milice

milice

nom, féminin, /milisə/

Témoignages historiques

Frise des témoins : Littré 1873 (4 sens) — Académie 1935 (3 sens)

Littré (1873)

s. f.

  1. L'art et l'exercice de la guerre. Végèce a écrit sur la milice des anciens. Expédition militaire. Dans ces deux sens, il n'est plus guère usité. Fig. et en termes d'éloquence sacrée.

    Les prodiges dont Dieu avait accompagné ses prédications [de saint Bernard] pour exciter les chrétiens à cette milice sacrée [croisade] furent traités de faiblesse et de crédulité — Massillon (1663-1742)

    J'appelle toujours déserteur de la milice de Jésus-Christ celui qui n'a plus le christianisme dans le cœur — Bourdaloue (1632-1704)

  2. Corps de troupes, armée ; en ce sens, il ne s'emploie guère que dans le style soutenu. Fig. Il [P. L.

    Rome encor pauvre et attachée à l'agriculture nourrissait une milice admirable — Bossuet (1627-1704)

    La nouvelle milice qu'il fallut lever — Bossuet (1627-1704)

  3. Anciennement, levées faites parmi les hommes en état de porter les armes. Particulièrement, dans l'ancienne monarchie, levées de bourgeois et de paysans faites par voie du sort, soit pour recruter l'armée, soit pour former des régiments provinciaux. Tomber à la milice. Fig. Soldat de la milice, homme qui n'a aucun avancement dans sa profession.

    À l'instant toutes les milices s'armèrent, les grands seigneurs envoyèrent leurs hommes — Michelet (1798-1874)

    Apprenez que l'établissement des milices n'est point le malheur de la France.... que ces milices, qui sont la pépinière des armées, contribuèrent à sauver la France dans les dernières campagnes du maréchal de Villars — Voltaire (1694-1778)

  4. Fig. et dans le style élevé. Les milices célestes, les anges. Milice céleste, se dit aussi des bienheureux. Enfin, milice céleste se dit quelquefois des astres.

    Le même cantique que nous avons chanté avec la milice céleste, dans le mystère de sa bienheureuse nativité — Bourdaloue (1632-1704)

    Paraissez sur vos nues tonnantes, innombrables soldats, antiques légions de la patrie ; fameuses milices de la France, et maintenant milices du ciel, paraissez — Chateaubriand (1768-1848)

Étymologie : Lat. militia, de miles, soldat. Au XVIe siècle on disait militie. Corssen, Nachträge, p. 259, dérive miles, comme mille, d'un radical mil signifiant en sanscrit réunir, rassembler.

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Académie française, 8e édition (1935)

n. f.

  1. Dans certains pays, Organisation militaire qui tient lieu d’armée permanente et où les citoyens enrôlés ne sont astreints qu’à des périodes d’exercice déterminées. L’ancienne garde nationale était une sorte de milice à côté de l’armée régulière.

  2. Il se dit aussi des Corps de troupes ainsi composés, et il s’emploie souvent au pluriel. Les milices.

  3. Fig. et poét., Les milices célestes, Les anges.

Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.

Grammaire et formes (2)
  • milices — pluriel — /milisə/
  • milice — singulier — /milisə/

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée milice#39837.

Entrée morphologique (v0.1). Données JSON : lemme.