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morgue

Sur cette page : morgue · morgué

morgue

nom, féminin · /mɔʁɡə/

Usage : d'usage courant (8.57 occurrences par million, Lexique 3.83).

Définitions

  1. Lieu où sont conservés les corps des personnes décédées avant leur identification ou leurs obsèques

    « La morgue est un endroit situé dans l'enceinte du grand Châtelet, où les corps morts dont la justice se saisit, sont exposés à la vue du public, afin qu'on puisse les reconnaître »Saint-Foix (1698-1776)

    « Il extermine en effet ma pauvre Irène ; il prétend qu'elle sera traînée à la morgue, et pendue par les pieds, parce qu'elle s'est tuée étant chrétienne »Voltaire (1694-1778)

  2. Attitude orgueilleuse et dédaigneuse envers autrui

    « T'ai-je tracé la vieille à morgue dominante ? »Boileau (1636-1711)

    « [Le maréchal de Villeroy] esprit borné et sans culture, de la vieille galanterie, un jargon de cour, de la morgue, haut ou plutôt glorieux, et plus bas que respectueux auprès du feu roi et de Mme de Maintenon »Charles Pinot Duclos (1704-1772)

Définitions Francorium (CC BY-SA 4.0) · méthode.

Grammaire et formes (2)
  • morgues : pluriel · /mɔʁɡə/
  • morgue : singulier · /mɔʁɡə/

Témoignages historiques

Littré (1873), entrée 2 · 3 sens

s. f.

  1. Petite chambre à l'entrée des prisons, où l'on met d'abord les prisonniers, pour donner le temps aux guichetiers de bien les reconnaître.

    On me conduit au petit Châtelet, où, du guichet étant passé dans la morgue, un homme gros, court et carré vint à moi

  2. Par assimilation. Entrée de la manche de certains filets.

  3. Endroit où l'on expose les corps des personnes mortes hors de leur domicile, afin qu'elles puissent être reconnues.

    La morgue est un endroit situé dans l'enceinte du grand Châtelet, où les corps morts dont la justice se saisit, sont exposés à la vue du public, afin qu'on puisse les reconnaîtreSaint-Foix (1698-1776)

    Il extermine en effet ma pauvre Irène ; il prétend qu'elle sera traînée à la morgue, et pendue par les pieds, parce qu'elle s'est tuée étant chrétienneVoltaire (1694-1778)

Étymologie : D'après Ménage, morgue signifie visage, et est le même que morgue 1 : le lieu où l'on reconnaît la morgue, le visage des morts. L'étymologie est bonne, mais à condition que morne de Mercier soit une faute.

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0). Tout ce témoin.

Littré (1873), entrée 1 · 2 sens

s. f.

  1. Contenance sérieuse et fière.

    Morgue de magistrat rébarbatif, sévère, Qui ne dément jamais son grave caractèreDUFRÉNY

  2. Orgueil et suffisance.

    T'ai-je tracé la vieille à morgue dominante ?Boileau (1636-1711)

    [Le maréchal de Villeroy] esprit borné et sans culture, de la vieille galanterie, un jargon de cour, de la morgue, haut ou plutôt glorieux, et plus bas que respectueux auprès du feu roi et de Mme de MaintenonCharles Pinot Duclos (1704-1772)

Étymologie : Origine inconnue. Cependant Grandgagnage, au mot mouron, cite le languedocien morga, museau ; ce serait le même mot. Morgue ne paraît pas dans la langue avant le XVIe siècle.

Historique : XVIe s. Ces parolles achevées, Juppiter, contournant la teste comme un singe qui avalle pillules, feit une morgue tant espouvantable que tout le grand Olympe trembla Loyre et sa femme se vestirent de leurs beaux habillemens, comparurent en la salle, faisans bonne morgue Vous trouvez de ces morgues de vent coustumierement aux Espagnois C'est injustice et folie de priver les enfants qui sont en aage, de la familiarité des peres, et vouloir maintenir en leur endroict une morgue austere et desdaigneuse

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0). Tout ce témoin.

Académie française, 8e édition (1935) · 2 sens

n. f.

  1. Contenance fière et orgueilleuse. Avoir, montrer de la morgue. être plein de morgue. Sa morgue le rend insupportable, le rend ridicule.

  2. Par extension, Un langage plein de morgue. Il s’emploie toujours en mauvaise part.

Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935), domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire. Tout ce témoin.

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR, entrée morgue#40795.

morgué

interjection · /mɔʁɡe/

Voir aussi : variante de morguenne

Grammaire et formes (1)
  • morgué : forme de base · /mɔʁɡe/

Témoignages historiques

Littré (1873), entrée 2 · 1 sens

interj.

  1. Sorte de juron de paysan.

    Morgué ! queu mal te fais-je ?Molière (1622-1673)

Étymologie : Altération de mordié.

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0). Tout ce témoin.

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR, entrée morgué#40798.

Entrées anciennes, hors de la nomenclature actuelle

Attestées par un témoin historique, absentes de la nomenclature contemporaine (Morphalou). Mots disparus.

morgué

adjectif

Voir aussi : participe passé de morguer

Témoignages historiques

Littré (1873), entrée 1 · 2 sens

part. passé

  1. À qui on fait la morgue. Morgué par un fat.

  2. Qui fait la morgue.

    Monseigneur paraissait rêveur et morguéSaint-Simon (1675-1755)

    Je vis mettre le roi à table, il me sembla plus morgué qu'à l'ordinaire, et regardant fort à droite et à gaucheSaint-Simon (1675-1755)

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0). Tout ce témoin.

Source de l'entrée : Dictionnaire de la langue française (Littré), 1863-1873, licence CC-BY-SA-3.0, entrée MORGUÉ, ÉE#sens1.

Entrée morphologique (v0.1). Données JSON : lemme.