la lance courtoise.
Terme de blason. Le cercle que forme une trompette, ou un huchet, à son extrémité.
Étymologie : On disait lance morne pour une lance garnie de l'anneau qui la rendait inoffensive : Partant prindrent ung chascun la picque morne en poing La lance morne était ainsi appelée parce qu'elle semblait morne, triste, par opposition à la lance émoulue dont le fer était brillant. Puis le nom de la lance passa à l'anneau qui fut dit morne (voy. MORNE 1).
Historique : XVIe s. Mont-Gommeri rompit en la visiere [du roi Henri Il] si rudement que la morne descrocha de la haute-piece ; la visiere levée en haut, le contre-coup donna en l'œil
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).
Littré (1873) — entrée 2
s. m.
Nom donné aux petites montagnes dans les Antilles, et, en général, dans les colonies françaises.
De cette ouverture, on aperçoit, sur la gauche, la montagne appelée le morne de la découverte, d'où l'on signale les vaisseaux qui abordent dans l'île — Bernardin de Saint-Pierre (1737-1814)
Quelques pins rougeâtres sur la nudité d'un morne, c'est tout ce qui s'offre aux regards — Chateaubriand (1768-1848)
Étymologie : Espagn. morro, et son augmentatif morron, monticule, qui s'est altéré dans la bouche des créoles français.
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).
Grammaire et formes (2)
- mornes — pluriel — /mɔʁnə/
- morne — singulier — /mɔʁnə/
Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée morne#40815.