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miracle

miracle

nom, masculin · /miʁaklə/

Usage : fréquent (50 occurrences par million, Lexique 3.83).

Définitions

  1. Événement extraordinaire attribué à une intervention divine ou surnaturelle.

    Selon la légende, un miracle aurait guéri le pèlerin.

    « Dieu fait des miracles en leur faveur [des rois de Juda] »Bossuet (1627-1704)

    « Le ciel fit naître en même temps et faisait croître sous une pareille éducation le roi, dont la naissance miraculeuse promettait à tout l'univers une vie pleine de miracles »Fléchier (1632-1710)

  2. Fait exceptionnel et heureux dont on ne s'explique pas la cause.

    C'est un miracle que personne n'ait été blessé dans l'accident.

  3. Chose ou personne qui suscite une très grande admiration.

    Cette petite machine est un miracle de précision.

    Synonyme : merveille.

    « Henri, ce grand Henri que les soins de nature Avaient fait un miracle aux yeux de l'univers »Malherbe (1555-1628)

Définitions Francorium (CC BY-SA 4.0) · méthode.

Expressions : crier au miracle · faire des miracles · par miracle · recette miracle

Grammaire et formes (2)
  • miracles : pluriel · /miʁaklə/
  • miracle : singulier · /miʁaklə/

Témoignages historiques

Littré (1873) · 5 sens

s. m.

  1. Acte contraire aux lois ordinaires de la nature et produit par une puissance surnaturelle. Cour des Miracles, se disait d'un endroit de Paris où se réunissaient les gueux et les mendiants, ainsi dite parce que ceux qui simulaient toutes sortes d'infirmités pour solliciter la charité, redevenaient là sains et dispos.

    La vertu divine qui avait opéré ce miraclePascal (1623-1662)

    Miracle : c'est un effet qui excède la force naturelle des moyens qu'on y emploie ; et non-miracle est un effet qui n'excède pas la force naturelle des moyens qu'on y emploiePascal (1623-1662)

  2. Par exagération, chose extraordinaire, ou chose ordinaire, régulière dans l'ordre naturel, mais dont on ne sait aucunement la cause ou le moyen. Familièrement. C'est un miracle de vous voir, se dit d'une personne qu'on n'avait pas vue depuis longtemps. Familièrement. Crier au miracle, crier miracle, se dit quand quelqu'un fait une chose qu'il n'a pas coutume de faire. Familièrement. Faire des miracles, faire miracle, réussir merveilleusement. Voilà un beau miracle, se dit ironiquement à quelqu'un qui se vante d'une chose fort ordinaire. Il a fait miracle, il a fait un beau miracle, se dit de quelqu'un qui a commis quelque maladresse. Cela se peut sans miracle, cela est très aisé. Par exclamation, miracle ! beau miracle ! Miracle chimique, nom donné autrefois à la transformation subite par laquelle l'acide sulfurique concentré, versé dans une solution rapprochée de chlorure de calcium, donne du sulfate de chaux, qui se prend aussitôt en une masse solide.

    Les miracles que fait Marie Pour le salut des fleurs de lisMalherbe (1555-1628)

    Et la main de Rodrigue a fait tous ces miracles !Pierre Corneille (1606-1684)

  3. Se dit des personnes qui sont dignes d'admiration. Il se dit aussi des animaux. Se dit encore des choses qui sont dignes d'admiration.

    Anne, qui de Madrid fut l'unique miracleMalherbe (1555-1628)

    Je veux du même esprit que ce miracle d'armes [Achille], Chercher en quelque part un séjour écartéMalherbe (1555-1628)

  4. Par miracle, loc. adv. D'une façon qui est considérée comme un miracle, qui excite l'étonnement ou l'admiration.

    Il ne se soutient que par miracle, et à chaque pas il est sur le point de succomberBourdaloue (1632-1704)

  5. À miracle, loc. adv. À merveille, fort bien, on ne peut mieux.

    Il sait notre langue à miracleLa Fontaine (1621-1695)

    Une oie ; je les aime fort. - Tant mieux, touchez là, à demain à dîner ; ma femme les apprête à miracleDavid-Augustin de Brueys (1640-1723)

Étymologie : Provenç. miracle ; espagn. milagro ; portug. milagre ; ital. miracolo ; du lat. miraculum, de mirari, regarder, admirer (voy. MIRER).

Historique : XIIe s. Maint miracle fait Deus là ù fu descenduz [saint Thomas], D'avogles, de contraiz [contrefais] et de surz et de muz, De lepruz, qui receivent e santez e vertuz E maint humme l'unt puis à miracle tenu XIIIe s. Et pour le bel miracle que Diex i demonstroit Ore m'a l'en puis dit que il gist en la cité de Marseille, là où il fit moult beles miracles XIVe s. Si qu'on doit croire sans douter, Que ce sont miracles apertes Que musique fait ; c'est voir [vrai] certes XVIe s. Ce grand œuvre de l'Escurial du roy d'Espagne qu'on dit que jamais tous les sept miracles de jadis n'ont approché Il n'est…

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0). Tout ce témoin.

Académie française, 8e édition (1935) · 13 sens

n. m.

  1. Acte de la puissance divine contraire aux lois connues de la nature. Opérer des miracles.

  2. Il se dit, par exagération, d’une Chose extraordinaire, d’un hasard merveilleux, du fait qu’un événement devait naturellement arriver et cependant n’est pas arrivé, ou inversement. Il a échappé à la mort par miracle. C’est un miracle qu’il n’ait pas été tué dans cette bataille. C’est un miracle qu’il soit venu si vite, qu’il ait achevé si promptement cet ouvrage.

  3. Fam., C’est un miracle de vous voir, se dit à une Personne qu’on n’avait pas vue depuis longtemps.

  4. Il se dit aussi de Tout ce qui fait naître l’étonnement, l’admiration. Cette femme est un miracle de la nature, un miracle de beauté. Un miracle d’énergie, de dévouement, de bonté.

  5. Fam., Crier au miracle, crier miracle, se dit Quand quelqu’un fait une chose qu’il n’a pas coutume de faire, qui est opposée à ses habitudes, à son caractère.

  6. Il n’y a pas de quoi crier miracle, se dit à une Personne qui se vante après avoir fait une chose fort aisée, ou même après avoir commis une maladresse.

  7. Un beau miracle se dit ironiquement d’une Chose fort ordinaire ou même d’une action maladroite. Voilà un beau miracle. Vous avez fait là un beau miracle.

  8. Fam., Faire des miracles en quelque occasion, Accomplir un exploit, obtenir un résultat extraordinaire.

  9. Tenir du miracle, Offrir un caractère merveilleux.

  10. Cour des miracles se disait d’un Endroit de Paris où se réunissaient les gueux et les mendiants.

  11. à MIRACLE

  12. loc. adv.

  13. , se dit par exagération au sens de Parfaitement bien, avec un succès inespéré. Cela est fait à miracle. La commission était difficile, il s’en est acquitté à miracle.

Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935), domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire. Tout ce témoin.

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR, entrée miracle#40042.

miracle

adjectif

Grammaire et formes (2)
  • miracles : pluriel
  • miracle : singulier

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR, entrée miracle#171870.

Entrée morphologique (v0.1). Données JSON : lemme.