morne
adjectif · /mɔʁnə/
Usage : fréquent (10 occurrences par million, Lexique 3.83).
Définitions
Qui exprime une tristesse profonde et sans éclat, dénué d'entrain
Il avait un visage morne ce matin-là.
Synonymes : abattu, sombre.
« [Des coursiers] L'œil morne maintenant, et la tête baissée »Jean Racine (1639-1699)
« Le malheureux lion, languissant, triste et morne »La Fontaine (1621-1695)
Qui manque d'animation, de vie ou de relief
Le dimanche après-midi paraissait morne dans la petite ville.
Synonyme : terne.
« ....à ce discours je te trouve un peu morne »Boileau (1636-1711)
« Ce morne et froid accueil me surprend à mon tour »Pierre Corneille (1606-1684)
Définitions Francorium (CC BY-SA 4.0) · méthode.
Expressions : morne plaine
Grammaire et formes (2)
- mornes : pluriel · /mɔʁnə/
- morne : singulier · /mɔʁnə/
Témoignages historiques
Littré (1873), entrée 1 · 2 sens
adj.
Qui a la tristesse peinte sur le visage, dans la contenance.
Le malheureux lion, languissant, triste et morneLa Fontaine (1621-1695)
....à ce discours je te trouve un peu morneBoileau (1636-1711)
Il se dit aussi des choses. Temps morne, temps obscur et couvert. Couleur morne, couleur sombre, qui manque d'éclat.
Ce morne et froid accueil me surprend à mon tourPierre Corneille (1606-1684)
[Des coursiers] L'œil morne maintenant, et la tête baisséeJean Racine (1639-1699)
Étymologie : Picard, mourme ; provenç. morn ; portug. morno ; du germanique : goth. maurnan, être triste ; anc. h. allem. mornan ; angl. to mourn.
Historique : XIIe s. À l'ostel s'en ala li huem [l'homme de] nostre seignur ; Si clerc furent vers li e murne e en irur XIIIe s. Et au pauvre [la dame] se fait et chiche et morne [La femme] Une hore rit, autre hore est morne À joie et à déduit t'atorne ; Amors n'a cure d'omme morne XVIe s. Quand on peint un tableau, on cache dessoubs les couleurs brusques et mornes, et met on au-dessus les guayes et claires Un visage morne et contristé Son œil morne et transi
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0). Tout ce témoin.
Académie française, 8e édition (1935) · 3 sens
adj. des deux genres
Qui est d’une tristesse sombre, allant jusqu’à l’abattement. Vous êtes bien morne aujourd’hui. Il était morne et silencieux, morne et pensif. Par extension, Visage, air, attitude, oeil morne. Un morne silence.
Fig., Temps morne, Temps obscur et couvert.
Fig., Couleur morne, Couleur sombre, obscure, qui n’a ni vivacité ni éclat.
Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935), domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire. Tout ce témoin.
Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR, entrée morne#40816.
morne
nom · /mɔʁnə/
Usage : d'usage courant (1.02 occurrences par million, Lexique 3.83).
Définitions
Géographie. Aux Antilles et en Haïti, petite colline, hauteur isolée dans le paysage.
Leur maison est perchée sur un morne qui domine la baie.
« De cette ouverture, on aperçoit, sur la gauche, la montagne appelée le morne de la découverte, d'où l'on signale les vaisseaux qui abordent dans l'île »Bernardin de Saint-Pierre (1737-1814)
« Quelques pins rougeâtres sur la nudité d'un morne, c'est tout ce qui s'offre aux regards »Chateaubriand (1768-1848)
Définition Francorium (CC BY-SA 4.0) · méthode.
Grammaire et formes (2)
- mornes : pluriel · /mɔʁnə/
- morne : singulier · /mɔʁnə/
Témoignages historiques
Littré (1873), entrée 3 · 2 sens
s. f.
Sorte d'anneau, dit aussi frette, qu'on mettait au bout de la lance courtoise.
Terme de blason. Le cercle que forme une trompette, ou un huchet, à son extrémité.
Étymologie : On disait lance morne pour une lance garnie de l'anneau qui la rendait inoffensive : Partant prindrent ung chascun la picque morne en poing La lance morne était ainsi appelée parce qu'elle semblait morne, triste, par opposition à la lance émoulue dont le fer était brillant. Puis le nom de la lance passa à l'anneau qui fut dit morne (voy. MORNE 1).
Historique : XVIe s. Mont-Gommeri rompit en la visiere [du roi Henri Il] si rudement que la morne descrocha de la haute-piece ; la visiere levée en haut, le contre-coup donna en l'œil
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0). Tout ce témoin.
Littré (1873), entrée 2 · 1 sens
s. m.
Nom donné aux petites montagnes dans les Antilles, et, en général, dans les colonies françaises.
De cette ouverture, on aperçoit, sur la gauche, la montagne appelée le morne de la découverte, d'où l'on signale les vaisseaux qui abordent dans l'îleBernardin de Saint-Pierre (1737-1814)
Quelques pins rougeâtres sur la nudité d'un morne, c'est tout ce qui s'offre aux regardsChateaubriand (1768-1848)
Étymologie : Espagn. morro, et son augmentatif morron, monticule, qui s'est altéré dans la bouche des créoles français.
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0). Tout ce témoin.
Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR, entrée morne#40815.
morné
adjectif · /mɔʁne/
Grammaire et formes (4)
- mornées : pluriel féminin · /mɔʁne/
- mornés : pluriel masculin · /mɔʁne/
- mornée : singulier féminin · /mɔʁne/
- morné : singulier masculin · /mɔʁne/
Témoignages historiques
Littré (1873) · 2 sens
adj.
Lances mornées, lances garnies d'une morne, et dites aussi armes courtoises.
Sa Majesté se montra incontinent sous le dais.... portant un bâton de brésil morné d'argent (1622)FRANCISQUE MICHEL
Terme de blason. Il se dit des animaux sans dents, sans bec, langue, griffes et queue. Lion morné. Aigle morné.
Étymologie : Morne 3.
Historique : XVIe s. [Subtilité] mornée pour un aultre, affilée pour moy
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0). Tout ce témoin.
Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR, entrée morné#40818.