moineau
nom, masculin, /mwano/
Témoignages historiques
Frise des témoins : Littré 1873 (5 sens) — Académie 1935 (3 sens)
Littré (1873)
s. m.
Petit oiseau de plumage gris, qui aime à faire son nid dans des trous de muraille. Moineau franc, moineau domestique ou pierrot. Fig. Tirer sa poudre aux moineaux, faire de la dépense pour venir à bout d'une chose qui n'en vaut pas la peine, ou dont on ne vient pas à bout. Manger comme un moineau, manger très peu. Appelez-vous cela des moineaux ? se dit d'une chose considérable que d'autres veulent avilir. On dit dans un sens analogue : ce ne sont pas moineaux. Pot à moineau, voy. POT. Voilà une belle maison, s'il y avait des pots à moineaux, se dit pour se moquer d'une maison de campagne. Fig. C'est un vilain moineau, et, ironiquement, un joli moineau, c'est un homme laid, désagréable, méchant.
Il faut à peu près vingt livres de blé par an pour nourrir une couple de moineaux — Buffon (1707-1788)
Le curieux Bradley, qui cultivait avec succès la botanique, avait calculé que deux moineaux apportent par semaine à leurs petits 3360 chenilles — Charles Bonnet (1720-1793)
Par plaisanterie et en jouant sur le mot. Petit moine.
Nous sommes ici tous obsédés de moines et moineaux de tout plumage — Gui Patin (1601-1672)
Moineau de neige, sorte d'oiseau qui se trouve dans les Alpes. Moineau de mer, oiseau qu'on appelle à Terre-Neuve oiseau des glaces.
Terme de fortification. Bastion plat bâti au milieu d'une courtine lorsqu'elle est trop longue et que les deux bastions des angles sont trop éloigné pour se défendre l'un l'autre.
Poisson du genre pleuronecte (le flet).
Étymologie : Norm. moisson ; wallon, mohon ; Ardennes, mochon ; Berry, moigneau ; picard, mougneu, moigneau, moinet. L'ancien français disait aussi moine : Chassant aux moines Il y a deux formes : l'une, ancien français, moissun, et les patois moisson, mohon, mohon ; l'autre moine, d'où le diminutif moinel, moineau. La première indique sans conteste, comme Diez le dit, un mot bas-latin muscio, de musca, mouche (un petit oiseau ayant été facilement dénommé d'après la mouche). De moisson on fit moissonel, d'où moisnel, qui se trouve en effet ; et c'est de là que Diez tire moineau. Mais à côté de moisson et d
Historique : XIIIe s. Comment dites vous à m'ame [à mon âme] : va en ce mont ausi comme moiniaus ? Uns huns [un homme], ce dit, entasseit blé, Et l'arunde l'a esgardé ; Cum li moinet dehors esteient, Qui au blé adeser n'oseient, L'arundele les apela.... Li moinel se sunt desturné.... Li vileins dist ceste parole ; Et li arunde, qui fu fole, As moissuns [moineaux] l'ala tost cunter ; Si les fist en la granche entrer. Li vilainz a ses engins faiz, Les moinaus pris et à mort traiz Le moisnel qui saut et tressaut De branche en branche moult soé [doucement] XVe s. Se moussons y gargonnent ou y font leurs nyds, …
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).
Académie française, 8e édition (1935)
n. m.
Passereau de plumage gris, qui est très commun. Moineau franc, à gorge noire. Les moineaux deviennent vite familiers. Fam., Effronté comme un moineau parisien.
Fig., Tirer sa poudre aux moineaux, Employer pour des bagatelles son crédit, ses amis, son argent, dont on aurait pu se servir plus utilement.
Fam., Un vilain moineau, Un individu méprisable.
Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.
Grammaire et formes (2)
- moineaux — pluriel — /mwano/
- moineau — singulier — /mwano/
Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée moineau#40317.