mondain
adjectif, /mɔ̃dɛ̃/
Témoignages historiques
Frise des témoins : Littré 1873 (4 sens) — Académie 1935 (5 sens)
Littré (1873)
adj.
Qui appartient à la vie du monde, par opposition à la vie religieuse. Œuvre mondaine, œuvre mercenaire, servile. Loi mondaine, loi composée du code Théodosien pour les Romains, et des codes nationaux des barbares pour ces derniers ; se disait par opposition à la loi canonique. Ère mondaine, ère de la création.
J'ose me livrer à ma sainte ardeur, j'ose insulter aux mortels, en leur avouant que je me suis servi de la science mondaine, que j'ai dérobé les vases d'Égypte, pour en construire un temple à mon Dieu — Mme de Staël (1766-1817)
Qui aime les vanités du monde. Plus particulièrement, il se dit, par opposition aux gens retirés, de ceux qui aiment les plaisirs des réunions du monde, bals, soirées, spectacles. Cette femme est mondaine. Qui se ressent des vanités du monde, en parlant des choses.
Il voulait que leur simplicité et leur modestie [des muses chrétiennes] les distinguassent de leurs autres sœurs, qui sont plus mondaines et plus enjouées — Guez de Balzac (1597-1654)
Demandez à cette femme mondaine si elle compte comme un péché de ne vouloir jamais ménager quelques moments pour écouter la parole de Dieu — Bourdaloue (1632-1704)
Substantivement. Mondain, mondaine, celui, celle qui est attachée aux choses du monde. Un sage mondain, un homme sage mais peu dévot (locution qui vieillit). Plus particulièrement, celui, celle qui aime les réunions, les soirées, les bals, les spectacles.
Le désordre ancien et commun était de voir avec compassion un insensé, sous le nom d'amant prodigue, et prodigue jusqu'à l'extravagance, contenter l'avarice et entretenir le luxe d'une mondaine qu'il idolâtrait — Bourdaloue (1632-1704)
Nous ne voyons point de mondains contents du monde, et nous voyons des serviteurs et des servantes de Dieu, contents de Dieu auquel ils se sont dévoués — Bourdaloue (1632-1704)
Pigeons mondains, sorte de pigeons.
Une autre race est celle des pigeons mondains ; c'est la plus commune et en même temps la plus estimée à cause de sa grande fécondité — Buffon (1707-1788)
Étymologie : Provenç. mondan, monda ; esp. mundano ; ital. mondano ; du lat. mundanus, de mundus, monde 1.
Historique : XIVe s. Ft vous ostez de toutes pensées terriennes et mondaines Nous loons un bon homme aucune foiz en disant qu'il ne cure des honneurs mundains Prudence est congnoissance des choses mondaines et civiles, et est pratique XVe s. Là nous sysmes [assîmes], et des choses mondaines Pou devisames C'est uns mondains paradis Que d'avoir dame toudis [toujours] Ainsy fresche, ainsy nouvelle XVIe s. Ô vous, mondains, qui vivez en delices, Ne suivant point de Jesus Christ l'enseigne C'estoit un des plus sages mondains qui ait esté de nostre temps [Cosme de Médicis] L'appetit et l'usage des plaisirs monda…
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).
Académie française, 8e édition (1935)
adj.
Qui appartient au monde, au siècle, par opposition aux Choses religieuses. Honneur mondain.
Il s’applique aussi à Tout ce qui touche à la vie de société. Vie mondaine. Plaisirs mondains. Esprit mondain. Chronique mondaine.
Il signifie aussi Qui aime la vie du monde. C’est une femme extrêmement mondaine.
Substantivement, Un mondain, une mondaine.
Demi-mondaine, Femme de moeurs légères.
Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.
Grammaire et formes (4)
- mondaines — pluriel féminin — /mɔ̃dɛnə/
- mondains — pluriel masculin — /mɔ̃dɛ̃/
- mondaine — singulier féminin — /mɔ̃dɛnə/
- mondain — singulier masculin — /mɔ̃dɛ̃/
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