momerie
nom, féminin, /mɔməʁi/ ou /moməʁi/
Témoignages historiques
Frise des témoins : Littré 1873 (5 sens) — Académie 1935 (2 sens)
Littré (1873)
s. f.
Mascarade. Vieux en ce sens.
Soit que ce fût un triomphe véritable que Bacchus institua le premier, ou que ce ne fût qu'un jeu d'ivrognes et une pure momerie — Vaugelas (1585-1650)
Chose concertée pour faire rire quelqu'un. C'est une plaisante momerie. Vieux en ce sens.
Si j'omettais les représentations et momeries qui eurent lieu pendant le dîner entre les services — MARCHANGY
Chose concertée pour tromper quelqu'un, mais avec teinte de ridicule.
Je ne vois point de plus plaisante momerie, je ne vois rien de plus ridicule, qu'un homme qui se veut mêler d'en guérir un autre — Molière (1622-1673)
L'auteur qui a composé l'histoire de la diablerie de Loudun, favorise une partie des conjectures que je viens d'alléguer ; il expose les intrigues particulières qui firent éclore cette étrange momerie — Pierre Bayle (1647-1706)
Cérémonie bizarre, ridicule.
Il [Henri III] était persuadé, aussi bien que certains théologiens de son temps, que ces momeries expiaient les péchés d'habitude — Voltaire (1694-1778)
Les catholiques ridiculisaient l'austérité affectée des protestants ; les protestants répliquaient en produisant en scène ce qu'ils appelaient les momeries des catholiques — La Harpe (1739-1803)
Fig. Affectation ridicule d'un sentiment qu'on n'a pas.
On ne pouvait être trop en garde contre les artifices de la cour de Vienne, dont toute la conduite était un tissu de momeries — Saint-Simon (1675-1755)
Si Mazarin en avait usé ainsi [prié pour la prise des princes], c'eût été une momerie atroce — Voltaire (1694-1778)
Étymologie : Espagn. momeria ; angl. mummery ; allem. Mummerey. Du Cange le tire de l'ancien français mahomerie, qui signifiait mosquée, pratique musulmane, et, par suite, pour des chrétiens, chose ridicule. Diez le tire du germanique : allem. mummen, masquer ; angl. to mum. L'ancien français avait mome, sorte de divertissement, et momer. Le latin, de son côté, avait momerium, action de tourner en ridicule. Momerium vient certainement de momus, en grec μῶμος. Mais l'ancien français mome, momer, joint à l'anglais to mumm, mummery, indique plutôt l'origine germanique.
Historique : XVe s. En acquictant nostre temps vers jeunesse, Le nouvel an et la saison jolie, Venus sommes en ceste momerie Plusieurs assemblées, festois, banquetz, danses, mommeries et esbatemens, furent faits pour festoyer le roy des Romains Icellui Darleux commença à dire au suppliant qu'il falloit jouer à la mommerie aux dez XVIe s. Il defendit toutes assemblées de festins, mommeries et toutes autres telles joyeusetez, qui lors estoient hors de saison Il s'enquesta à quelquung de la bande, que queroyt ceste mommerye
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).
Académie française, 8e édition (1935)
n. f.
Mascarade. Dans ce sens, il est vieux. Son usage le plus ordinaire est au figuré, où il se prend pour Affectation ridicule d’un sentiment qu’on n’a pas. Cet héritier se montre fort affligé de la mort de son parent; mais c’est une momerie, une pure momerie, ce n’est que momerie, c’est pure momerie. Il s’est tiré d’affaire par quelques momeries.
Il signifie encore Cérémonie bizarre, ridicule. Les cérémonies religieuses de cette peuplade se réduisent à de vagues momeries.
Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.
Grammaire et formes (2)
- momeries — pluriel — /mɔməʁi/ ou /moməʁi/
- momerie — singulier — /mɔməʁi/ ou /moməʁi/
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