ministère
nom, masculin, /ministɛʁə/
Témoignages historiques
Frise des témoins : Littré 1873 (6 sens) — Académie 1935 (9 sens)
Littré (1873)
s. m.
Service manuel, métier.
Deux enfants à l'autel prêtaient leur ministère — Jean Racine (1639-1699)
Il était d'une fort basse naissance, originaire de Tarente, où il avait exercé les plus vils ministères, et d'où il avait été chassé pour avoir voulu livrer sa ville aux Romains — Rollin (1661-1741)
Fonction, office. Le ministère de la parole, de l'éloquence, etc. les fonctions qui exigent le talent de l'orateur, etc.
Un magistrat qui n'a rien ignoré ni rien négligé dans son ministère — Fléchier (1632-1710)
Le ministre [Richelieu] s'appliquait aux affaires d'État, et lui laissait [à Mme d'Aiguillon] le ministère de ses libéralités et de ses aumônes — Fléchier (1632-1710)
Le ministère des autels, le saint ministère, ou, absolument, le ministère, le sacerdoce. Le ministère quotidien, se disait, dans l'ancienne Église, de la patène avec le calice.
Ils [les lévites] seront employés dans le ministère, et ils camperont autour du tabernacle — Lemaistre de Sacy (1613-1684)
La Providence, qui m'a honoré du saint ministère où je m'emploie par ses ordres — Bourdaloue (1632-1704)
Le ministère de la justice, les fonctions de magistrat. Ministère public, magistrature établie près de chaque tribunal pour y veiller au maintien de l'ordre public, et y requérir l'exécution et l'application des lois.
Il [un magistrat ambitieux] change en une souplesse de cour le rigide et inexorable ministère de la justice — Bossuet (1627-1704)
Entremise de quelqu'un dans une affaire. Je vous offre en cela mon ministère. Vous ne me refuserez pas votre ministère pour telle chose.
Voyez-vous bien quel est le ministère infâme Qu'ose exiger de nous la haine d'une femme ? — Pierre Corneille (1606-1684)
Il veut frapper le coup sans notre ministère — Pierre Corneille (1606-1684)
La fonction d'un ministre ayant un département. Ci-gît le fameux Chamillard, De son roi le protonotaire ; Il fut un héros au billard, Un zéro dans le ministère, Épitaphe de Chamillard. Le département d'un ministre. Le ministère des finances, des affaires étrangères. Le temps pendant lequel la personne dont on parle a été ministre. Le lieu où sont établis les bureaux d'un ministère. Aller au ministère des finances, de la guerre. Collectivement, le corps des ministres ayant département.
Les hommes du monde ont souvent écrit sur la religion dans la retraite, au déclin de leur vie.... mais il est bien rare que, dans cet intervalle de deux ministères, au milieu de toutes les vicissitudes d'une pareille attente, un homme d'État [Necker] se soit voué à un travail sans rapport immédiat avec l'administration — Mme de Staël (1766-1817)
Le grand cardinal de Richelieu achevait son glorieux ministère, et finissait tout ensemble une vie pleine de merveilles — Bossuet (1627-1704)
Étymologie : Provenç. ministeri ; espagn. et ital. ministerio ; du lat. ministerium, de minister, ministre. Ministerium avait donné, dans l'ancienne langue, mestier (voy. MÉTIER).
Historique : XVIe s. Il est defendu au concile de Calcedoine de recevoir un homme au ministere absolument, c'est à dire sans lui assigner un lieu auquel il exerce son office La verité de Dieu est conservée en l'Eglise par le ministere de la predication
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).
Académie française, 8e édition (1935)
n. m.
L’emploi, la charge qu’on exerce. Satisfaire aux obligations, remplir les devoirs de son ministère. Cela n’est pas de mon ministère. Se bien acquitter de son ministère.
Le ministère des autels, le saint ministère, Le sacerdoce, les fonctions de prêtre. Se vouer au ministère des autels. On dit, dans le même sens, Se consacrer au ministère paroissial, Aux fonctions de prêtre d’une paroisse.
Faire une assignation, opérer une saisie par ministère d’huissier, Se servir, pour une assignation, une saisie, de l’officier ministériel appelé Huissier.
En termes de Palais, Ministère public, Magistrature établie près de chaque tribunal pour y veiller au maintien de l’ordre public et y requérir l’application des lois. La poursuite des crimes est réservée au ministère public. Le ministère public a soutenu l’accusation.
MINISTÈRE désigne aussi l’Entremise de quelqu’un dans une affaire, le service qu’on rend à une autre personne dans quelque emploi, dans quelque fonction. Il nous a offert, il nous a prêté son ministère. Vous pouvez compter sur son ministère.
MINISTÈRE signifie particulièrement Fonction des ministres chargés du soin des affaires publiques et dont l’ensemble constitue le gouvernement. Il désigne spécialement le Département qu’ils administrent. Le Ministère de la Justice, des Affaires étrangères, des Finances, de l’Intérieur, de la Guerre, de la Marine.
Il signifie aussi Temps pendant lequel la personne dont on parle a été ministre. Il s’est fait de grandes choses pendant son ministère.
Il désigne, par extension, les Bureaux placés sous la direction d’un ministre et aussi le Bâtiment où se trouvent ces services et la résidence du ministre. Les bureaux d’un Ministère. Aller au Ministère. Il passa devant le Ministère de la Guerre.
Il se dit, collectivement, de l’Ensemble des ministres. Le ministère était opposé à cette proposition. Entrer dans le ministère. La chute du ministère. Former, remanier un ministère.
Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.
Grammaire et formes (2)
- ministères — pluriel — /ministɛʁə/
- ministère — singulier — /ministɛʁə/
Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée ministère#39985.