moï
adjectif, /mɔj/ ou /moj/
Grammaire et formes (2)
- moïs — pluriel — /mɔj/ ou /moj/
- moï — singulier — /mɔj/ ou /moj/
Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée moï#41132.
adjectif, /mɔj/ ou /moj/
Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée moï#41132.
nom, masculin, /mɔj/ ou /moj/
Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée moï#41130.
nom, masculin
Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée moi#100843.
nom, masculin
Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée Moï#118345.
pronom, /mwa/
Frise des témoins : Littré 1873 (27 sens) — Académie 1935 (21 sens)
Moi sert de complément aux prépositions. Selon moi. Il parle de moi. Il vint à moi. Loin de moi une pareille idée. Venez avec moi. Il n'est pas en moi de faire telle chose, c'est-à-dire il n'est pas en mon pouvoir, il n'est pas dans mon caractère de la faire.
Il est injuste qu'on s'attache à moi.... car je ne suis la fin de personne — Pascal (1623-1662)
À moi, avec le verbe être, signifie : m'appartient. Ce livre est à moi. Il signifie aussi : est à mon service. Fig. Je suis à moi, je m'appartiens. Fig. Je ne suis plus à moi, je suis éperdu, hors de sens par colère ou chagrin.
Ayez soin tous deux de marcher immédiatement sur mes pas, afin qu'on voie bien que vous êtes à moi — Molière (1622-1673)
M. Grifon ne sait pas que son fils a l'honneur d'être à moi — Regnard (1655-1709)
Je suis avec moi, je suis seul et occupé de mes réflexions.
Je vous avoue que les trois heures que je suis dans ces bois toute seule, avec Dieu, moi, vous, vos lettres et mon livre, ne me durent pas un moment — Mme de Sévigné (1626-1696)
Moi sert de régime direct ou indirect, au verbe à l'impératif (on met un tiret). Menez-moi. Dites-moi. Là, regardez-moi là durant cet entretien. Si le verbe a pour complément direct le, la, les, ces mots se mettent après le verbe et devant moi, avec des tirets. Donnez-le-moi. Prêtez-les-moi. Quant à menez-y-moi, voy. la REM. I. Il en est de même avec leur, lui, complément indirect. Donnez-leur-moi sur les oreilles.
Et jusqu'au moindre mot imprimez-le-vous bien — Molière (1622-1673)
Ah ! cruel ! par pitié, montrez-moi moins d'amour — Jean Racine (1639-1699)
Donnez-moi, parlez-moi, etc. sans préposition, ou donnez à moi, parlez à moi, etc. avec la préposition à, ne s'emploient pas indifféremment l'un pour l'autre. On dit donnez-moi lorsqu'on se borne à demander une chose ; et l'on dit donnez à moi lorsqu'on la demande à quelqu'un qui, paraissant ne savoir à qui la donner, est au moment de la donner à un autre.
Va, bienheureux amant, cajoler ta maîtresse, à cet objet si cher tu dois tous tes discours ; Parler encore à moi, c'est trahir tes amours — Pierre Corneille (1606-1684)
Qu'il entre ; à quel dessein vient-il parler à moi ? — Pierre Corneille (1606-1684)
Moi s'emploie comme régime indirect d'une façon explétive et pour donner plus de force à ce qu'on dit (l'idée qui est au fond de cet explétif est : pour moi, en ma faveur, pour me satisfaire). Faites-moi taire ces gens-là. Donnez-leur-moi sur les oreilles.
Allons, monsieur, faites le dû de votre charge, et dressez-lui-moi son procès comme larron et comme suborneur — Molière (1622-1673)
Prends-moi le bon parti, laisse là tous les livres — Boileau (1636-1711)
Moi, employé seul comme réponse, peut être sujet ou régime direct, et tenir lieu d'une phrase entière. Je partirai demain ; et vous ?Moi, la semaine prochaine. Dans cette phrase il est sujet. Qui a-t-on voulu désigner ? - Moi ; c'est-à-dire on a voulu me désigner. Dans cet exemple il est régime direct. Moi peut aussi être complément d'un verbe intransitif.
Dans un si grand revers que vous reste-t-il ? - Moi, Moi, dis-je, et c'est assez — Pierre Corneille (1606-1684)
Moi est régime direct dans les phrases où il est ajouté à d'autres mots qui sont régimes directs. Il a mécontenté ses parents et moi. Il est venu nous voir mon frère et moi.
Dans un sujet composé où entre le pronom de la 1re personne, c'est de moi qu'on se sert et non de je. Mon avocat et moi sommes de cet avis. On peut ajouter explétivement le pronom nous. Vous et moi nous sommes contents de notre sort. Ce sujet composé peut être placé à la fin du membre de phrase. Nous irons à la campagne, lui et moi.
Mme de Vins et moi nous en attrapons ce que nous pouvons [des relations écrites par Mme de Villars] — Mme de Sévigné (1626-1696)
Moi, joint à un nom ou à un autre pronom, ne doit, d'après les convenances de notre politesse, être placé qu'en second, à moins que le nom auquel il est joint ne soit celui d'une personne très inférieure. Vous et moi, sommes de cet avis. Monsieur et moi, nous partons pour la campagne. Mais un père dira : moi et mon fils ; un maître dira : moi et mon domestique.
Moi, joint à je, par opposition et réduplication, pour donner plus d'énergie à la phrase, et placé avant le verbe. Vous le voulez, vous ; et moi, je ne le veux pas. Moi placé après le verbe ; cette tournure est souvent familière, tandis que la précédente ne l'est pas. Moi employé absolument.
Moi, je m'arrêterais à de vaines menaces ! — Jean Racine (1639-1699)
Moi, des bienfaits de Dieu je perdrais la mémoire — Jean Racine (1639-1699)
Moi précédant le pronom relatif qui, dont, pronom qui veut nécessairement un antécédent. Le plus souvent dans cette tournure, on reprend la phrase par je. Moi, à qui il a fait tant de mal, je cherche toutes les occasions de le servir. Quelquefois moi, au lieu d'être suivi du pronom relatif, l'est d'une apposition. Moi, votre ami, je ne puis vous approuver en cela. Moi, ne songeant à rien, j'allai lui dire ce qui se passait. Lorsque moi précède le pronom relatif et une proposition incidente, le verbe de cette proposition incidente doit être mis à la première personne, et l'on doit dire : moi qui t'aimai et non pas moi qui t'aima. C'est moi qui me nomme Pierre, et non c'est moi qui se nomme Pierre. Cette règle n'existait pas au XVIIe siècle, et l'on y trouve moi construit avec qui et un verbe à la 3e personne. Dans ce dernier genre de construction, qui est considéré comme étant de la troisième personne ; quelques langues en usent ainsi, par exemple l'allemand.
Peut-être que moi qui existe n'existe ainsi que par la force d'une nature universelle — La Bruyère (1645-1696)
Si c'est Dieu qui l'a fait [le mal], pourquoi moi qui l'expie ? — Lamartine (1790-1869)
Quelquefois moi est seul, et il y a ellipse de je et d'un verbe. Dans cette tournure elliptique, on se sert quelquefois de que exclamatif. Dans ces sortes d'exclamations, moi peut se construire avec un adjectif. Cette tournure s'emploie quelquefois dans des phrases interrogatives.
Moi, trahir le meilleur de mes amis ! Faire une lâcheté, moi ! (c'est-à-dire : Moi, je pourrais trahir le meilleur de mes amis ! Je pourrais faire une lâcheté, moi !) Moi ! le faire empereur ! ingrat, l'avez-vous cru ? — Jean Racine (1639-1699)
Je me suis laissé dire que tu voulais nous sabrer. - Moi vous sabrer, bonhomme ? — Paul-Louis Courier (1772-1825)
Moi se met aussi par opposition devant ou après me. Voudriez-vous me perdre, moi votre allié ? Moi ! vous me soupçonneriez de vous avoir trahi.
Moi se construit avec les pronoms ce et il dans certaines tournures impersonnelles. C'est moi qui vous en réponds. Il n'y a que moi à qui ces choses-là arrivent.
C'est moi, prince, c'est moi dont l'utile secours Vous eût du labyrinthe enseigné les détours — Jean Racine (1639-1699)
Je portai ma main sur ce nouvel être ; quel saisissement ! ce n'était pas moi, mais c'était plus que moi, mieux que moi — Buffon (1707-1788)
Après une conjonction c'est toujours moi qu'il faut employer. Mon frère et moi. Mon frère ou moi. Mon frère aussi bien que moi. Ni mon frère ni moi. Personne que moi ne lira cette lettre. Nul autre que moi.
De moi, après un nom de personne ou un pronom personnel également précédé de la préposition de, se met quelquefois pour le mien, la mienne. C'est l'opinion de mon frère et de moi que je vous exprime.
À moi, sorte d'exclamation pour faire venir promptement quelqu'un auprès de soi.
À moi, à moi, soldats ! À moi, Girot, je veux que mon bras m'en délivre [du lutrin] — Boileau (1636-1711)
De vous à moi, façon de parler dont on se sert pour témoigner à une personne qu'on lui parle avec sincérité, mais qu'on lui demande le secret. De vous à moi, il ne vaut pas sa réputation. On dit dans le même sens : Ceci est de vous à moi, ceci de vous à moi. De vous à moi, signifie aussi entre nous deux.
....Seigneur bandit, de vous à moi Pas de reproche ! — Victor Hugo (1802-1885)
Quant à moi, pour moi, façons de parler dont on se sert pour marquer plus particulièrement ce qu'on pense. Quant à moi, pour moi, je sais bien ce qui en est. Quant-à-moi, employé comme un substantif masculin et un seul mot, et signifiant un air fier ou réservé (il est du langage familier). Garder son quant-à-moi.
Pour moi, je vous demande un portrait qui soit moi, et qui n'oblige point à demander qui c'est — Molière (1622-1673)
Quand nous avons quelque différend, ma sœur et moi, si je fais la froide et l'indifférente, elle me recherche ; si elle se tient sur son quant-à-moi, je vais au-devant — La Fontaine (1621-1695)
Étymologie : Pic. et wall. mi ; provenç. mi, mei ; espagn. portug. et ital. mi ; du lat. mihi ; allem. mich ; angl. me ; sanscr. ma. La forme ancienne est mei, mi, à côté de moi ; ce qui exclut l'accusatif latin me.
Historique : IXe s. In o quid [pourvu que] il mi altresi fazet [m'en fasse autant] XIe s. Si me direz à Charlemagne rei, Qu'il ait merci de mei XIIe s. S'irons tornoier, moi et vos Jamais crerez [croirez] bricon, moi ne autrui Porprenez moi ces puis [monts] et ces lariz [champs] Moi ai perdu et trestote ma gent Baron, amenez moi mon felon boisseor [traître] Par tantes fois [j'] ai esté assailliz, Que je n'ai mais pooir de moi defendre. Ensemble convient remanoir Moi et amour par estouvoir [par devoir] XIIIe s. Tant que la vraie histoire [j'] emportai avec mi Sire, dist-elle, adieu ! saluez moi mon frere Mo…
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).
Pronom singulier de la première personne, qui est des deux genres
MOI s’emploie comme sujet, à la place de Je : dans une proposition elliptique : Qui veut aller avec lui? Moi. Il est aussi fatigué que moi. Feriez-vous comme moi? - dans une proposition dont le verbe est à l’infinitif : Moi, trahir le meilleur de mes amis! Faire une lâcheté, moi! - dans une proposition participe : Moi parti, ils ont continué à délibérer. Comme sujet réel : Il n’y eut que moi de cet avis. Il s’emploie en outre comme sujet coordonné à un nom ou à un autre pronom : Mon avocat et moi sommes de cet avis. Son père, sa mère et moi, le lui avons défendu. Lui et moi l’avons ainsi décidé. Ni vous ni moi ne sommes contents de notre sort. Nous irons à la campagne lui ou moi.
Il s’emploie comme attribut : C’est moi.
Il s’emploie comme complément direct à la place de Me : dans une proposition elliptique : Qui a-t-on voulu désigner? Moi. On vous a désigné ainsi que moi; - dans une proposition dont le verbe est accompagné de ne... que... (au sens de seulement) : Je ne plains que moi; - après un verbe à l’impératif sans négation : écoutez-moi. Récompensez-moi. Il s’emploie en outre comme complément direct coordonné à un nom ou à un autre pronom : Il a renvoyé son frère et moi. Il a mécontenté ses parents et moi. Il est venu nous voir mon frère et moi. Il viendra nous voir, vous et moi.
Il s’emploie comme complément indirect sans préposition après un verbe à l’impératif non accompagné d’une négation : Pardonnez- moi. Obéissez-moi. Rendez-moi compte. Dites- moi la vérité. Mais avec le mot en, on dit : Donnez-m’en. Rendez-m’en compte. Dites-m’en la cause.
Quelquefois, et dans le langage familier, Moi, complément indirect, s’emploie d’une manière explétive et marque seulement une insistance plus vive de la part de celui qui parle : Faites-moi taire ces gens-là? Prends- moi le bon parti.
MOI s’emploie comme complément indirect ou circonstanciel après une préposition : Vous servirez-vous de moi? Il a parlé de moi. Il tient cela de moi. Pense-t-on à moi? Ils auront besoin de moi. Ils auront affaire à moi. Cela vient de moi. Cela est à moi. Cela est pour moi. Je prends cela pour moi. Selon moi, vous avez raison. Vous serez remboursé par moi. Cela retombera sur moi. Tout est contre moi. Venez avec moi.
Il s’emploie de même avec une préposition comme complément du nom : C’est un homme à moi, un ami à moi, de l’argent à moi. De moi, après un nom de personne ou un pronom personnel également précédé de la préposition de, se met quelquefois pour Le mien, etc. C’est l’opinion de mon père et de moi que je vous exprime. C’est le sentiment de lui et de moi.
Il s’emploie aussi pour donner plus d’énergie à la phrase et pour mettre en relief la personne qui parle. Il peut ainsi s’ajouter à Je : Je dis, moi; je prétends, moi. Moi, je dis; moi, je prétends. Tu es tranquille; moi je suis inquiet. Moi, dont il déchire la réputation, je ne lui ai jamais rendu que des services. Moi, à qui il fait tant de mal, je cherche toutes les occasions de lui être utile. Moi, ne songeant à rien, je suis allé tout bonnement lui dire ce qui se passait.
Il peut de même s’ajouter à Me, soit comme complément direct, soit, précédé de à, comme complément indirect. Voudriez-vous me perdre; moi votre allié? Moi! vous me soupçonneriez de vous avoir trahi! Vous me feriez cela, à moi.
Il figure aussi dans certains tours particuliers, soit comme sujet, soit comme complément. C’est moi qui vous en réponds. Si c’était moi qui avais fait cela... C’est de moi qu’il s’agit! C’est à moi qu’il faudra vous adresser. C’est moi qu’il a pris à partie.
Il s’emploie avec la même valeur d’insistance dans les locutions quant à moi, pour moi : Vous en direz ce qu’il vous plaira; quant à moi, pour moi, je sais bien ce qui en est.
MOI, joint à un nom ou à un autre pronom, ne doit, d’après les convenances de notre politesse, être placé qu’en second : Vous et moi, un tel et moi; à moins que le nom auquel il est joint ne soit celui d’une personne qui lui doit le respect; ainsi un père dira : Moi et mon fils; un maître : Moi et mon domestique.
à part moi. Voyez
PART.
à moi! Sorte d’exclamation, pour faire venir promptement quelqu’un auprès de soi ou pour appeler à l’aide. à moi! à moi! mes amis! à moi! au secours!
MOI se prend substantivement pour désigner l’Attachement de quelqu’un à ce qui lui est personnel. Le moi choque toujours l’amour- propre des autres.
Il se prend aussi, en termes de Philosophie, pour l’Individualité métaphysique d’une personne. Malgré le changement continuel de l’individu physique, le même moi subsiste toujours.
On dit par opposition le non-moi.
C’est un autre moi-même se dit de Quelqu’un que celui qui parle aime particulièrement et en qui il a une absolue confiance.
QUANT-à-MOI s’emploie parfois comme nom masculin dans la phrase suivante et autres semblables, où il signifie Air fier et réservé. Je me suis tenu sur mon quant-à-moi.
Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.
Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée moi#40312.
Entrée morphologique (v0.1). Données JSON : lemme.