mont
nom, masculin · /mɔ̃/
Usage : fréquent (16 occurrences par million, Lexique 3.83).
Définitions
Élévation naturelle importante du relief terrestre.
Le mont Blanc est le plus haut sommet des Alpes.
Synonyme : montagne.
« Au pied du mont Adule, entre mille roseaux »Boileau (1636-1711)
« Pépin passe les monts et réduit les Lombards »Bossuet (1627-1704)
Au pluriel, chaîne de montagnes : les monts d'Auvergne, passer les monts.
Les monts du Cantal sont couverts de neige en hiver.
Définitions Francorium (CC BY-SA 4.0) · méthode.
Expressions : par monts et par vaux · promettre monts et merveilles
Grammaire et formes (2)
- monts : pluriel · /mɔ̃/
- mont : singulier · /mɔ̃/
Témoignages historiques
Littré (1873) · 10 sens
s. m.
Grande masse de terre et de roche, élevée au-dessus du terrain qui l'environne. Fig. et familièrement. Promettre monts et vaux, faire les plus grandes promesses. Promettre des monts d'or à quelqu'un, lui promettre de grandes richesses, de grands avantages. On dit dans un sens analogue : promettre monts et merveilles. Par exagération. Un mont d'or, une somme très considérable. Cela lui coûte des monts d'or. Vous me donneriez un mont d'or, des monts d'or, que je n'en ferais rien, vous me donneriez tous les biens du monde, que, etc.
La moindre taupinée était mont à ses yeuxLa Fontaine (1621-1695)
Déjà le sacré mont, où le temple est bâti, D'insolents Tyriens est partout investiJean Racine (1639-1699)
Mont suivi d'un nom propre pour désigner un mont particulier ne prend pas la préposition de, tandis que montagne la prend. Les monts Pyrénées.
Au pied du mont Adule, entre mille roseauxBoileau (1636-1711)
La fameuse journée Où sur le mont Sina la loi nous fut donnéeJean Racine (1639-1699)
Absolument, au plur. Les monts, une chaîne de montagnes. Particulièrement, les monts, les Alpes. Passer les monts. De là les monts.
Encore une campagne, et nos seuls escadrons Aux aigles de Sylla font repasser les montsPierre Corneille (1606-1684)
Repassez les monts et les mers, Rassemblez-vous des bouts de l'universJean Racine (1639-1699)
Poétiquement. Le double mont, le mont sacré, le mont Parnasse. Le mont Sacré, colline de Rome célèbre par la sécession du peuple.
Et ne savez-vous pas que sur ce mont sacré, Qui ne vole au sommet tombe au plus bas degré ?Boileau (1636-1711)
Mont pagnote, voy. PAGNOTE.
Nom donné par les riverains du lac Léman à des pentes sous-lacustres que l'on rencontre à une certaine distance des rives, et où l'on cesse de pouvoir distinguer le fond du lac par la transparence des eaux. Dans cette saison le poisson se tient sur le mont.
Mont-de-piété, établissement où l'on prête sur nantissement et à intérêt. Reconnaissance du mont-de-piété. Lieux de mont, sorte d'établissement de crédit fondé par le pape Sixte V.
Le mont-de-piété établi en 1777, avec le succès qu'on en attendait ; il a prêté à 10 pour 100 sur gagesNECKER
Quel est le bien ou le mal que causent les monts-de-piété ?GALIANI
En termes de chiromancie, on appelle mont la petite éminence qui est au-dessous de chaque doigt de la main. Celle du pouce s'appelle mont de Mars ; celle de l'index, mont de Jupiter ; celle du doigt du milieu, mont de Saturne ; celle du doigt annulaire, mont de Vénus ; celle du petit doigt, mont de Mercure.
Terme d'anatomie. Mont de Vénus, éminence cellulo-adipeuse, qui est située au bas de l'hypogastre chez la femme, au-devant du pubis.
Par monts et par vaux, loc. adv. En toute sorte d'endroits, de tous côtés.
Mais tant fût-il mauvais cheval Courant à mont ou bien à valScarron (1610-1660)
Vous avez fait faire à ma fille le plus beau voyage du monde ; elle en est ravie ; mais vous l'avez bien menée par monts et par vauxMme de Sévigné (1626-1696)
Étymologie : Provenç. mont, mon, mun ; espag. et ital. monte ; du lat. montem. D'après Corssen, Nachträge, p. 77-80, mons se rattache au radical latin min, qui se trouve dans les verbes composés, e-min-ere, pro-min-ere ; mons s'y rapporte comme fors à ferre, et veut dire éminence.
Historique : XIe s. Sonent li munt et respondent li val XIIe s. Dès le mont Saint Michel jusqu'à Chastel Landon E sewid [il suivit] les cumandemenz sun pere David, fors tant que il fist ses sacrefises as munz Par mons et par laris [plaines] Ainsi l'ont fait as forches contre mont sus lever XIIIe s. Si comme s'il done le mont de buce [bûche] à deniers ses [argent comptant] Dessus la riviere, aussi comme il aloient à mont XVe s. Si chevaucherent tant, à mont et à val, qu'ils trouverent aucuns hamelets Quand le flux de la mer est en venant, il regorge la riviere si contre mont que nul n'y pourroit passer Qui …
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0). Tout ce témoin.
Académie française, 8e édition (1935) · 4 sens
n. m.
Grande masse de terre ou de roche élevée au-dessus du terrain qui l’environne. Il s’emploie surtout dans certaines expressions géographiques consacrées par l’usage. Le mont Blanc. Le mont Dore. Le mont Athos. Le mont Sinaï, etc. Au pluriel, le terme géographique est généralement suivi de la préposition de. Les monts du Velay. Les monts du Rouergue. Les monts d’Auvergne. Dans l’usage courant on dit plutôt Montagne.
MONTS, au pluriel et pris absolument, désigne ordinairement les Alpes. Passer, repasser les monts. Au-delà des monts. Deçà les monts.
Fig. et fam., Promettre monts et merveilles à quelqu’un, Lui promettre de grandes richesses, de grands avantages.
Adverbialement, Par monts et par vaux, En toute sorte d’endroits, de tous côtés. Aller, courir par monts et par vaux. On le cherche par monts et par vaux.
Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935), domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire. Tout ce témoin.
Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR, entrée mont#40649.