montagne
nom, féminin · /mɔ̃taɲə/
Usage : fréquent (72 occurrences par million, Lexique 3.83).
Définitions
Relief naturel de grande hauteur, aux versants prononcés.
Cette montagne culmine à plus de quatre mille mètres.
« Ces hautes montagnes, dont la cime, au-dessus des nues et des tempêtes, trouve la sérénité dans sa hauteur et ne perd aucun rayon de la lumière qui l'environne »Bossuet (1627-1704)
« Les plus fameux tremblements de terre dont l'histoire fasse mention n'ont pas eu assez de force pour élever des montagnes »Buffon (1707-1788)
Région élevée où l'on séjourne pour le climat ou les loisirs.
Ils passent leurs étés à la montagne.
« Les montagnes de Juda et d'Éphraïm étaient de grands vignobles »Claude Fleury (1640-1723)
Quantité considérable de quelque chose, amoncellement.
Il a une montagne de dossiers à traiter.
Synonyme : monceau.
« De morts et de mourants cent montagnes plaintives »Boileau (1636-1711)
« Cependant sur le dos de la plaine liquide S'élève à gros bouillons une montagne humide »Jean Racine (1639-1699)
Définitions Francorium (CC BY-SA 4.0) · méthode.
Expressions : déplacer des montagnes · la montagne accouche d'une souris · montagnes russes · soulever des montagnes
Grammaire et formes (2)
- montagnes : pluriel · /mɔ̃taɲə/
- montagne : singulier · /mɔ̃taɲə/
Témoignages historiques
Littré (1873) · 9 sens
s. f.
Suite de monts qui tiennent l'un à l'autre. Les montagnes de la lune. Terme de géologie. Montagnes primitives, celles dont l'origine remonte à l'époque de la formation du globe. Montagnes secondaires, tertiaires, volcaniques, etc. divisions analogues à celles des terrains. Mal de montagne, voy. MAL, n° 6. Chaîne de montagnes, suite de montagnes qui tiennent l'une à l'autre.
Quelque avantage que prenne un ennemi habile autant que hardi, et dans quelque affreuse montagne qu'il se retrancheBossuet (1627-1704)
Déjà prenait l'essor pour se sauver dans les montagnes cet aigle dont le vol hardi....Fléchier (1632-1710)
Il se dit pour mont simplement ; et alors, quand il est joint à un nom de localité, on met la préposition de, par opposition à mont qui ne la prend pas. La montagne d'Athos. Fig. La montagne a enfanté une souris, se dit lorsque de grands projets n'aboutissent à rien, par allusion à la fable ancienne et bien connue.
Ces hautes montagnes, dont la cime, au-dessus des nues et des tempêtes, trouve la sérénité dans sa hauteur et ne perd aucun rayon de la lumière qui l'environneBossuet (1627-1704)
Levons les yeux vers les saintes montagnesJean Racine (1639-1699)
Montagnes de glaces, amas considérables de glaces flottantes qu'on rencontre principalement dans les mers polaires.
Fig. Amas quelconque, comparé, par exagération, à une montagne.
Cet horrible débris d'aigles, d'armes et de chars, Sur ses champs empestés confusément épars, Ces montagnes de morts, privés d'honneurs suprêmes, Que la nature force à se venger eux-mêmesPierre Corneille (1606-1684)
De morts et de mourants cent montagnes plaintivesBoileau (1636-1711)
Fig. Grosses affaires qui semblent des montagnes. Il a sa montagne dans la tête, il est très occupé d'un dessein qu'il a conçu.
Je l'ai entendu raisonner [M. de Pompone] sur les affaires présentes : il trouve que toutes ces grandes montagnes s'aplanissentMme de Sévigné (1626-1696)
Montagne d'eau, espèce de rocher artificiel d'où sortent plusieurs jets, bouillons et nappes d'eau.
Montagnes russes, nom donné à des montagnes réelles ou artificielles où l'on a pratiqué un chemin uni que parcourt un traîneau qu'on laisse glisser du haut en bas. Ce jeu a été supprimé par la police en France, à cause des dangers qu'il présentait et des accidents qui se sont produits.
Montagne, le parti exalté parmi les républicains, ainsi nommé parce que, dans la Convention, il siégeait dans le haut de la salle (on l'écrit avec une minuscule). La crête de la montagne, les plus exaltés de ce parti.
Terme d'astronomie. Montagne de la Table, constellation méridionale.
Étymologie : Provenç. montanha, montagna, montayna ; cat. montanya ; esp. montaña ; ital. montagna ; d'un adjectif fictif montaneus, dérivé de mons, mont. Montanus, qui est latin, n'aurait pas donné le son mouillé gn ou ñ ; il aurait donné montain.
Historique : XIIe s. E foï s'en [il s'enfuit] il e si fil [ses fils] es montaignes, e guerpirent tot quant que il avoient en la cité XIIIe s. ....Tant erra fort Par montaignes et par valées, Et par forès longues et lées.... XVIe s. Montagnes ne s'encontrent jamays, mays gens de cognoissance s'encontrent souvent Rome, qui as veu de tes sept montaignes Tout l'univers ployé sous tes enseignes
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0). Tout ce témoin.
Académie française, 8e édition (1935) · 9 sens
n. f.
Synonyme de Mont, qu’il a remplacé dans la plupart de ses emplois. Montagne élevée, rude, escarpée. Le sommet, le haut, la cime d’une montagne. Le penchant, la pente, les flancs, le revers, le versant, le pied d’une montagne. Gravir, escalader, descendre, passer, traverser une montagne. Les brigands se sont retirés dans les montagnes. Les montagnes d’Auvergne. Pays de montagnes. Pays hérissé de montagnes.
MONTAGNE a aussi le sens général de Région élevée où l’on séjourne pour son plaisir ou pour sa santé. Aller à la montagne. Passer plusieurs mois à la montagne. On lui a ordonné l’air de la montagne.
Mal de montagne, Malaise causé dans les ascensions en montagne par la raréfaction progressive de l’air à mesure que l’on s’élève.
Une chaîne de montagnes, Une suite de montagnes qui tiennent l’une à l’autre.
Prov. et fig., La montagne a enfanté une souris, se dit Lorsque de grands projets n’aboutissent à rien.
Fam., Il ferait battre des montagnes se dit de Quelqu’un qui réussit à semer partout la discorde.
Fig., Se faire une montagne d’une chose, S’exagérer l’importance, la difficulté d’une chose.
Montagne de glace, Amas considérable de glace qu’on rencontre principalement dans les mers polaires. On dit plutôt aujourd’hui ICEBERG. Voyez ce mot.
MONTAGNE s’est dit, sous la Convention, des Bancs les plus élevés de cette assemblée, de ceux où siégeaient les députés démocrates qui furent appelés le parti de la Montagne ou simplement la Montagne. Il siégeait sur la Montagne. Il appartenait à la Montagne. Par allusion, il se dit quelquefois du Groupe qui, dans une assemblée parlementaire, représente les opinions les plus avancées.
Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935), domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire. Tout ce témoin.
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