mollesse
nom, féminin, /molɛsə/ ou /mɔlɛsə/
Définitions
Qualité de ce qui est mou, manque de fermeté.
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Manque d'énergie, de fermeté dans le comportement, la volonté.
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Douceur excessive, absence de rigueur dans un style, une œuvre.
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Témoignages historiques
Frise des témoins : Littré 1873 (8 sens) — Académie 1935 (8 sens)
Littré (1873)
s. f.
Qualité de ce qui est mou. La mollesse et la dureté des corps. La mollesse des chairs est l'indice d'une mauvaise constitution.
La terre est partout, et jusqu'à des profondeurs considérables, composée de couches parallèles et de matières qui ont été autrefois dans un état de mollesse — Buffon (1707-1788)
En parlant du climat, température douce et molle. La mollesse de ce climat.
En parlant de la complexion, du tempérament des personnes, défaut de résistance.
J'ai vu Sous un faste imposant des corps dont la mollesse Faisait mentir le fer qui chargeait leur faiblesse — Casimir Delavigne (1793-1843)
Il se dit de la prononciation, de l'articulation de certaines lettres. Toutes les fois qu'il n'y a point d'i devant les ll, la prononciation ne prend point cette mollesse [l'articulation des ll mouillées], le Théâtre de P. Corn. Préface, édit. de 1682. Douceur, en parlant d'une langue, non sans une sorte de faiblesse.
Lorsque son sujet demande de l'élévation, on est étonné comment la mollesse de la langue italienne prend un nouveau caractère dans ses mains [du Tasse] et se change en majesté et en force — Voltaire (1694-1778)
En littérature, douceur de pensées et de style, accompagnée d'un certain abandon gracieux. Il se dit de la danse dans le même sens.
On reconnaît dans Racine [en une scène analogue à celle de Corneille] la même idée, les mêmes nuances que dans Corneille ; mais avec cette douceur, cette mollesse, cette sensibilité, et cet heureux choix des mots qui portent l'attendrissement dans l'âme — Voltaire (1694-1778)
Le caractère de la musique était exprimé tour à tour par la précision et la mollesse des mouvements — Mme de Staël (1766-1817)
En termes de peinture et de sculpture, la mollesse des chairs, l'imitation vraie de la flexibilité, de la souplesse des chairs. La mollesse du pinceau, le défaut de fermeté dans le maniement du pinceau. Il se dit du style dans un sens analogue.
Cela est d'une négligence, d'une mollesse de pinceau, d'une paresse de tête qui fait pitié — Diderot (1713-1784)
Que prétend la faiblesse étudiée de ce langage forcé [les paraphrases de l'Écriture sainte], cette violente expression qui met les lecteurs à la torture, pour ne produire que de la mollesse et de l'afféterie ? — Guez de Balzac (1597-1654)
Fig. Manque de vigueur et de fermeté dans le caractère, dans la conduite. Il se dit aussi au pluriel, en ce sens. Excès d'indulgence.
Cette indigne mollesse et ces lâches défenses Sont des punitions qu'attirent mes offenses — Pierre Corneille (1606-1684)
N'avez-vous point de honte avec votre mollesse ? Et se peut-il qu'un homme ait assez de faiblesse Pour laisser à sa femme un pouvoir absolu ? — Molière (1622-1673)
Délicatesse d'une vie efféminée, mœurs efféminées. Sorte de déité que crée la poésie.
Des plaisirs criminels les damnables mollesses — Pierre Corneille (1606-1684)
Comme il ne perdit pas ses jeunes années dans la mollesse et la volupté, il n'a pas été contraint de passer les dernières dans l'oisiveté et dans la faiblesse — Fléchier (1632-1710)
Étymologie : Prov. molleza, moleza ; port. molleza ; ital. mollezza ; du lat. mollitia, de mollis, mou.
Historique : XIIe s. Par roide destrenzon [effort] laveir tot ce que de molece naist en la pense [pensée] XIIIe s. Quant Salhedin vit et pierchut sa moleche et sa nicheté, si li manda par plusieurs fois bataille XVIe s. La mollice de la soye L'on sent une mollesse et inondation à l'endroit de la dite contusion
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).
Académie française, 8e édition (1935)
n. f.
état de ce qui est mou. La mollesse et la dureté des corps. La mollesse des chairs est une marque d’une débile constitution.
Il se dit aussi quelquefois en parlant du Climat et signifie Température douce et molle.
Il se dit, en parlant de la Complexion, du tempérament des personnes. La mollesse de sa complexion l’expose à beaucoup de maladies.
En termes de Peinture et de Sculpture, La mollesse des chairs, L’imitation vraie de la flexibilité, de la morbidesse des chairs. La mollesse du pinceau, Le défaut de fermeté dans le maniement du pinceau.
MOLLESSE signifie, au figuré, Manque de vigueur et de fermeté dans le caractère, dans la conduite, dans les moeurs. Agir avec mollesse. Il a fait preuve d’une grande mollesse, de beaucoup de mollesse en cette circonstance. Cette affaire a été conduite avec mollesse.
Il signifie aussi Excès d’indulgence. La mollesse de ce père a perdu ses enfants.
Il signifie encore Délicatesse d’une vie efféminée. Vivre dans la mollesse. La mollesse des Sybarites. La mollesse asiatique.
Il se dit aussi, en Littérature, d’un Manque de fermeté. Mollesse du style.
Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.
Grammaire et formes (2)
- mollesses — pluriel — /mɔlɛsə/ ou /molɛsə/
- mollesse — singulier — /mɔlɛsə/ ou /molɛsə/
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