meurtrier
nom, masculin, /mœʁtʁije/
Voir aussi : forme féminine meurtrière
Témoignages historiques
Frise des témoins : Littré 1873 (5 sens) — Académie 1935 (2 sens)
Littré (1873)
s. m. et f.
Celui, celle qui a commis un meurtre. Assuré comme un meurtrier, se dit d'un homme hardi qui ne s'émeut point de tout ce qu'on dit. Celui qui projette un meurtre. Fig. Soldat dont le métier est de tuer dans les combats.
Un fugitif, un traître, un meurtrier de rois — Pierre Corneille (1606-1684)
Jérusalem, la meurtrière des prophètes — Massillon (1663-1742)
Adj. Qui cause la mort à beaucoup de personnes. Armes meurtrières. Guerre meurtrière. Le choléra est une maladie très meurtrière. Cette place est meurtrière, on ne peut l'assiéger, la prendre, sans perdre beaucoup de monde. Poétiquement. Le glaive meurtrier. La dent meurtrière du sanglier. Ancien terme d'escrime. Garde meurtrière, position d'attaque où l'on essaie de frapper son adversaire.
Il est vrai qu'on travaillait à une batterie qui aurait été plus meurtrière selon les apparences — Pellisson (1624-1693)
S'il est ainsi, la journée du Pruth du 20 au 21 juillet fut une des plus meurtrières qu'on ait vues depuis plusieurs siècles — Voltaire (1694-1778)
Qui fait verser le sang.
Pour défendre vos jours de leurs lois meurtrières [des dieux], Mon amour n'avait pas attendu vos prières — Jean Racine (1639-1699)
Ô vous, arbitres des nations, qui avez donné la paix à l'Europe, décidez entre l'esprit pacifique et l'esprit meurtrier — Voltaire (1694-1778)
Qui commet un meurtre ou des meurtres. Il se dit aussi des animaux qui en tuent beaucoup d'autres pour vivre.
Bientôt de Jézabel la fille meurtrière, Instruite que Joas voit encor la lumière — Jean Racine (1639-1699)
Il ajoute qu'ils sont plus grands que ceux d'Europe, et qu'ils ont la peau plus épaisse et la dent plus meurtrière — Buffon (1707-1788)
Fig. Qui cause un mal comparé à un meurtre.
Il a pris à quelques docteurs [en religion] une malheureuse et inhumaine complaisance, une pitié meurtrière qui leur a fait porter des coussins sous les coudes des pécheurs, chercher des couvertures à leurs passions.... — Bossuet (1627-1704)
Et périsse le jour et la main meurtrière Qui jadis sur mon front t'attacha [ô diadème] la première ! — Jean Racine (1639-1699)
Étymologie : Meurtrir ; wallon, moudreûs ; Hainaut, mordreux, mourdreux.
Historique : XIIIe s. Biau filz, Renart qui est meurtrier.... Et si dist par droit au vidame, Que maintenant en une flamme Devoit estre arse [brûlée] la murtriere XIVe s. Se je me suis penè d'ocir cest murtrier Cure n'ai de traïtre ne de nul murtrier XVIe s. Certes plus tost un bon pere desire Son fils blessé que meurdrier ou jureur Ces meschans Carthaginois qui sont les plus cruels meurtriers qui soient au monde Ô mon pays doux, Je meurs loin de vous, Voire et volontiers, Puisqu'en vous, o France, Font leur demeurance Des saints les meurtriers Une très meurtriere victoire [pour l'ennemi] et très entiere V…
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).
Académie française, 8e édition (1935)
n.
Celui, celle qui a commis un meurtre. Elle a poursuivi le meurtrier de son fils. La meurtrière a été arrêtée.
Il s’emploie aussi adjectivement et signifie Qui cause la mort de beaucoup de personnes. Guerre meurtrière. Combat, siège meurtrier. Un climat meurtrier.
Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.
Grammaire et formes (2)
- meurtriers — pluriel — /mœʁtʁije/
- meurtrier — singulier — /mœʁtʁije/
Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée meurtrier#39676.