mieux
adverbe, /mjø/
Définitions
D'une manière plus satisfaisante ou plus accomplie que ce à quoi l'on compare.
Définition Francorium (CC BY-SA 4.0) — validation automatisée · méthode.
Forme substantive désignant le degré supérieur de qualité, de manière ou d'avantage, généralement précédée de l'article défini : le mieux est de partir tôt.
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Employé comme nom, désigne ce qui est préférable ou l'amélioration d'un état.
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Témoignages historiques
Frise des témoins : Littré 1873 (10 sens) — Académie 1935 (18 sens)
Littré (1873)
adv.
Comparatif de l'adv. bien : d'une manière plus accomplie, plus complète. Aller mieux, se rétablir d'une maladie. Mieux que tout cela, signifie il y a quelque chose de mieux à dire, à faire, que ce qu'on a proposé. Vous voulez écrire, vous voulez envoyer un messager ; mieux que tout cela, allez-y et expliquez-vous de vive voix.
Je te connais, Léonce, et mieux que tu ne crois — Pierre Corneille (1606-1684)
Usez-en comme moi ; le ciel sait qui vit mieux — Rotrou (1609-1650)
Tant mieux, voy. TANT.
Plus, davantage. J'aime mieux cette étoffe que l'autre. Il vaut mieux, mieux vaut, c'est-à-dire il est plus à propos, plus expédient. Mieux vaut s'accommoder que de plaider.
Ne fais point d'autre crime, et j'atteste les dieux Qu'au lieu de t'en haïr, je t'en aimerai mieux — Pierre Corneille (1606-1684)
Es-tu de mon honneur si mortelle ennemie Que je te plaise mieux couvert d'une infamie ? — Pierre Corneille (1606-1684)
Trop mieux s'emploie quelquefois pour mieux.
Trop mieux aimant suivre quelque dragon, Dont il savait le bachique jargon — Gresset (1709-1777)
Avec le, il est superlatif. De tous nos grands écrivains, c'est celui que j'aime le mieux. Au pluriel, on dira les hommes le mieux doués ou les mieux doués. Pour la distinction entre le et les, voy. l'article LE, n° 14. Mieux, pour le mieux. Des mieux, c'est-à-dire comme qui fait le mieux, comme ce qu'il y a de mieux. Cette locution a arrêté les grammairiens, qui ont déclaré ne pouvoir l'expliquer et qui l'ont généralement condamnée. L'historique permet pourtant de s'en rendre compte : être des mieux, a signifié être parmi les meilleurs, les plus habiles, les plus puissants. Il fait cela des mieux, peut donc s'interpréter : il fait cela entre les meilleurs, les plus habiles, comme les meilleurs, les plus habiles.
Qu'il soit le mieux renté de tous les beaux esprits — Boileau (1636-1711)
Le vers le mieux rempli, la plus noble pensée... — Boileau (1636-1711)
Mieux se prend quelquefois adjectivement (d'autant plus facilement, que melius n'est que le neutre de melior), et signifie meilleur, plus convenable, plus propre à la chose dont il s'agit. Il n'y a rien de mieux, rien n'est mieux que ce que vous dites. Ne pas aimer, ne pas demander mieux, faire très volontiers. Si mieux n'aimez, à moins que vous ne jugiez préférable. Écrivez-moi, si mieux n'aimez venir. Pour mieux dire, pour s'exprimer avec plus de justesse. Absolument. Être mieux, être en meilleure santé, en meilleur état. Être mieux, signifie aussi se rétablir d'une maladie. La fièvre l'a quitté ; il est mieux. Être mieux, être d'une figure, d'un extérieur plus agréable. Ce jeune homme est mieux que son frère. Être mieux, être, paraître à son avantage. Être mieux, être d'une meilleure conduite, d'un meilleur caractère. Ce jeune homme s'est amendé ; il est bien mieux qu'il n'était l'année dernière.
J'ai le repos, les rois n'ont rien de mieux — Voltaire (1694-1778)
Tertullien parlait à des hommes qui persécutaient Jésus-Christ et qui n'auraient pas mieux aimé que d'attaquer la doctrine, et même la personne de ses défenseurs — Chateaubriand (1768-1848)
Mieux signifie quelquefois, quelque chose d'autre, quelque chose de supérieur. Vous lui supposez dix mille livres de rente ; il a mieux que cela, il a plus. Cette dame se donne trente ans, elle a mieux que cela, elle est plus âgée. Cet emploi de mieux pour dire plus riche, plus âgé, ne va guère au delà des deux locutions ci-dessus rapportées ; et dire : il a mieux de dix mille de rentes, il a mieux de quarante ans, est un provincialisme.
En attrapant mieux que des puces, On a vu carlins et bassets Caresser Allemands et Russes — Béranger (1780-1857)
S. m. Mieux, ce qui est meilleur. Le mieux est l'ennemi du bien, c'est-à-dire, on peut gâter une bonne chose en voulant la rendre meilleure. Pour le mieux, c'est-à-dire pour obtenir ce qui est le meilleur, préférable. Faire de son mieux, faire aussi bien que l'on peut. Il fait comme Robin fit à la danse, tout du mieux, se dit pour excuser quelqu'un qui fait tous ses efforts, sans réussir complétement. Au mieux, tout au mieux, loc. adv. Très bien. Le mieux du monde, c'est-à-dire très bien, aussi bien qu'il est possible. Le mieux du monde, dans la plus grande amitié, intimité. Du mieux que, le mieux que, tout du mieux, tout le mieux que, loc. conjonct. Aussi bien qu'il est possible dans une circonstance, aussi bien qu'il est possible à telle personne. Tout le mieux qu'on puisse faire, la plus grande concession qu'il soit possible de faire.
Les dieux ne font jamais rien que pour notre mieux — D'URFÉ
On pardonne aisément à qui trouve son mieux — Pierre Corneille (1606-1684)
Mieux se dit sans article en ce même sens. Faute de mieux, à défaut d'une chose meilleure, plus convenable. Familièrement. À qui mieux mieux, à l'envi l'un de l'autre.
Gourville lui dit qu'il lui donnerait une place à l'hôtel de Condé, qui lui vaudrait deux cent cinquante livres de rente, logé, nourri, et tout cela en attendant mieux — Mme de Sévigné (1626-1696)
Nous en aurions ici toute la joie imaginable : on vous y aime à qui mieux mieux — BUSSY RAB.
Amélioration dans la santé d'un malade. Le mieux ne s'est pas soutenu. Aller de mieux en mieux, faire toujours quelque progrès vers le bien, vers un état meilleur. De bien en mieux, même sens.
Hier matin il était sans fièvre.... ces sortes de mieux sont quasi toujours traîtres ; et tout d'un coup il est retombé dans l'agonie — Mme de Sévigné (1626-1696)
S'il paraît quelque mieux dans l'état du malade — Bossuet (1627-1704)
Étymologie : Wallon, mî ; namur. mia ; bourguig. meu ; provenç. mels, meils, mielhs, miels ; anc. catal. mills ; ital. meglio ; du lat. melius (voy. MEILLEUR).
Historique : Xe s. Melz [elle] sostendreiet les empedementz Qu'elle perdesse sa virginitet XIe s. Eufemien, si out à num li pedre [le père], Cons [comte] fut de Rome, des melz ki dunc i erent [étaient], St Alexis, IV Si il ne pot prover sor saintz que melz ne sot [sut] juger Melz en valt l'orl [le bord] que ne font cinq cens livres Meilz [je] voeil morir que guerpir son barnet Mon escient, deus cens ans [il] a et mielz XIIe s. Qui valent mex de [que] mil livres d'or mier [pur] Au miex qu'il pot, s'est dressé en seant Car cil qui pert honor vaurroit [voudrait] miex mors que vis [vivant] Assez aim [j'aime] m…
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).
Académie française, 8e édition (1935)
adv.
Comparatif de Bien. D’une manière plus accomplie, d’une façon plus avantageuse. Personne n’entend mieux les affaires que lui, n’écrit mieux que lui, ne parle mieux que lui. Il chante mieux, beaucoup mieux, bien mieux qu’il ne faisait. Vous ne sauriez mieux faire. Ses affaires vont mieux que jamais. Il a été mieux reçu qu’il ne le croyait. Vous seriez mieux sur ce fauteuil que sur cette chaise. Tant mieux. Voyez TANT.
Il s’emploie, dans certains cas, pour indiquer la préférence et signifie alors Davantage, plus. J’aime mieux cette étoffe que l’autre.
Il vaut mieux, mieux vaut, Il est plus à propos, plus avantageux. Il vaut mieux attendre un peu. Mieux vaut s’accommoder que de plaider. Il vaudrait mieux qu’il se tût, plutôt que de parler sur ce ton.
Adjectivement, Il n’y a rien de mieux, rien n’est mieux que ce que vous dites. être mieux, être en meilleure santé, en meilleur état. Il est mieux, un peu mieux, beaucoup mieux. Il n’est guère mieux. Il était mieux hier qu’aujourd’hui.
être mieux signifie aussi être d’une figure, d’un extérieur plus agréable. Cette femme est mieux, est beaucoup mieux que sa soeur.
être mieux signifie encore être d’une meilleure conduite, d’un meilleur caractère. Ce jeune homme s’est beaucoup corrigé : il est certainement mieux qu’il n’était autrefois.
Mieux que tout cela, Il y a quelque chose de mieux à dire, à faire que ce qu’on a proposé. On vous conseille de plaider, de vous désister; mieux que tout cela, offrez à votre partie adverse moitié de ce qu’elle demande.
MIEUX s’emploie substantivement avec ou sans article. Je m’attendais à mieux que cela. Il est changé en mieux. En attendant mieux.
Prov., Le mieux est l’ennemi du bien, On peut gâter une bonne chose en voulant la rendre meilleure.
Il y a du mieux dans son état, il y a un mieux sensible, le mieux se maintient, se dit d’un Malade qui commence à se mieux porter. Aller vers le mieux.
Faute de mieux, à défaut d’une chose meilleure, plus convenable. Faute de mieux, je m’arrangerai du logement que vous me proposez.
Fam., à qui mieux mieux, à l’envi l’un de l’autre.
Aller de mieux en mieux, Faire toujours quelque progrès vers le bien, vers un état meilleur. Il faut espérer que cela ira de mieux en mieux. Ses affaires vont de mieux en mieux.
LE MIEUX
adv.
Superlatif de Bien. C’est l’homme du monde le mieux fait. Il s’en est tiré le mieux qu’il a pu. De tous nos grands écrivains c’est celui que j’aime le mieux.
Il s’emploie aussi substantivement comme superlatif. Le mieux est de n’en point parler. Il a tout arrangé pour le mieux. Il a fait du mieux qu’il a pu. C’est le mieux que vous puissiez faire. On dit aussi Il fera de son mieux. J’ai fait de mon mieux.
Le mieux du monde, au mieux, loc. adv. Excellemment. Cela va le mieux du monde. Cela est au mieux. Faire quelque chose au mieux.
Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.
Grammaire et formes (1)
- mieux — forme de base — /mjø/
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