moralité
nom, féminin, /moʁalite/ ou /mɔʁalite/
Témoignages historiques
Frise des témoins : Littré 1873 (5 sens) — Académie 1935 (5 sens)
Littré (1873)
s. f.
Réflexion morale. Moralité chrétienne, réflexions conformes aux principes et à l'esprit de la religion chrétienne.
Nous sommes tous d'Athène en ce point ; et moi-même, Au moment que je fais cette moralité.... — La Fontaine (1621-1695)
... Si vous n'aviez lu que ces moralités, Vous sauriez un peu mieux faire mes volontés — Molière (1622-1673)
Sens moral qui est renfermé sous une fable, un récit. La moralité d'un apologue n'est pas toujours exprimée.
Ancien poëme dramatique français qui représentait une action sérieuse ou morale, à l'aide de personnages allégoriques.
Le soir, le cardinal de Bourbon leur donna une fête magnifique, suivie d'une comédie de ce temps [sous Louis XI], c'est-à-dire une moralité ou sotie — Charles Pinot Duclos (1704-1772)
Discernement moral. Les actions des fous sont dénuées de moralité. Rapport des actions humaines avec les principes qui en sont la règle. La moralité des actions humaines suppose la liberté de l'être humain.
Qualité de ce qui est moral. En parlant des personnes, caractère moral. Prendre des renseignements sur la moralité de quelqu'un. Des certificats de moralité.
Tous les rites chrétiens sont de la plus haute moralité — Chateaubriand (1768-1848)
Étymologie : Provenç. moralitat ; esp. moralidad ; ital. moralità ; du lat. moralitatem, de moralis, moral.
Historique : XIIIe s. Si comme la cire reçoit la figure dou seel, tout autressi la moralité des homes est formée par exemples Deux manieres sont de vertuz : l'une est de l'entendement de l'home, ce est sapience, science et sens ; l'autre est moralité, ce est chasteé et largesce, et autres semblables XIVe s. Et de toute ceste doctrine la meilleur, la plus digne et la plus proffitable, c'est la science de moralité contenue par especial en ung livre XVe s. Une moult belle moralité, sotie et farce XVIe s. Nos moralitez tiennent lieu de tragedies et comedies indifferemment Formellement la moralité bonne ou mauv…
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).
Académie française, 8e édition (1935)
n. f.
Réflexion morale. Il y a de belles moralités à tirer de cette histoire. Un recueil de moralités. Dans ce sens, il vieillit.
MORALITÉ désigne aussi le Sens moral que renferme un discours fabuleux ou allégorique. La moralité d’une table, d’un apologue. Chez la plupart des fabulistes, la moralité est indifféremment placée avant ou après le récit.
Il s’est dit anciennement de Certains poèmes dramatiques qui représentaient une action morale à l’aide de personnages allégoriques. Au moyen âge, la comédie comprenait les farces, les soties et les moralités. La Condamnation de Banquet est une de nos plus fameuses moralités.
MORALITÉ se dit encore pour Discernement moral. La moralité des actions humaines, Le rapport de ces actions avec les principes de la morale.
MORALITÉ désigne aussi le Caractère moral, les principes, les moeurs d’une personne. Il est d’une moralité irréprochable. Sa moralité a toujours été tenue pour douteuse.
Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.
Grammaire et formes (2)
- moralités — pluriel — /mɔʁalite/ ou /moʁalite/
- moralité — singulier — /mɔʁalite/ ou /moʁalite/
Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée moralité#40737.