mitoyen
adjectif, /mitwajɛ̃/
Témoignages historiques
Frise des témoins : Littré 1873 (3 sens) — Académie 1935 (5 sens)
Littré (1873)
adj.
Qui tient le milieu entre deux choses, qui est entre deux choses. Espace mitoyen. Mur mitoyen, mur qui, séparant deux propriétés contiguës, appartient aux deux propriétaires, ce qui se constate par titre, ou, en l'absence de titre, par certains indices. Un puits mitoyen est un puits qui se trouve dans un mur mitoyen. Une haie, un fossé qui séparent deux champs sont mitoyens, quand ils sont dans les mêmes conditions que le mur mitoyen. Fig. Cloison mitoyenne, cloison qui est commune à deux chambres et qui les sépare. Dents mitoyennes du cheval, quatre dents qui poussent entre les pinces et les coins, après que les dents de lait sont tombées, ce qui arrive lorsqu'il a passé trois ans.
La réparation et la reconstruction du mur mitoyen sont à la charge de tous ceux qui ont droit
Cette attache intime que nous avons à nous-mêmes, c'est la ligne de séparation, c'est la paroi mitoyenne entre tous les cœurs, c'est ce qui fait que chacun de nous se renferme tout entier dans ses intérêts — Bossuet (1627-1704)
Fig. Qui est placé entre deux choses extrêmes ou opposées, et qui tient un peu de l'un et de l'autre. Avis mitoyen, avis qui s'éloigne des extrémités de deux avis opposés.
[Les chevaliers à Rome] ordre mitoyen entre les patriciens et le peuple — Bossuet (1627-1704)
Calvin cherche une voie mitoyenne — Bossuet (1627-1704)
État mitoyen, condition entre la richesse et la pauvreté. Appartenant à l'état mitoyen.
Les hommes de l'état mitoyen, auxquels l'inanition et les excès sont également inconnus — Buffon (1707-1788)
C'est dans l'état mitoyen que la probité est encore le plus en honneur — Charles Pinot Duclos (1704-1772)
Étymologie : Bourg. moitoyen ; bas-latin, medietaneus (dans un texte du XIIe siècle), de medietas, moitié, formé comme le mot fictif civitaneus, citoyen, l'est de civitas.
Historique : XIVe s. Premierement commencerent li ennemi à estre vaincuz en la bataille mittoenne [au centre] XVe s. Deux paires de murs sont, c'est à sçavoir les murs mitoyaus et personniers XVIe s. Une personne sacrée, oincte et cherie de Dieu, comme mitoyenne entre les anges et les hommes En villes, tout mur est metoien, s'il n'appert du contraire
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).
Académie française, 8e édition (1935)
adj.
Qui est au milieu, qui tient le milieu, qui est entre deux choses. Espace mitoyen. Il s’emploie plus ordinairement dans les locutions suivantes : Mur mitoyen, Mur qui appartient aux deux propriétés contiguës dont il forme la séparation. On dit de même Fossé mitoyen, haie mitoyenne.
Puits mitoyen, Puits pratiqué sur la limite commune de deux propriétés contiguës, et qui est à l’usage de l’une et de l’autre.
Cloison mitoyenne, Cloison qui est commune à deux chambres et qui les sépare.
Dents mitoyennes d’un cheval, Celles qui sont entre les pinces et les coins.
MITOYEN signifie, au figuré, Qui est placé entre deux choses extrêmes ou opposées et qui tient un peu de l’une et de l’autre. On a ouvert un avis mitoyen pour tout concilier. La bourgeoisie formait un état mitoyen entre la noblesse et le peuple. En ce sens il vieillit.
Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.
Grammaire et formes (4)
- mitoyennes — pluriel féminin — /mitwajɛnə/
- mitoyens — pluriel masculin — /mitwajɛ̃/
- mitoyenne — singulier féminin — /mitwajɛnə/
- mitoyen — singulier masculin — /mitwajɛ̃/
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