mitré · mitre

mitré

adjectif, /mitʁe/

Témoignages historiques

Frise des témoins : Littré 1873 (1 sens) — Académie 1935 (1 sens)

Littré (1873)

adj.

  1. Qui porte la mitre. Abbé crossé et mitré. Abbaye crossée et mitrée, abbaye dont l'abbé porte la crosse et la mitre. Qui porte la mitre signe d'une condamnation infamante. Terme d'histoire naturelle. Qui porte une sorte de mitre.

    M. de Saint-Malo [évêque de Saint-Malo], linotte mitrée — Mme de Sévigné (1626-1696)

    Elle [Jeanne d'Arc] fut liée sous l'écriteau infâme, mitrée d'une mitre où on lisait : Hérétique, relapse, apostate, ydolastre — Michelet (1798-1874)

Étymologie : Mitre. Mitrer se disait autrefois d'une condamnation à porter la mitre et à être mis au pilori.

Historique : XVe s. Condamné à estre mené en un tombereau par la ville de Paris en aucuns carrefours, mitré, et mis à l'eschelle, et condamné en chartre et prison perpetuelle au pain et à l'eau

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Académie française, 8e édition (1935)

adj.

  1. Qui porte la mitre. Il n’est guère usité que dans ces locutions : Abbé crossé et mitré; abbaye crossée et mitrée.

Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.

Grammaire et formes (4)
  • mitrées — pluriel féminin — /mitʁe/
  • mitrés — pluriel masculin — /mitʁe/
  • mitrée — singulier féminin — /mitʁe/
  • mitré — singulier masculin — /mitʁe/

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée mitré#40178.

mitre

nom, féminin, /mitʁə/

Définitions

  1. Coiffure liturgique haute et pointue portée par les évêques lors des cérémonies solennelles.

    Définition Francorium (CC BY-SA 4.0) — validation automatisée · méthode.

  2. Pièce de tôle ou de maçonnerie disposée en chapeau au sommet d'une cheminée, pour en protéger l'ouverture.

    Définition Francorium (CC BY-SA 4.0) — validation automatisée · méthode.

Témoignages historiques

Frise des témoins : Littré 1873 (12 sens) — Académie 1935 (4 sens)

Littré (1873)

s. f.

  1. Terme d'antiquité. Coiffure des anciens peuples de l'Asie, Perses, Lydiens, etc. que les dames romaines leur avaient empruntée.

    Vous leur mettrez la mitre sur la tête, et ils seront mes prêtres pour me rendre un culte perpétuel — Lemaistre de Sacy (1613-1684)

    C'est peu que, le front ceint d'une mitre étrangère, Ce lévite à Baal prête son ministère — Jean Racine (1639-1699)

  2. Coiffure que portent les évêques, quand ils officient en habits pontificaux ; c'est un bonnet rond, pointu et fendu par le haut, ayant deux fanons qui pendent sur les épaules. En quelques églises les chanoines portaient la mitre. Fig. La mitre, le pouvoir spirituel du pape.

    Tu dors ! attends-tu donc que, sans bulle et sans titre, Il te ravisse encor le rochet et la mitre ? — Boileau (1636-1711)

    Une ville.... Où le vice orgueilleux s'érige en souverain, Et va la mitre en tête et la crosse à la main — Boileau (1636-1711)

  3. Il s'est dit du bonnet qui est au-dessous de la couronne de l'empereur et de quelques rois.

  4. Bonnet de papier qu'on mettait en Espagne sur la tête de ceux qu'on exécutait par jugement de l'inquisition.

    Ils furent tous deux revêtus d'un san-benito, et on orna leurs têtes de mitres de papier — Voltaire (1694-1778)

  5. Tuiles ou planches de plâtre qu'on dispose en forme de mitre au-dessus d'une cheminée pour l'empêcher de fumer.

  6. Ancien nom du chapeau des agarics.

  7. Petit rebord qui sépare la lame des couteaux de table d'avec la soie ou la queue qui sert à les emmancher.

  8. Le dôme des chaudières des locomotives prend quelquefois le nom de mitre, lorsqu'au lieu de le faire rond on lui donne une forme quadrangulaire.

  9. Pavé que l'on place à l'endroit où deux rangées se réduisent à une seule, en raison de ce qu'on emploie du pavé d'un plus fort échantillon.

  10. Premier bout de tuyau qui est évasé et qui fait partie d'une suite de gros tuyaux de tôle placés sur le haut d'une cheminée.

  11. Dans le langage familier, le train de derrière d'un dindon rôti lorsqu'on le détache des ailes et de la poitrine, parce qu'il offre une sorte de ressemblance avec une mitre.

  12. Genre de coquilles univalves. Mitre polonaise, espèce de madrépore.

Étymologie : Provenç. esp. et ital. mitra ; du lat. mitra.

Historique : XIIIe s. Et puis li mist-on la mitre au cief qui iert blance Tiex cops [tels coups] lor donrai sor les testes, Que lever i ferai tex boces, Qu'il en perdront mitres et croces XIVe s. Pourquoi l'oreille est ploiant .... pour ce qu'el puisse estre ploiée sous la coiffe ou sous la mitre ; ceste utilité est fieble, car les bues [bœufs] ont oreilles ploians, qui n'ont coiffe ne mitre

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Académie française, 8e édition (1935)

n. f.

  1. Coiffure que portent les évêques quand ils officient en habits pontificaux. La mitre en tête. Officier avec la mitre et la crosse. En quelques églises les chanoines et certains abbés portaient la mitre.

  2. Recevoir la mitre, être nommé évêque.

  3. En termes d’Antiquités, il se dit d’une Coiffure qui était en usage chez les femmes romaines et qui venait originairement des Perses.

  4. MITRE se dit aussi d’un Dispositif en forme de mitre placé au-dessus d’une cheminée, pour l’empêcher de fumer.

Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.

Grammaire et formes (2)
  • mitres — pluriel — /mitʁə/
  • mitre — singulier — /mitʁə/

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée mitre#40176.

Entrée morphologique (v0.1). Données JSON : lemme.