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ministre

ministre

nom, féminin · /ministʁə/

Usage : fréquent (61 occurrences par million, Lexique 3.83).

Définitions

  1. Personne chargée par un chef d'État ou de gouvernement de diriger un département administratif.

    La ministre de la Culture a inauguré l'exposition.

    « Arcade eut l'Orient, et Honorius l'Occident ; tous deux gouvernés par leurs ministres, ils firent servir leur puissance à des intérêts particuliers »Bossuet (1627-1704)

    « Encore une étoile qui file ?... Mon enfant, quel éclair sinistre ! C'était l'astre d'un favori Qui se croyait un grand ministre Quand de nos maux il avait ri »Béranger (1780-1857)

  2. Religion. Ecclésiastique, en particulier protestant, chargé du culte et de la prédication.

    Le ministre protestant a prononcé le sermon dimanche.

    Synonyme : pasteur.

    « Quoique pécheur, je ne laisse pas d'être le ministre légitime de la parole de Dieu »Bourdaloue (1632-1704)

    « Quels égards n'avait-elle pas pour les prêtres de Jésus-Christ, qu'elle considérait comme les ministres de la loi et les dispensateurs de son sang et de sa parole ? »Fléchier (1632-1710)

  3. Littéraire. Personne dont on se sert comme intermédiaire pour l'exécution d'une tâche ou d'une volonté.

    Le conseiller se fit le ministre des projets du roi.

    Synonyme : intermédiaire.

    « Ces valets, autour d'eux étendus, De leur sacré repos ministres assidus »Boileau (1636-1711)

    « C'est moi [Roxane] qui, du sien [amour] ministre trop fidèle, Semble, depuis six mois, ne veiller que pour elle »Jean Racine (1639-1699)

Définitions Francorium (CC BY-SA 4.0) · méthode.

Expressions : ministre sans portefeuille

Grammaire et formes (2)
  • ministres : pluriel · /ministʁə/
  • ministre : singulier · /ministʁə/

Témoignages historiques

Littré (1873) · 8 sens

s. m.

  1. Celui qui est chargé d'une fonction, d'un office ; celui dont on se sert pour l'exécution de quelque chose. Fig. Poétiquement. Le ministre de la mort, quiconque est chargé de la donner, et parfois le bourreau. Fig. Les ministres de la mort, ce qui cause la mort.

    Voici ce qu'elle écrit au ministre de ses charitésBossuet (1627-1704)

    Un théologien enseigné de Dieu, un prédicateur apostolique, ministre, non de la lettre, mais de l'esprit de l'ÉvangileBossuet (1627-1704)

  2. Les ministres du Seigneur, les ministres saints, les ministres de Jésus-Christ, de l'Évangile, de la religion, de la parole de Dieu, les ministres des autels, les prêtres.

    Quoique pécheur, je ne laisse pas d'être le ministre légitime de la parole de DieuBourdaloue (1632-1704)

    Suffira-t-il contre eux [les soldats d'Athalie] de vos ministres saints ?Jean Racine (1639-1699)

  3. Chez les luthériens et les calvinistes, ministre du saint Évangile, ministre de la parole de Dieu, ou, simplement, ministre, celui qui fait le prêche. Ouvrir la bouche comme un ministre qui dit son premier sermon.

  4. Se dit, chez les jésuites, d'un dignitaire qui commande en l'absence du général. Ministre général, titre que porte le supérieur général des cordeliers. Grand ministre, général de l'ordre de la Trinité.

  5. Homme public chargé des principales fonctions du gouvernement. Premier ministre, ministre qui est chargé par le prince de tout le gouvernement de l'État. Ministres d'État, ministres sans portefeuille, ministres qui n'ont pas de département, et qui ne sont appelés que pour le conseil, ou, comme dans le second empire français, pour soutenir devant les chambres les projets du gouvernement.

    Île éternellement mémorable par les conférences de deux grands ministresBossuet (1627-1704)

    De tous les ministres, le cardinal Mazarin, plus nécessaire et plus important, fut le seul dont le crédit se soutintBossuet (1627-1704)

  6. Envoyé d'un gouvernement auprès d'un gouvernement étranger. Ministre plénipotentiaire, celui qui a un plein pouvoir pour traiter quelque affaire importante. Ministre public, personne envoyée par un souverain pour le représenter près d'un nation étrangère.

    Les sages ministres des cours étrangères, qui le trouvent [Louis XIV] aussi convaincant dans ses discours que redoutable par ses armesBossuet (1627-1704)

    Pensez-vous abaisser les rois dans leurs ministres ?Voltaire (1694-1778)

  7. Gros-bec d'Amérique.

  8. Ministre au féminin. On a condamné cette locution ; mais elle paraît tout à fait admissible.

    Si la justice est la reine des vertus morales, elle ne doit pas paraître seule ; aussi la verrez-vous dans son trône servie et environnée de trois excellentes vertus, que nous pouvons appeler ses principales ministres, la constance, la prudence et la bontéBossuet (1627-1704)

    Dois-je prendre pour juge une troupe insolente, D'un fier usurpateur ministre violente ?Jean Racine (1639-1699)

Étymologie : Lat. minister ; le mot est de même radical que l'osque ministreis, génitif correspondant à minoris ; et, par conséquent, il est fait par rapport à minus comme magister est fait par rapport à magis (voy. MAÎTRE, pour la finale ister).

Historique : XIIIe s. La moie ame [la mienne âme], qui vers toi s'humilie, garde de la bouche d'enfer et des enfernaus ministres Ainsi ont no ministre [chefs d'ordres monastiques] cest ordre devisé [ordonné] Prions pour trestous les ministres Qui ont en eglise baillie [gouvernement] XIVe s. Il avoient oÿ que les pasteurs ministres du forfet estoient prins Nous voulons que vous et touz noz autres officiaux et menistres... XVe s. Ceste maistresse estoit vieille dame, si sçavoit assez de charmes et d'enchantemens ; et, quant elle voit sa ministre [sa pupille] ainsi plaindre, si luy demande qu'elle a Le manger…

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0). Tout ce témoin.

Académie française, 8e édition (1935) · 11 sens

n. m.

  1. Celui qui exerce un ministère religieux. Les ministres de Dieu, de la parole de Dieu, de JÉSUS-CHRIST, de l’évangile, de la religion. Les ministres des autels.

  2. Dans la religion luthérienne et calviniste, Ministre du saint évangile ou de la parole de Dieu, ou absolument Ministre, Celui qui est chargé de tout ce qui concerne le culte.

  3. Il désignait autrefois, dans un sens général, Celui dont on se servait pour l’exécution de quelque chose. On dit encore être le ministre des passions, des volontés, des vengeances d’autrui.

  4. MINISTRE se dit aussi de Ceux qui sont chargés d’administrer les affaires d’un état. Il a été ministre de la Justice, de l’Intérieur, de la Guerre, de la Marine, des Finances, des Affaires étrangères.

  5. Conseil des ministres, Ensemble des ministres qui se réunissent pour délibérer sur les affaires publiques et Séance tenue par ces ministres. Convoquer le Conseil des ministres. Le chef de l’état préside le Conseil des ministres. Mesure délibérée en Conseil des ministres. Au dernier Conseil des ministres, il a été décidé...

  6. Premier ministre s’est dit autrefois du Personnage exerçant les fonctions de chef du ministère et désigne encore aujourd’hui le Président du Conseil.

  7. Ministres sans portefeuille, Ministres qui n’ont pas de département et qui ne sont appelés que pour le Conseil.

  8. Ministre d’état se dit d’un Ministre sans portefeuille, n’ayant pas de département administratif et faisant partie du Conseil des ministres.

  9. Par apposition, Bureau ministre, papier ministre.

  10. MINISTRE se dit aussi des Agents diplomatiques représentant leur gouvernement auprès des gouvernements étrangers qui comportent non une ambassade, mais une légation. Le ministre de France à Athènes. Le ministre de Grèce à Paris.

  11. Ministre plénipotentiaire, Agent diplomatique de la seconde classe, venant après les ambassadeurs.

Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935), domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire. Tout ce témoin.

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR, entrée ministre#39983.

Entrée morphologique (v0.1). Données JSON : lemme.