mignon

mignon

adjectif, /miɲɔ̃/

Témoignages historiques

Frise des témoins : Littré 1873 (6 sens) — Académie 1935 (5 sens)

Littré (1873)

adj.

  1. Qui plaît par la délicatesse et la gentillesse. Visage mignon. Bouche mignonne. Une beauté mignonne. Des souliers mignons. Se dit des ouvrages d'esprit où il y a de la finesse. Sonnet mignon. Ironiquement. Bleu mignon, sorte de bleu. Familièrement. Argent mignon, somme d'argent comptant dont on peut disposer à son gré, pour ses fantaisies. Péché mignon, péché qu'on se plaît à commettre, et dont on ne veut pas se corriger.

    Si mignonne et si belle.... Que la beauté plus grande est laide auprès de vous — Mathurin Régnier (1573-1613)

    Est-il un homme qui, à la vue de cette mignonne créature [l'oiseau-mouche], balancée sur ses petites ailes bourdonnantes.... — CAP

  2. S. m. et f. Mignon, mignonne, le bien-aimé, la bien-aimée. Mignon, mignonne, se dit en adressant la parole à des enfants, à de jeunes femmes. Avec une nuance de dédain. Vous êtes un joli mignon, un plaisant mignon, se dit ironiquement à quelqu'un qui a dit ou fait une sottise.

    Anselme, mon mignon, crie-t-elle à toute heure, Quand est-ce que l'hymen unira nos deux cœurs ? — Molière (1622-1673)

    La fortune passa, l'éveilla doucement, Lui disant : mon mignon, je vous sauve la vie — La Fontaine (1621-1695)

  3. S. f. Mignonne, maîtresse. Mignonne se dit aussi quelquefois pour jeune fille simplement.

    Tout vous rit ; votre femme est souple comme un gant ; Et vous pourriez avoir vingt mignonnes en ville, Qu'on n'en sonnerait pas deux mots en tout un an — La Fontaine (1621-1695)

    Quelques heures après, le commandeur et sa mignonne se mirent en chemin avec la duègne — Lesage (1668-1747)

  4. Mignon de couchette, amant favorisé.

    Il s'en est donc allé, le mignon de couchette ? — Scarron (1610-1660)

    Le voilà, le beau fils, le mignon de couchette — Molière (1622-1673)

  5. Favori. Cet enfant est le mignon de sa mère. Fig.

    Du siècle les mignons, fils de la poule blanche — Mathurin Régnier (1573-1613)

    Je ne me dois regarder que comme un de ces indignes mignons de la fortune, que son caprice n'élève au plus haut de sa roue sans aucun mérite, que pour mettre plus en vue les taches de la fange dont elle les a tirés — Pierre Corneille (1606-1684)

  6. Dans un mauvais sens. Un mignon, un Ganymède, un Giton.

    Passer sa vie avec ses infâmes mignons, découper, coller des images, et se jeter en même temps dans les curiosités de la magie — Fénelon (1651-1715)

    C'étaient eux qu'on appelait les mignons de Henri III ; Livarot, Villequier, Duguast et Maugiron eurent part aussi et à sa faveur et à ses débauches — Voltaire (1694-1778)

Étymologie : Bourg. mignô ; ital. mignone, mignon, mignolo, petit doigt. On a dans le bas-breton miñonez, amie, miñoni, amitié, dans l'irl. mian, mion, amour ; dans l'allemand Minne, amour, ancien haut allem. minni ou minnia. Le celtique et l'allemand paraissent de même racine et avoir produit le français mignot, mignon, mignard, dont le sens primitif semble être gracieux, donnant de l'amour. La dérivation par minimus n'est pas acceptable, vu les formes.

Historique : XIIIe s. Deus damoiselles moult mignotes Fame est plus cointe et plus mignote En sorquanie [souquenille] que en cote Et sur un destrier delés lui [elle] Avoit cascune son ami Cointe et mignot et bien seant XVe s. Pariset requit le suppliant qu'il lui voulsist prester deux escus d'or, en lui disant qu'il avoit de l'argent mignon Aussi y estoit le conte de Lodesme son mignon en grant triumphe XVIe s. Ma mignonne, Je vous donne Le bon jour N'ayez pas peur, dames gentes, mignonnes Ne plus ne moins que les oiseleurs avec leurs oiseaux mignons [apprivoisés]... Ces beaux danseurs icy mignons [les cav…

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Académie française, 8e édition (1935)

adj.

  1. Qui, dans son apparence menue, offre de la grâce et de la gentillesse. Visage mignon. Bouche mignonne. Pied mignon. De mignons petits souliers.

  2. Fam., Argent mignon, Argent qu’on a mis en réserve et qu’on peut, sans se gêner, employer en dépenses superflues.

  3. Fam., Péché mignon, Péché léger auquel on s’abandonne volontiers. La médisance est son péché mignon.

  4. MIGNON s’emploie aussi comme nom et c’est alors un terme d’affection dont on se sert en parlant à un enfant. Mon mignon. Mon petit mignon. Ma mignonne.

  5. MIGNON, nom masculin, signifie encore, familièrement, Favori. Il se prend en mauvaise part. Les mignons d’Henri III.

Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.

Grammaire et formes (4)
  • mignonnes — pluriel féminin — /miɲɔnə/ ou /miɲonə/
  • mignons — pluriel masculin — /miɲɔ̃/
  • mignonne — singulier féminin — /miɲɔnə/ ou /miɲonə/
  • mignon — singulier masculin — /miɲɔ̃/

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée mignon#39794.

mignon

nom, masculin, /miɲɔ̃/

Voir aussi : forme féminine mignonne

Grammaire et formes (2)
  • mignons — pluriel — /miɲɔ̃/
  • mignon — singulier — /miɲɔ̃/

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée mignon#39793.

Entrée morphologique (v0.1). Données JSON : lemme.