miné
adjectif
Témoignages historiques
Frise des témoins : Littré 1873 (1 sens)
Littré (1873)
part. passé
Sous lequel on a creusé une mine. Un bastion miné. Fig.
Voilà la puissance infinie de Dieu sauvée ; mais voilà aussi le principe fondamental de l'auteur [Malebranche] miné sans ressource — Fénelon (1651-1715)
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).
Grammaire et formes (4)
- minées — pluriel féminin
- minés — pluriel masculin
- minée — singulier féminin
- miné — singulier masculin
Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée miné#102312.
mine
nom, féminin, /minə/
Définitions
Expression du visage ou apparence d'une personne, révélant son humeur ou sa santé.
Définition Francorium (CC BY-SA 4.0) — validation automatisée · méthode.
Gisement de substances minérales et ensemble des installations servant à les extraire.
Définition Francorium (CC BY-SA 4.0) — validation automatisée · méthode.
Bâtonnet de graphite ou de matière colorante formant la partie écrivante d'un crayon.
Définition Francorium (CC BY-SA 4.0) — validation automatisée · méthode.
Engin explosif dissimulé dans le sol ou dans l'eau et déclenché au passage.
Définition Francorium (CC BY-SA 4.0) — validation automatisée · méthode.
Témoignages historiques
Frise des témoins : Littré 1873 (4 sens) · 1873 (2 sens) · 1873 (3 sens) · 1873 (1 sens) — Académie 1935 (19 sens)
Littré (1873) — entrée 2
s. f.
Terrain, gîte au sein de la terre d'où l'on extrait des métaux, des combustibles, des gemmes, etc. Une mine d'or, d'argent, de cuivre, de plomb, de fer, de charbon. Particulièrement. Excavations pratiquées dans le sein de la terre pour l'extraction des substances minérales. Travailler aux mines, dans les mines. La mine s'éboula. Terme d'antiquité. Peine des mines, condamnation qui astreignait le coupable à travailler dans les mines ; elle existe encore en Russie. École des mines, établissement où l'on forme des ingénieurs pour l'exploitation des mines. Fig. Ce sujet est une mine féconde de beautés poétiques. C'est une mine de savoir, d'érudition, c'est un homme très savant, très érudit.
Polybe, cité par Strabon, dit que de son temps il y avait quarante mille hommes occupés aux mines qui étaient dans le voisinage de Carthagène, et qu'ils fournissaient chaque jour au peuple romain vingt-cinq mille drachmes, c'est-à-dire douze mille cinq cents livres — Rollin (1661-1741)
Malgré les mines du nouveau monde, l'Espagne était si pauvre que le ministère de Philippe IV se trouva réduit à la nécessité de la monnaie de cuivre, à laquelle on donna un prix presque aussi fort qu'à l'argent — Voltaire (1694-1778)
Abusivement. Minéral qui renferme une substance métallique. De la mine d'or, d'argent, de cuivre. De la pierre de mine. Mine grasse, expression dont se servent les mineurs dans quelques localités pour désigner le minerai pur et dégagé de sa gangue. Mine noire, jaune, rouge, etc. espèces de minerais oxydés. Mines fixes, se dit des filons qui se prolongent. Mines égarées, se dit des endroits où l'on trouve des morceaux de métal isolés. Terme de peinture. Couleur d'un rouge orangé fort vif.
De toutes les substances métalliques la mine de fer est la plus difficile à fondre — Buffon (1707-1788)
Les mines du Nord, qui sont assez magnétiques pour qu'on les cherche avec la boussole — Buffon (1707-1788)
Mine de plomb, dite aussi plombagine, dénomination qui induit en erreur, car la mine de plomb est un carbure de fer (voy. GRAPHITE). Dessiner à la mine de plomb, ou, simplement, à la mine.
Dans l'antiquité et le moyen âge, cavité que, dans les siéges, l'on pratiquait sous des murailles, sous une tour, etc. ; on étançonnait, puis le mineur, mettant le feu aux étançons, se retirait ; les étançons manquaient et la muraille s'écroulait. Aujourd'hui, cavité souterraine que l'on pratique et où l'on place de la poudre, pour y mettre le feu et faire sauter tout ce qui se trouve au-dessus ; on se sert aussi de la mine pour percer des roches qui ne cèdent pas à la pioche. Chambre ou fourneau de la mine, lieu où l'on charge une mine. Puits de la mine, ouverture qu'on fait en terre à la profondeur de la mine qu'on veut établir. Saucisson de la mine, mèche qui est enfermée dans de la toile et qui est disposée pour mettre le feu à la mine. Entonnoir de la mine, le trou qui reste après l'explosion de la mine. Éventer la mine, découvrir le lieu où elle est pratiquée, et en empêcher l'effet. Fig. Éventer, découvrir la mine, pénétrer un dessein secret. Fig. Pratique secrète.
Il marquait que le mineur était alors attaché aux deux endroits, et l'une des mines en état de jouer — Pellisson (1624-1693)
On ne doute pas qu'ils [des assiégés] n'attendent la mine, à l'exemple de Dinant — Pellisson (1624-1693)
Étymologie : Voy. MINER ; provenç. mina, mena ; esp. et ital. mina.
Historique : XVe s. Et commencerent les Anglois à faire mine pour plutost venir à leur entente des Escots et de reprendre le chastel XVIe s. Lors chascun a pic ou palle en main mise, Cavent soubz terre, on ne vit onc tel myne, François adonc feirent leur contre-mine Ayant faict mettre la mine soubz un grand pan de mur Il feit des mines si profondes, que les ennemis n'en pouvoient rien appercevoir ....Qu'il n'estoit plus d'avis de prester des hommes pour faire jouer une mine esventée
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).
Littré (1873) — entrée 4
s. f.
Terme d'antiquité. Poids grec, pesant 324 grammes.
Monnaie grecque d'argent contenant, en poids, 69 francs.
Appelant dix de ses serviteurs, il leur donna dix mines d'argent — Lemaistre de Sacy (1613-1684)
Il [Alcibiade] avait un chien d'une taille extraordinaire et d'une grande beauté, qu'il avait acheté soixante et dix mines, c'est-à-dire 3500 livres — Rollin (1661-1741)
Étymologie : Lat. mina, du grec μνᾶ, contraction de μίνα. Le mot n'est pas grec, mais égyptien.
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).
Littré (1873) — entrée 1
s. f.
Apparence de la personne et principalement du visage. Avoir de la mine, avoir une apparence qui prévient favorablement. Avoir de la mine, se dit aussi des choses qui ont bonne apparence. Cette maison a de la mine. Sur la mine, sur la bonne apparence. Bonne mine, apparence qui plaît. Homme, femme de bonne mine, homme, femme d'une figure agréable. Avoir bonne mine, avoir bonne apparence, en parlant des choses. Homme de mine, même sens. Être sur sa bonne mine, faire de la toilette, se présenter avec bonne apparence. Homme de mauvaise mine, homme mal vêtu, dont l'habillement et l'extérieur peuvent exciter des inquiétudes. Payer de mine, avoir bonne apparence, mais sans grand fond ou mérite. Payer de mine, se dit aussi de celui qui, tout en ayant bonne apparence, ne laisse pas d'être malade. Je paye de mine, mais je ne me porte pas bien. Avoir une bonne mine, une mauvaise mine, avoir l'apparence d'une bonne, d'une mauvaise santé. Avoir une bonne mine, une mauvaise mine, signifie quelquefois avoir l'apparence d'un bon, d'un mauvais caractère. Avoir la mine longue, éprouver un vif désappointement qui se manifeste sur la figure. Familièrement. Avoir la mine de, paraître. Avoir la mine d'avoir fait, de vouloir faire une chose, avoir un air, un maintien qui le fait conjecturer. Fig. Avoir la mine, faire croire, faire supposer. Avoir la mine, se dit aussi des choses dans un sens analogue. Faire les mines ou faire la mine, se dit quelquefois, bien que moins souvent, pour avoir la mine de. Porter la mine de, avoir l'air de, en mauvaise part. Il porte la mine d'un fripon. De mine, loc. adv. En apparence.
Que sa façon est brave et sa mine assurée ! — Malherbe (1555-1628)
Ma foi ! les beaux habits servent bien à la mine — Mathurin Régnier (1573-1613)
Contenance que l'on prend, air qu'on se donne, dans une intention quelconque. Faire mine de quelque chose, paraître dans l'intention de la faire. Il se dit des choses dans le même sens. Faire bonne mine, mauvaise mine à quelqu'un, lui faire un bon, un mauvais accueil. On dit aussi : tenir bonne mine. Familièrement. Faire triste mine, grise mine, froide mine à quelqu'un, lui faire mauvais visage, le recevoir froidement. Faire la mine à quelqu'un, lui témoigner qu'on est mécontent de lui. Absolument. Faire la mine, faire la grimace, témoigner du mécontentent. Il fait une laide mine, il fait une vilaine grimace. Faire bonne mine à mauvais jeu, cacher de mauvaises affaires par une démonstration de gaieté et de repos d'esprit. Faire meilleure mine que bon jeu, promettre plus qu'on ne tient.
S'ils en sont accusés, ils feront bonne mine — Mathurin Régnier (1573-1613)
Que tu discernes mal le cœur d'avec la mine ! — Pierre Corneille (1606-1684)
Certains mouvements du visage, certains gestes qui ne sont pas naturels, ou avec lesquels on masque quelque chose. Faire des mines ou de petites mines à quelqu'un, l'agacer par des regards affectés, par des mouvements de visage particuliers. Absolument. Faire des mines, prendre certaines mines affectées pour paraître agréable. Mines se dit aussi des signes que l'on fait à quelqu'un pour lui faire comprendre ce qu'on ne peut pas ou ne veut pas lui exprimer autrement.
Tout le monde n'est composé que de mines, et c'est inutilement que nous travaillons à y trouver rien de réel — La Rochefoucauld (1613-1680)
Ô papelards ! qu'on se prend à vos mines ! — La Fontaine (1621-1695)
Étymologie : Bourguig. moigne ; ital. mina ; angl. mien. Origine incertaine. On cite l'allem. Miene, danois mine, mine ; mais on n'est aucunement sûr que ce ne soit pas le mot roman qui se soit introduit dans les langues germaniques. Le mot est aussi dans le celtique : bas-breton, min et man ; kymri, mein ; mais là aussi il y a doute sur la question si dans le celtique le mot est indigène ou d'importation romane. Diez pense qu'il est au latin minare, mener, comme gestus, geste, est à gerere, porter. On remarquera que le mot n'est pas ancien dans la langue ; du moins notre historique n'en remonte qu'au XVe
Historique : XVe s. Aussi il fist si bonne mine, Qu'il fut esleu sans nul appeau Pour estre valet de cuysine XVIe s. Fard est perdu dessus mine de singe De bonne mine à mauvais jeu n'est alliance impertinente Une mine triste et transie Celuy qui a dans l'esprit une imagination claire, il la produira par mines s'il est muet Ce basteleur jouoit une fiction à plusieurs mines et à plusieurs personnages Il feit mine d'avoir la goutte Les mines et appareils effroyables dont nous entourons la mort Estant jà usé de vieillesse, il se monstra bon empereur et de l'ancienne mine envers les soudards Toutes ces mines ne…
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).
Littré (1873) — entrée 3
s. f.
Ancienne mesure contenant la moitié d'un setier ; elle était de la contenance de 78lit., 73. Ce qui est contenu dans la mine. Une mine d'avoine.
Si, pour se rendre mieux compte de ce qu'était cette pension [deux livres tournois, par mois], on prend la peine de calculer, d'après le tableau même de l'auteur, le prix du blé dans l'intervalle de 1434 à 1457, on trouve pour moyenne 3 sols 10 deniers tournois la mine d'Orléans (la mine coûterait aujourd'hui 6 fr. 63, de sorte que cette pension équivalait à 827 francs) — BIENAYMÉ
Étymologie : Provenç. mina. On a indiqué le lat. medimnus ; mais, si l'on fait attention que la mine est la moitié du setier, comme l'hémine grecque l'était de l'ἑϰτεὺς ou sextarius, on verra que mine est une abréviation de hémine, par aphérèse (voy. HÉMINE), comme O. de Serres l'avait senti.
Historique : XIIe s. Ne remist [resta] buef, ne vache, ne chapuns, ne geline, Cheval, porc, ne brebiz, ne de blé pleine mine XIIIe s. Quand il moloit dix mines à son molin Il finaissent [ils contribuassent] miex d'une lerme Que d'une mine ou d'un sestier De forment, s'il lor fust mestier XVIe s. Le muid de bled mesure de Paris contient douze sestiers ; le sestier, deux mines ; la mine, deux minots ; le minot, trois boisseaux. - La saumée de certains endroits de Languedoc est de quatre sestiers, le sestier de deux emines, l'emine de deux quarterons
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).
Académie française, 8e édition (1935)
n. f.
L’air qui résulte de la conformation extérieure de la personne, et principalement du visage. Mine fière. Mine insolente. Il fait triste mine. Il ne faut pas toujours juger des gens sur la mine.
Avoir une bonne mine, une mauvaise mine, avoir bonne mine, mauvaise mine, Avoir l’apparence d’une bonne, d’une mauvaise santé. On dit familièrement dans le même sens : Avoir une mine de déterré. Avoir une mine de papier mâché.
Homme, femme de bonne mine, Homme, femme d’une figure agréable, d’un extérieur avantageux.
Homme de mauvaise mine, Homme dont l’habillement et l’extérieur peuvent exciter des inquiétudes.
Fam., Payer de mine, Avoir un bel extérieur, mais peu de mérite. Il paie de mine, mais au fond c’est un sot. Il ne s’emploie plus guère qu’avec la négation. C’est un homme qui ne paie pas de mine : il faut le connaître pour l’apprécier.
Fam., Avoir la mine d’être satisfait, d’être un peu fou, etc., en avoir toute la mine, Paraître tel.
Avoir la mine d’avoir fait, de vouloir faire une chose, Avoir un air, un maintien qui le fait conjecturer. On le dit surtout figurément lorsque, par la connaissance qu’on a des habitudes, du caractère, de l’esprit d’un homme, on juge qu’il a fait ou qu’il fera telle chose. Il a bien la mine d’avoir participé à cette escroquerie.
MINE désigne aussi la Contenance que l’on prend, l’air qu’on se donne, dans une intention quelconque. Malgré ses pertes d’argent, il continue à faire bonne mine. Il a pris cette mine riante, cette mine sévère que vous lui connaissez. Affecter une mine grave.
Faire mine de quelque chose, En faire semblant. Il fait mine d’en être content. Il a fait mine de vouloir s’en aller, de vouloir se retirer.
Fig. et fam., Faire bonne mine à mauvaise fortune, Dissimuler adroitement et cacher le mécontentement qu’on a, le mauvais état où l’on est.
Faire bonne mine, mauvaise mine à quelqu’un, Lui faire un bon, un mauvais accueil.
Faire triste, grise mine à quelqu’un, Lui faire mauvais visage, le recevoir froidement.
Fam., Faire la mine à quelqu’un, Lui témoigner qu’on est mécontent de lui. Qu’a-t-il donc à nous faire la mine?
Fam., Il fait une laide mine, Il fait une vilaine grimace.
Fam. et absolument, Faire la mine, Faire la grimace, témoigner du mécontentement.
MINE se dit, familièrement, de Certains mouvements du visage, de certains airs affectés, et alors on l’emploie surtout au pluriel. Faut-il tant faire de mines et de façons?
Faire des mines à quelqu’un, Lui faire des signes pour lui faire entendre une chose qu’on ne peut pas ou qu’on ne veut pas lui dire autrement.
Faire des mines à quelqu’un signifie aussi L’agacer par des regards affectés, par des mouvements de visage particuliers. Avez-vous vu les mines qu’elle lui a faites?
MINE se dit aussi de la Bonne ou mauvaise apparence de quelque chose. Un mets qui a bonne mine, qui a mauvaise mine, qui n’a pas de mine.
Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.
Grammaire et formes (2)
- mines — pluriel — /minə/
- mine — singulier — /minə/
Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée mine#39942.