mordant
adjectif · /mɔʁdɑ̃/
Usage : d'usage courant (1.52 occurrences par million, Lexique 3.83).
Définitions
Qui attaque, critique avec agressivité et causticité.
Le journaliste est connu pour son humour mordant et ses critiques sans pitié.
Synonymes : acerbe, caustique, incisif.
« . Quand Juvénal, de sa mordante plume, Faisait couler des flots de fiel et d'amertume »Boileau (1636-1711)
« Le Grammont dont les mémoires ont été écrits par Antoine Hamilton, son beau-frère, était un roué de première classe, avec beaucoup d'esprit et très mordant »Charles Pinot Duclos (1704-1772)
Chimie. Qui a une action corrosive sur une substance.
Un acide mordant a rongé la surface du métal.
Synonyme : corrosif.
« J'entends crier la dent de la lime mordante »Jacques Delille (1738-1813)
Qui produit une sensation vive et piquante, en parlant du froid.
Un froid mordant nous attendait à la sortie de la gare.
Définitions Francorium (CC BY-SA 4.0) · méthode.
Grammaire et formes (4)
- mordantes : pluriel féminin · /mɔʁdɑ̃tə/
- mordants : pluriel masculin · /mɔʁdɑ̃/
- mordante : singulier féminin · /mɔʁdɑ̃tə/
- mordant : singulier masculin · /mɔʁdɑ̃/
Témoignages historiques
Littré (1873), entrée 1 · 4 sens
adj.
Qui mord, qui entame. Terme de chasse. Bête mordante, nom donné à certaines bêtes qui se défendent avec les dents ; telles que le sanglier, le renard, le blaireau, le loup, la loutre, etc.
J'entends crier la dent de la lime mordanteJacques Delille (1738-1813)
Fig. Qui a une qualité corrosive. L'eau-forte est mordante. Terme de médecine. Chaleur mordante, chaleur du malade qui semble mordre la main du médecin qui le touche.
Fig. Il se dit aussi des choses. . .
Dont la parole mord en quelque sorte, Dans vos discours chagrins, plus aigre et plus mordant Qu'une femme en furie ou Gautier en plaidantBoileau (1636-1711)
Ils sont d'ordinaire plus mordants que des avocats, et plus emportés que des jansénistesVoltaire (1694-1778)
Qui fait sur l'ouïe une impression forte et comparée à quelque chose qui mord.
Le son de sa voix était net, plein, bien timbré ; une belle voix de basse, étoffée et mordante, qui remplissait l'oreille et sonnait au cœurJean-Jacques Rousseau (1712-1778)
Historique : XIIe s. Car veez cum li peres chastie sun enfant Par mult dulce parole e par aspre e mordant, E mainte feiz le bat de la verge trenchant XIIIe s. ... Se moz i trovés ja mis, Qui semblent mordans ou chenins Encontre les meurs femenins, Que ne m'en voilliés pas blasmer XVIe s. Je ne me suis pas feinct à leur donner des advis paternels et mordants, et à les pincer là où il leur cuisoit
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0). Tout ce témoin.
Académie française, 8e édition (1935) · 8 sens
adj.
Qui mord. En termes de Chasse, Bêtes mordantes, Le blaireau, le renard, l’ours, le loup, la loutre, etc.
Il signifie, par analogie, Qui a une qualité corrosive. Un acide mordant.
Il signifie aussi, figurément, Qui censure, qui critique avec malignité. C’est un esprit mordant. Un satirique mordant. Il a l’humeur mordante. Paroles mordantes.
Il s’emploie comme nom masculin pour désigner le Vernis qui sert à fixer l’or en feuilles que l’on applique sur du cuivre, du bronze, etc.
En termes de Teinture, il se dit des Substances au moyen desquelles on parvient à fixer les couleurs sur la laine, la soie, le coton, etc. L’alun est le mordant le plus employé.
Fig., Une voix qui a du mordant, Une voix dont le timbre est sonore et pénétrant.
Fig., Avoir du mordant dans l’esprit, Avoir du piquant, de la causticité dans l’esprit.
Figurément, dans le langage militaire, Cette troupe a du mordant, Elle a de l’élan, de la vivacité et de la vigueur dans l’attaque.
Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935), domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire. Tout ce témoin.
Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR, entrée mordant#40758.