mille
numéral
Entrée attestée par un témoin historique — absente de la nomenclature contemporaine (Morphalou).
Témoignages historiques
Frise des témoins : Littré 1873 (5 sens)
Littré (1873) — entrée 1
adj. numéral des deux genres qui ne prend point la marque du pluriel
Dix fois cent. Mille hommes. Mille un fagots. Mille deux, mille trois, mille vingt. Deux mille. Dix mille. Cent mille.
Après mille ans et plus de guerre déclarée — La Fontaine (1621-1695)
Quoi ! pour noyer les Grecs et leur mille vaisseaux.... — Jean Racine (1639-1699)
Un grand nombre. Mille gens, et, elliptiquement, mille.
Mille autres accidents bourreaux de notre vie — Mathurin Régnier (1573-1613)
Mille songes affreux, mille images sanglantes, Ou plutôt mille amas de carnage et d'horreur — Pierre Corneille (1606-1684)
Les Mille et une nuits, titre d'un recueil de contes arabes. Les Mille et un jours, titre d'un recueil de contes orientaux. Par extension. Mille et une, s'est dit pour un très grand nombre.
Vous avez vu apparemment cette phrase dans une des mille et une brochures qu'on a faites contre mon ami, et vous la répétez au hasard : je vous jure, monsieur, qu'elle n'est pas de lui — Voltaire (1694-1778)
Pris substantivement. Mille multiplié par vingt, par cent donne tant. On dit aussi le nombre mille, le numéro mille.
S. m. Un mille, mille objets d'une certaine nature. Un mille de fagots. Cela se vend tant le mille. En termes de paveur, grand mille, onze cent-vingt-deux pavés que l'on vend pour mille. Cette manière de compter se nomme usage de rivière ; le mille ordinaire est de mille vingt, MORISOT. Populairement, des mille et des cents, une grande quantité.
Étymologie : Provenç. espagn. et portug. mil ; ital. mille ; du lat. mille, que Corssen rattache à un radical sanscrit mil, réunir, rassembler.
Historique : XIe s. Set cenz chameauz et mil autours muez XIIe s. De l'or d'Espegne vaut dis mille mangons Cil devant sont cent milie o [avec] escuz De mil souspirs que je li doi par dete Bien aurons cent mile homes dedans quarante jours XIIIe s. Seigneur, sachiés que mil et cent et quatre-vins et dis huit ans après l'incarnation Jhesu-Crist ot un saint home.... Et sont en sa compaigne plus de mil et sept cent [Je] Ne vous feroie mal pour mil mars d'or pesé
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).
Source de l'entrée : Dictionnaire de la langue française (Littré), 1863-1873, licence CC-BY-SA-3.0 — entrée MILLE#sens1.