monsieur
nom, masculin, /məsjø/
Définitions
Titre de politesse donné à un homme à qui l'on s'adresse ou dont on parle.
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Homme dont on ne connaît pas le nom, désigné par respect ou neutralité.
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Familier : homme qui affecte l'importance ou les belles manières.
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Témoignages historiques
Frise des témoins : Littré 1873 (12 sens) — Académie 1935 (12 sens)
Littré (1873)
s. m.
Titre qui, avant la Révolution, ne se donnait qu'à certaines classes de la société. Un petit monsieur, un enfant d'une classe où se porte le titre de monsieur. Familièrement. Il fait le monsieur, il fait bien le monsieur, il fait l'homme de conséquence. Monsieur de, avec un nom de ville, se disait de l'évêque du diocèse dont cette ville est la capitale. Monsieur de Condom, monsieur de Meaux, noms successifs de Bossuet (au lieu de monsieur, on dit aujourd'hui monseigneur).
Exercez-la, monsieur, et gouvernez le prince — Pierre Corneille (1606-1684)
Monsieur, on tient conseil, et le roi vous demande — Rotrou (1609-1650)
Le pluriel est messieurs. Des messieurs, des hommes d'une classe où se porte le titre de monsieur. Messieurs se disait autrefois absolument, au parlement et dans les autres cours souveraines. Un de messieurs. On dit aussi messieurs d'autres compagnies que les anciennes cours souveraines de France. Au XVIIe siècle, messieurs de la religion réformée, les ministres protestants. Ces messieurs, au XVIIe siècle, en parlant des solitaires de Port-Royal.
Je vous respecte trop, vous et messieurs vos parents, pour être amoureux de vous — Molière (1622-1673)
On ne souffre pas qu'ils deviennent des messieurs — Jean-Jacques Rousseau (1712-1778)
Titre de simple civilité qu'on donne depuis longtemps par bienséance à un homme à qui l'on parle ou de qui l'on parle. Oui, monsieur. Cette lettre, monsieur et cher confrère, est pour.... Cher monsieur, Mon cher monsieur, se met en tête de lettres adressées à des personnes avec qui on a une liaison assez intime. Je vous prie, messieurs.... Messieurs les membres du Corps législatif. Ces messieurs, les gens dont on parle. Voltaire... écrivait : Donner le monsieur à quelqu'un, le traiter de monsieur, ne pas le nommer tout court sans faire précéder son nom de monsieur. Mon bon monsieur, se dit à quelqu'un avec un ton de flatterie, mais familier.
On ne donne point le nom de monsieur aux auteurs qui sont morts il y a déjà quelque temps ; ainsi on dit Amyot, du Bartas, Ronsard, et non pas monsieur Amyot, monsieur du Bartas, monsieur Ronsard — Vaugelas (1585-1650)
Au lieu de dire rustiquement, mon père, comme le menu peuple, on dit monsieur, cela a plus de dignité — Marivaux (1688-1763)
Monsieur sert encore à désigner tout homme dont le langage et les manières annoncent quelque éducation. Il est venu un monsieur vous demander. Faites entrer ce monsieur. On le dit aussi au pluriel en cet emploi. Les deux messieurs Thomas. C'est un beau monsieur, il est élégamment vêtu. Par antiphrase, un beau monsieur, un homme qui déplaît, qui est insupportable. Familièrement. C'est un vilain monsieur, c'est un homme difficile à vivre, d'humeur maussade, ou qui fait quelque chose de répréhensible. Un gros monsieur, un homme fort à son aise.
Je la vis hier dans le bois de Vincennes, en grande conversation avec un monsieur que je ne connais point — Hauteroche (1617-1707)
J'ai trouvé, en arrivant ici, un petit jeune monsieur que j'ai vu quelquefois avec vous — Dancourt (1661-1725)
Monsieur se dit, par les domestiques d'une maison, du chef, du maître de cette maison. Vous demandez monsieur, il est sorti. Absolument Le maître de la maison, dans la bouche d'autres personnes que les domestiques de la maison. Monsieur est-il chez lui ? je voudrais lui parler. Il se dit aussi par une femme qui parle de son mari à un domestique. Avertissez monsieur que le déjeuner est servi. Souvent, aujourd'hui, dans la bourgeoisie, une femme dit monsieur en parlant de son mari à d'autres qu'à des domestiques ; c'est mal dit et désagréable.
Ah ! remets-toi promptement en la même posture, c'est encore notre monsieur — Hauteroche (1617-1707)
Notre monsieur va toujours mal vêtu ; cela fait mal juger de ses affaires — David-Augustin de Brueys (1640-1723)
Monsieur se dit par mauvaise humeur ou par reproche en parlant de quelqu'un. Je fais ce que je peux et monsieur se fâche. Il se dit aussi, dans des reproches, dans la colère, à quelqu'un de la famille qu'on n'a pas l'habitude d'appeler monsieur.
Monsieur ne songe à rien, monsieur dépense tout, Monsieur court, monsieur se repose.... Elle en dit tant, que monsieur à la fin Vous la renvoie à la campagne — La Fontaine (1621-1695)
De le frapper je suis las ; Mais dans ses dents monsieur gronde.... — Béranger (1780-1857)
Par mépris, mon petit monsieur. Que veut donc ce petit monsieur ?
Mais, mon petit monsieur, prenez-le un peu moins haut. - Ma foi, mon grand monsieur, je le prends comme il faut — Molière (1622-1673)
Ma foi, j'aurais joué ce petit monsieur l'auteur, qui se mêle d'écrire contre les gens qui ne songent pas à lui — Molière (1622-1673)
Monsieur se joint quelquefois à un terme d'injure. Ce n'est pas ce que je vous dis, monsieur le sot.
Monsieur employé absolument, l'aîné des frères du roi (avec une majuscule).
Mon rang et ma beauté [le frère de Louis XIV encore enfant] partout se font connaître ; Et, petit que je suis, je ne laisse pas d'être Tout le plus grand Monsieur qui soit — BENSERADE
Que dites-vous du mariage de Monsieur ?... vous comprenez bien la joie qu'aura Monsieur d'avoir à se marier en cérémonie — Mme de Sévigné (1626-1696)
Terme de verrerie. Nom donné, comme par excellence, aux gentilshommes de race verrière, qui avaient seuls le privilége de travailler au verre, sans déroger.
Titre qu'on donnait aux saints dans le moyen âge.
Où l'oraison de monsieur saint Julien à Renaud d'Ast produisit un grand bien — La Fontaine (1621-1695)
Prune de Monsieur (avec une majuscule), sorte de prune ronde d'un beau violet. Nom d'une nuance de la couleur violette. Des robes prune de Monsieur. On dit aussi monsieur, par abréviation, pour la prune et l'arbre qui la produit ; alors il fait au pluriel des monsieurs et non des messieurs. Ce monsieur produit beaucoup de fruit. Ces monsieurs sont excellents. Monsieur vaut bien madame, ou madame vaut bien monsieur, se dit pour exprimer que le mari et la femme se valent, ordinairement en un sens ironique, signifiant que l'un ne vaut pas mieux que l'autre ; et fig. quand on soutient que deux personnes sont d'un mérite égal, ou même que l'on compare deux choses.
Il ne faut point douter qu'on ne dise de lui et d'elle, que madame vaut bien monsieur — Scarron (1610-1660)
Donc, à votre calcul, Ô ma très digne femme, Monsieur, tout bien compté, ne vaut pas bien madame — Molière (1622-1673)
Étymologie : Mon, et sieur. Sieur est une forme contracte de seigneur ; monsieur signifie donc proprement monseigneur ; c'est pour cela que, parlant des saints, des princes, on disait : Monsieur saint Julien, François monsieur [c'est-à-dire monseigneur] duc d'Alençon. Monsieur est le régime dont messire est le nominatif.
Historique : XIVe s. Si com Avicence la mist [l'anatomie], et si com el pot [peut] mix [mieux] estre estraite de lui par moi et par aucuns messiours XVe s. Estes vous point, à cause de vos vaillances et que l'on vous dit monsieur et de nouvel chevalier, changié ? Plus grands monsieurs qu'ils ne sont XVIe s. Le roy François l'aimoit fort, et estoit de ses grands favoris ; si que, voulant un jour un peu abuser de cette faveur, il se mit à appeler le roy monsieur, ainsi que faisoit M. de Vendosme ; mais le roy luy dit que c'estoit tout ce qu'il pouvoit permettre à M. de Vendosme son aisné, et qu'il ne le voul…
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).
Académie française, 8e édition (1935)
n. m.
Pluriel : MESSIEURS. Qualité, titre que l’on donne à celui ou à ceux à qui on parle ou à qui on écrit, par déférence, par civilité. Monsieur, soyez le bienvenu. Présentez-moi à ces messieurs. On en fait aussi précéder, par politesse, le nom d’un homme vivant. On écrit alors, le plus souvent, par abréviation, au singulier M. et au pluriel MM.
MESSIEURS se disait autrefois absolument, au parlement et dans les autres cours souveraines. Un de messieurs. L’avis de messieurs. Il se dit encore des Membres de nos cours et tribunaux. Messieurs de la Cour.
MONSIEUR se dit, par les domestiques d’une maison, du Chef, du maître de cette maison. Vous demandez monsieur, il est sorti.
MONSIEUR sert aussi à désigner Tout homme dont le langage et les manières annoncent quelque éducation. Il est venu un monsieur vous demander.
C’est un monsieur se dit de Quelqu’un qui a les dehors d’un bourgeois.
Pop., Il fait le monsieur, Il fait l’homme de conséquence. Il est devenu un gros monsieur, Il a fait fortune, il a acquis une situation importante. C’est un beau monsieur, Il est élégamment vêtu.
Fam., C’est un vilain monsieur, se dit d’un Homme peu estimable.
Fam., Mon petit monsieur se dit à quelqu’un qu’on traite de haut. Que veut donc ce petit monsieur?
MONSIEUR se joint quelquefois à un terme de reproche. Monsieur l’insolent.
MONSIEUR, employé absolument, s’est dit de l’Aîné des frères du roi. La maison de Monsieur.
Prune de Monsieur, Sorte de prune ronde, d’un beau violet.
Monsieur de Paris, Le bourreau.
Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.
Grammaire et formes (2)
- messieurs — pluriel
- monsieur — singulier — /məsjø/
Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée monsieur#40641.